MILAN – Nick Suzuki gardait la même attitude. Il dégageait un calme et une assurance comme s’il se préparait à vivre un match du mois de novembre contre les Blue Jackets de Columbus.
Les deux mains dans les poches, Suzuki répondait aux questions des journalistes dans la zone mixte de l’aréna secondaire du Santagiulia Arena avec la même dégaine qu’il le fait dans le vestiaire des Canadiens de Montréal.
Mais en ce samedi après-midi ensoleillé à Milan, il se retrouvait sur une scène immensément plus grande. Il était à 24 heures de jouer le match pour la médaille d’or aux Jeux olympiques entre le Canada et les États-Unis.
À sa sortie d’un entraînement fermé aux membres des médias, Suzuki a souri quand on lui a demandé depuis quand il rêvait de participer à cette rencontre.
« Dès que j’ai appris que j’avais gagné un poste avec l’équipe canadienne, je rêvais de jouer ce match pour la médaille d’or, a-t-il dit. J’y rêvais même avant d’assurer ma place. Nous avons tous le même rêve. Nous avons trouvé des façons d’atteindre la grande finale. »
Sur papier, cette finale aux Jeux olympiques représente un choc entre les deux plus grandes nations au hockey. C’est aussi une revanche de la finale de la Confrontation des 4 nations, où Connor McDavid avait marqué le but vainqueur en prolongation dans un gain de 3-2 des Canadiens contre les Américains au TD Garden de Boston.
Le nez sous une dizaine de micros, Suzuki s’est gardé bien loin d’une possible controverse en décrivant l’impact d’une finale contre le pays voisin.
« Ce serait spécial, peu importe les rivaux dans le match pour l’or, a répliqué le numéro 10 du Canada. Mais nous connaissons tous les joueurs des États-Unis et ils connaissent tous nos joueurs. Il s’agira d’un match formidable. J’espère que nous finirons au sommet. »
En cinq matchs depuis le début des JO, Suzuki a marqué deux buts. Le capitaine du CH a inscrit un immense but en quarts de finale contre la Tchéquie en redirigeant une frappe du défenseur Devon Toews pour créer l’égalité 3-3 en troisième période.
Au match suivant, soit la demi-finale contre la Finlande, Suzuki a remplacé Sidney Crosby au centre de Mitch Marner et de Mark Stone.
S’il restait de glace dans la majorité de ses réponses, Suzuki a dérogé de sa propre philosophie pour parler de Crosby. Il a offert un minime indice par rapport à la possible présence du capitaine face aux Américains.
« Sid est une pièce importante de notre équipe, a-t-il mentionné. Il est notre meneur. Nous voudrons jouer du mieux possible s’il n’est pas de la formation, mais j’ai trouvé qu’il paraissait vraiment bien sur la glace aujourd’hui. J’espère qu’il jouera cette finale. »
« Ça représenterait beaucoup pour lui, mais aussi pour nous s’il pouvait y participer, a-t-il poursuivi. Il est tellement un grand meneur et une voix importante. Nous nous tournons tous vers lui pour obtenir des conseils. Ce serait génial de le voir en uniforme. »
En fin de soirée samedi à Milan, Suzuki gardera un œil sur le match pour la médaille de bronze entre la Slovaquie et la Finlande. Juraj Slafkovsky tentera de gagner une deuxième médaille de bronze aux JO.
« Oui, je regarderai le match, a-t-il précisé. Mais c’est à quelle heure déjà? 20 h 40 ? Je regarderai un peu, mais je me coucherai avant la fin de leur match. J’encouragerai Slaf et Kapy (Oliver Kapanen). »
Suzuki a agi comme un bon capitaine. Il n’a montré aucune allégeance entre les deux pays. Mais Slafkovsky, qui mène son équipe avec huit points (quatre buts, quatre passes), est celui qui transporte l’attaque des Slovaques sur ses épaules. Kapanen, quant à lui, s’est contenté d’ouvrir la porte pour ses coéquipiers. En deux matchs avec la Finlande, le centre de 22 ans a toujours un temps de jeu de 0 min 0 s.


















