Les joueurs de la LNH participeront aux Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, et c'est la première fois qu'ils se retrouvent sur la scène olympique en 12 ans. Afin d'offrir un aperçu privilégié de l'expérience des Jeux olympiques, LNH.com a fait appel à plusieurs anciens joueurs, entraîneurs et dirigeants pour recueillir leurs impressions. Aujourd'hui, le gardien Martin Brodeur, double médaillé d'or avec le Canada.
Équipe Canada contre Équipe États-Unis.
C’est le match pour la médaille d’or que, à mon avis, nous voulions tous voir. C’est une rivalité qui dure depuis trois décennies, avec une intensité qui nourrit autant l’adrénaline des partisans que celle des joueurs.
Je le sais bien, parce que j’ai eu la chance d’en faire partie.
Je sais aussi ceci : le plus beau moment pour l’équipe gagnante dimanche n’aura rien à voir avec un but, un arrêt, une mise en échec ou quoi que ce soit qui se passera sur la glace, aussi grands soient ces moments.
Non, le plus beau moment, c’est d’être debout avec tes coéquipiers, les bras autour des épaules, en écoutant et en chantant l’hymne national de ton pays, les yeux levés vers le drapeau, en sachant que tu es champion olympique.
J’ai eu le privilège de vivre cela deux fois, en 2002 et en 2010. Deux victoires âprement disputées contre les États-Unis lors de matchs pour la médaille d’or.
Évidemment, 2002 restera toujours spécial. J’ai eu la chance d’être devant le filet lors de notre victoire de 5-2 à Salt Lake City. Nos partisans ont commencé à chanter « Ô Canada » dans la dernière minute, dans un amphithéâtre américain en plus! Lorsque la sirène finale a retenti, j’ai sauté dans les airs, fou de joie, pas seulement pour moi, mais pour ma famille, mes coéquipiers et mon pays.
Il existe une photo célèbre de moi en train de bondir lorsque le match se termine. Je l’ai encore. Mon défunt père Denis était un photographe reconnu, notamment pour sa couverture des Canadiens de Montréal, alors j’ai grandi avec une véritable appréciation pour la photographie.
Était-ce la fois où j’ai sauté le plus haut en carrière comme gardien? Honnêtement, non. Deux ans plus tôt, lors de la finale de la Coupe Stanley de 2000, Jason Arnott avait marqué le but gagnant en prolongation du match no 6 contre les Stars de Dallas, à Dallas. C’était ma deuxième Coupe avec les Devils du New Jersey et, grâce à « Arnie », c’était l’euphorie totale. Je pense avoir sauté si haut que, sur la photo, mes patins semblent à la hauteur de la barre transversale.
La victoire de 2002 donnait au Canada sa première médaille d’or en hockey masculin en 50 ans. C’était spécial pour nous tous. Mais honnêtement, ce n’était pas quelque chose dont nous parlions dans le vestiaire avant ou pendant le tournoi. Il faut se rappeler que les médias sociaux n’existaient pas vraiment à l’époque. Nous étions un peu dans notre propre bulle, et c’était une bonne chose pour nous.




















