McDavid Eichel split

MILAN – Un enjeu immense et une rivalité à son comble.

Ce duel entre le Canada et les États-Unis en finale des Jeux de Milano Cortina dimanche au Santagiulia Arena (8 h 10 HE; Peacock, NBC, ICI Tele, CBC Gem, CBC, SN [JIP], TSN [JIP], RDS2) a tout pour être historique.

« Ce sera un match de grands garçons », a résumé l’attaquant canadien Tom Wilson.

« Tous les éléments qui nous donnent confiance leur donnent confiance aussi, a quant à lui affirmé le défenseur américain Quinn Hughes. Si on jouait une série 4-de-7 contre eux, on se rendrait probablement à la limite des sept matchs. »

Les joueurs canadiens et américains seront les premiers de la LNH à participer à une finale olympique depuis 2014. Le Canada de Sidney Crosby avait vaincu la Suède pour obtenir la médaille d’or à Sotchi. Les États-Unis, eux, sont en quête d’un premier triomphe aux JO depuis le « miracle sur glace » de Lake Placid en 1980.

« On rêve de ce moment depuis notre enfance, depuis les premières fois que nous avons vu les images du miracle sur glace », a soutenu l’Américain Charlie McAvoy.

Voici 5 intrigues entourant cette finale Canada/États-Unis :

1. Une reprise de la finale des 4 nations

La rivalité entre l’équipe canadienne et l’équipe américaine a pris énormément d’ampleur en février dernier, lors de la Confrontation des 4 nations.

Les États-Unis avaient d’abord vaincu le Canada 3-1 au tour préliminaire de ce tournoi le 15 février, à Montréal. Cinq jours plus tard, les représentants de l’unifolié ont pris leur revanche en grande finale en l’emportant 3-2 en prolongation grâce à un but de Connor McDavid. En Amérique du Nord, depuis les Jeux de Vancouver en 2010, aucun match n’avait été aussi attendu que la finale des 4 nations.

« On avait l’occasion de battre les Canadiens en finale l’an dernier mais on n’a pas réussi, a déploré Jack Eichel. Cela dit, c’était un match serré, une question d’un jeu ici et là. Ils ont fait le jeu de plus qui leur a permis de remporter le tournoi. On voit le match de demain comme une belle occasion de prendre notre revanche. »

2. Avec ou sans Crosby?

La question est sur toutes les lèvres au Canada : Sidney Crosby disputera-t-il la finale?

On n’a pas encore la réponse.

Le capitaine d’Équipe Canada est blessé au bas du corps et n’a pas affronté la Finlande en demi-finale vendredi. Il était tombé au combat mercredi, face aux Tchèques.

Les Canadiens ont tenu un entraînement à huis clos samedi et Crosby était présent, selon les dires de l’entraîneur-chef Jon Cooper et des joueurs. Cooper a précisé qu’une décision quant à la participation de Sid au match allait être prise en soirée.

Crosby et son coéquipier Drew Doughty sont les deux seuls joueurs canadiens à compter deux médailles d’or olympiques à leur palmarès (Vancouver 2010, Sotchi 2014).

3. Un duel Hellebuyck-Binnington

Connor Hellebuyck est quasi intraitable depuis le début du tournoi olympique. Il présente une fiche de 4-0 avec une moyenne de 1,23 but alloué par match et un taux d’efficacité de ,947 jusqu’à présent à Milan.

Son niveau de confiance est « plus élevé » que jamais, a-t-il dit après la victoire de 6-2 en demi-finale contre la Slovaquie.

C’est une bonne nouvelle pour les Américains, car Hellebuyck devra accomplir quelque chose qu’il n’a jamais réussi et que son opposant, Jordan Binnington, a réussi deux fois : gagner le match le plus important de sa vie.

Binnington a remporté le septième match de la finale de la Coupe Stanley en 2019 avec les Blues de St. Louis et a remporté la finale de la Confrontation des 4 nations l’an dernier. Chaque fois, il a effectué plus de 30 arrêts pour procurer la victoire aux siens.

Ironiquement, toutefois, Hellebuyck et les Jets de Winnipeg ont défait Binnington et les Blues au septième match de leur série de premier tour le printemps dernier. Binnington n’a su préserver l’avance de 3-1 des Blues. Il a cédé deux fois dans les deux dernières minutes du troisième vingt, puis une autre fois en deuxième prolongation.

Hellebuyck avait gagné un autre match no 7 en 2019, face aux Predators de Nashville au deuxième tour.

Mais le premier ou le deuxième tour d’une série est une tout autre bête qu’une finale olympique face au Canada. Hellebuyck a certainement des choses à prouver dimanche.

4. L’infériorité numérique des États-Unis contre l’avantage numérique du Canada

La médaille d’or pourrait se gagner sur les unités spéciales. La confrontation la plus importante, en ce sens, opposera le jeu de puissance des Canadiens à l’infériorité numérique des Américains.

Les États-Unis montrent un dossier parfait de 15-en-15 à court d’un homme depuis le début des JO.

Le Canada, pour sa part, montre un dossier de 7-en-16 (43,7 %) avec l’avantage d’un homme. Il s’agit d’un sommet dans le tournoi. La troupe de Cooper a marqué au moins un but en avantage numérique dans ses cinq matchs. Face à la Finlande mercredi, c’est lors d’un jeu de puissance que Nathan MacKinnon est venu jouer les héros en inscrivant le but gagnant dans la dernière minute de jeu.

L’attaque massive des Américains pointe au deuxième rang du tournoi olympique avec un rendement de 28,5 % (4-en-14). L’infériorité numérique du Canada, elle, est à 72,7 % (8-en-11) jusqu’à maintenant.

5. Des nouveaux visages

Les équipes qui s’affronteront dimanche sont similaires à celles qui s’étaient rencontrées en finale de la Confrontation des 4 nations en février dernier. En fait, 35 des 38 joueurs en uniforme à l’époque pourraient l’être à nouveau dimanche.

Mais quatre joueurs de chaque équipe n’ont pas participé à la Confrontation des 4 nations et prendront part, cette fois, à la finale olympique.

Du côté américain, Quinn Hughes et Charlie McAvoy sont maintenant en santé et devraient donner un sérieux coup de pouce à leur brigade défensive. Tage Thompson et Clayton Keller, eux, avaient été ignorés pour les 4 nations, mais leur brio au championnat mondial sénior de l’IIHF leur a valu une place au sein du groupe à Milan.

Thompson devrait d’ailleurs être en uniforme dimanche, même s’il a été tenu à l’écart du jeu en troisième période vendredi par mesure préventive.

Dans le camp du Canada, Macklin Celebrini a un impact majeur à seulement 19 ans.

Celebrini est le meneur du tournoi avec cinq buts et pointe au deuxième rang avec 10 points. Il a joué près de 26 minutes face à la Finlande vendredi.

Tom Wilson, Nick Suzuki et Bo Horvat sont les trois autres nouveaux venus. Wilson évolue majoritairement à l’aile droite du premier trio avec McDavid et Celebrini, tandis que Suzuki remplace présentement Crosby au centre de Mitch Marner et de Mark Stone. Horvat assume surtout un rôle d’appoint sur le quatrième trio.