MILAN – Encore une fois, le Canada a eu peur. Très peur. Pour reprendre les mots de Connor McDavid, c’était un match qui te force à te ronger les ongles.
À l’image des quarts de finale contre la Tchéquie, le Canada a joué avec les nerfs d’un pays entier dans cette demi-finale contre la Finlande. À mi-chemin en deuxième période, les Finlandais menaient 2-0.
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Mais les « Suomis » n’ont pas réussi leur prise du sommeil. À vouloir trop étouffer le jeu en dégageant constamment la rondelle de leur territoire, ils ont fini par procurer encore plus d’air à la puissante machine canadienne. Et le talent a fini par remonter à la surface.
Shea Theodore a marqué le but égalisateur à la 51e minute et Nathan MacKinnon a réussi celui de la victoire alors qu’il ne restait que 35,3 secondes en troisième période.
« On n'abandonne pas, on n'abandonne pas depuis le début », a dit Theodore dans la zone mixte après la rencontre. « On l'a bien vu lors du match contre les Tchèques : peu importe qu'on soit menés ou qu’on mène, on va essayer de jouer de la même façon. »
« On savait que le chemin serait difficile, a renchéri le défenseur Drew Doughty. On a toutefois du caractère et on aime jouer sur cette grande scène. Ce sont les Jeux olympiques. Il n’y a rien de facile. »
À la veille de ce match, Mikael Granlund avait qualifié son gardien Juuse Saros comme l’un des meilleurs au monde, si ce n’est pas le meilleur. Saros a fait honneur à son capitaine en bloquant 36 tirs. Mais il n’a pas signé cette victoire miraculeuse.
Saros n’y pouvait rien sur la frappe de MacKinnon à la toute fin du match. Bien alimenté par une autre passe magique de McDavid, le numéro 29 a trouvé un petit trou entre le poteau et la jambière du gardien pour toucher la cible. La passe provenait de la palette de l’un des meilleurs passeurs au monde et le tir venait de la palette de l’un des meilleurs marqueurs au monde.
Niko Mikkola avait placé son équipe dans le pétrin en visitant le banc des punitions en fin de rencontre. Il avait justement écopé de sa punition contre MacKinnon. Le phénomène de l’Avalanche lui a fait payer cher en marquant alors qu’il ne restait qu’une seconde à la punition.
Dans un match qui représentait déjà un cauchemar pour ceux avec des problèmes cardiaques, Antti Pennanen a ajouté une couche de stress en contestant ce but pour un possible hors-jeu de Macklin Celebrini en entrée de territoire. Après une assez longue révision, les arbitres ont accordé le but, et l’entraîneur de la Finlande a perdu sa contestation.
« Je n’avais aucune idée, a répliqué MacKinnon. Nous étions tellement heureux après le but, mais nous étions ensuite assez nerveux. Ils ont eu besoin de temps. Quand ça prend trop de temps, ce n’est pas toujours un bon signe. Mais Coop (Jon Cooper) a dit environ cinq fois derrière le banc que c’était un bon but. »
Et c’était finalement un bon but. Un but qui tenait à un fil. La survie du Canada tenait aussi à un fil, comme c’était le cas en quarts de finale.
« C'est palpitant, mais aussi un grand spectacle, a affirmé McDavid. Les meilleures équipes du monde s'affrontent avec les meilleurs joueurs du monde. Nous nous battons tous pour un enjeu crucial et ça se voit. C’est du hockey formidable. Trois des quarts de finale ont nécessité la prolongation, et chaque fois, il ne manquait qu'un tir pour voir la Tchéquie, la Suède et la Suisse passer au tour suivant. Le hockey se porte à merveille avec autant de grands pays et de grands joueurs, et ce tournoi le prouve. »
Auteur de deux passes dans ce gain contre la Finlande, McDavid a encore une fois connu un match grandiose, gérant ses pulsations cardiaques à une bonne fréquence lors des moments de stress.
Au tableau indicateur, le Canada a dominé la Finlande 39-17 dans la colonne des tirs au but. La glace penchait toutefois moins d’un côté pour le résultat final des buts.
« Je voudrais dire que nous jouions contre une très bonne équipe, vraiment une très bonne équipe, a reconnu Pennanen. Sur leur but vainqueur, ils comptaient sur de très bons joueurs. Je félicite l’équipe canadienne. »



















