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Quand j'ai appris la nouvelle du décès de Guy Lafleur, vendredi matin, il y a d'abord eu le choc. Comme c'est probablement le cas pour la grande majorité des Québécois, j'ai été ébranlé par ce départ et je suis passé par toute une gamme d'émotions.

Puis, j'ai reçu un message texte de mon père qui me rappelait l'importance de souligner la carrière et de célébrer la vie d'un monsieur comme Guy Lafleur. C'est de cette manière qu'on pourra tous ensemble perpétuer l'héritage de cette grande légende.
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Vous savez, je n'ai jamais vu jouer Maurice Richard ni Jean Béliveau, mais je suis en mesure de comprendre l'impact qu'ils ont eu sur le destin de notre nation, sur le développement du hockey au Québec et sur tout ce que représentent les Canadiens de Montréal. C'est grâce aux histoires de mes parents, aux livres d'histoire et à tout ce qui appartient à l'imaginaire collectif que je peux m'imaginer ce qu'ils représentaient.
Dans le cas de Guy Lafleur, c'est différent parce que j'ai été témoin de ses prouesses.
J'ai grandi à Laval en tant que partisan des Canadiens et je me souviens très clairement avoir regardé ses matchs à la télévision. Pour moi, jouer pour le CH c'était un rêve de p'tit cul et Guy faisait partie de la raison pour laquelle j'étais si fier de revêtir ce chandail. Quand tu as ce logo sur la poitrine, tu penses à toutes les légendes qui ont forgé la glorieuse histoire de cette équipe.
Et ce qui est encore mieux dans mon cas, c'est que j'ai eu la chance de côtoyer M. Lafleur à plusieurs reprises pendant mes années avec le club, et même après par l'entremise des tournées des anciens, et des matchs de balle-molle qu'on organisait. Il a même continué de s'impliquer comme entraîneur quand il a cessé de chausser les patins. Je réalise aujourd'hui à quel point tout ça était un privilège.
Chaque fois que je le voyais, je rencontrais une idole. Même si je jouais dans la LNH, il restait une idole. Un peu comme les jeunes joueurs qui rencontrent aujourd'hui Sidney Crosby. C'était toujours aussi impressionnant pour moi.
Surtout que j'étais aux premières loges pour constater toute sa cote d'amour auprès du public québécois. À l'instar de Jean Béliveau - que j'ai aussi côtoyé avec les anciens - Guy Lafleur avait un immense respect pour les gens qu'il rencontrait. Ils portaient tous les deux une grande attention à leurs admirateurs et ces derniers le leur rendaient très bien.
J'ai participé à plusieurs matchs d'anciens, et c'était différent chaque fois que Guy était là. Que ce soit comme joueur ou comme entraîneur, dès qu'il mettait le pied dans un endroit, ça devenait un évènement. Dans ces moments-là, on se tassait et on lui laissait toute la place parce qu'on savait que les gens étaient là pour lui.
Il y avait une proximité, une aura, avec Guy que peu de gens ont. C'était un grand ambassadeur, comme l'ont été Maurice Richard et Jean Béliveau. Les trois ténors ne sont plus là désormais. Ça remet les choses en perspective et ça me fait réaliser à quel point ç'a été un grand privilège d'avoir pu le côtoyer à travers les années et d'avoir joué pour la même équipe qu'eux.
J'ai espoir que les jeunes qui ne l'ont pas vu jouer, et même ceux qui naîtront après sa mort, ressentent l'impact qu'il a eu sur notre sport national et sur notre communauté. C'est à nous, aux Canadiens et aux gens de hockey de nous assurer que son héritage ne sera pas oublié.
Bon repos et merci pour les grands moments, Guy!