Jimmy-Oligny-badge-Marcotte

WINNIPEG- Quand on étudie le hockey au premier degré, on ne pense souvent pas aux répercussions familiales qu'une transaction peut engendrer. Ce n'est sûrement pas par hasard que de plus en plus de joueurs de la LNH se négocient des clauses de non-mouvement dans leur contrat. C'est souvent ce qui peut faire la différence pour convaincre un athlète de s'entendre avec une équipe à long terme.

Toutefois, ce sont des offres qui n'arrivent qu'aux meilleurs de la profession. Pour les Jimmy Oligny de ce monde, des joueurs non repêchés qui doivent se battre bec et ongles pour évoluer chez les professionnels, on se retrouve bien souvent à la merci des décisions qui se prennent en haut lieu.
Papa dès l'âge de 18 ans alors qu'il évoluait chez le Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), le nouveau défenseur du Moose du Manitoba en est à sa cinquième saison dans la Ligue américaine. Tout ça, avec maintenant deux petites filles qui l'attendent à la maison. Que ce soit à Charlottetown, Rimouski, Milwaukee, Cincinnati, Chicago ou maintenant Winnipeg, sa copine Marie-Paul a accepté de le suivre dans sa folle aventure du hockey professionnel. Toujours par amour, pour le meilleur et pour le pire.
À LIRE AUSSI : Marcotte : Audette et Waked sortent de l'ombre | Marcotte: LaCouvee et une bande de recrues impressionnent à Laval
« Je donne beaucoup de crédit à ma conjointe », a partagé avec un peu d'admiration le défenseur gaucher à LNH.com. « Elle me l'a dit dès le début quand on a commencé à sortir ensemble, qu'elle allait me suivre partout où j'irais dans le hockey. Faut le faire quand même, elle aurait très bien pu me dire qu'elle en avait assez et rentrer à la maison. Elle aussi se retrouve loin de ses amies, de sa famille. Elle a tenu parole. »
Il ne suffit que de quelques minutes pour retrouver sa copine Marie-Paul Simard sur Instagram. Véritable phénomène des réseaux sociaux, la jeune mère de famille est suivie par plus de 47 000 personnes! Et sur la plupart des photos, ce sont Stella Rose, 7 ans, et Everly Jade, 3 ans, qui volent la vedette.
« Winnipeg est la meilleure chose qui nous soit arrivée en 2019 », a-t-elle publié sur sa page Instagram, cette semaine. Comme quoi même une transaction en cours de saison apporte autant d'avantages que de désagréments.
Le choc passé, la vie continue
Oligny a accepté de revenir sur le plus gros choc de sa vie : apprendre la grossesse de sa copine en jouant toujours dans le hockey junior. Rares ont été les papas à un si bas âge qui ont pu composer avec une vie familiale tout en poursuivant leur parcours dans la LHJMQ.
« C'est sûr que ç'a été un gros choc quand je l'ai appris, avoue Oligny. Mais tout de suite quand on en a parlé à nos parents, ils nous ont tout de suite soutenus dans notre décision de garder l'enfant. C'était rassurant de savoir que les gens autour de nous allaient nous appuyer dans notre décision. On ne l'a jamais regretté et aujourd'hui, nos enfants font partie de nos vies. »
Le principal intéressé explique qu'au moment de la naissance de la petite Stella Rose, le couple devait accepter de vivre à distance. Après le transfert d'Oligny chez l'Océanic de Rimouski pour sa dernière saison junior en 2013-2014, Marie-Paul est demeurée sur la rive sud de Montréal avec le bébé et faisait tout en son possible pour voir Jimmy dès que l'occasion se présentait. Au diable les nombreux kilomètres passés sur la route!
Puis ce fut le saut chez les professionnels avec les Admirals de Milwaukee l'année suivante, où Jimmy allait aussi partager son temps dans l'ECHL à Cincinnati. Encore là, Marie-Paul est demeurée derrière, poursuivant au passage ses études. Mais c'en était trop. Comme l'amour est plus fort que tout, il était désormais temps d'emménager ensemble et de foncer dans l'atmosphère particulière du hockey professionnel.
« Le plus compliqué maintenant, c'est pour la plus vieille qui est à l'école, a expliqué Oligny. Je la trouve bien courageuse. Elle est super sociable et s'adapte facilement à tous ces changements. Au moins, elle peut continuer d'aller à l'école anglaise. C'est déjà la troisième fois qu'elle change d'établissement cette année! La deuxième est encore bien jeune et ne fait que nous suivre pour l'instant. On se sent juste un peu plus jeunes que la moyenne quand nous allons dans les rencontres de parents! »
Entrevoir l'avenir avec optimisme
Possédant un contrat en bonne et due forme à deux volets entre la LNH et la LAH qui prendra fin au terme de la présente campagne, Oligny préfère y aller une journée à la fois et ne pas se transposer trop loin dans l'avenir. Il aimerait certainement pouvoir rester dans l'organisation du Moose.
« Je suis enchanté par l'entourage qu'on a ici à Winnipeg. C'est vraiment une organisation de première classe qui était au courant de notre situation familiale dès le départ. C'est incroyable tout ce qui est fait ici pour le bien des joueurs. J'espère avoir la chance de revenir ici l'an prochain », a souhaité le défenseur, qui habite pour l'instant à l'hôtel avec les trois femmes de sa vie en attendant de se trouver une demeure plus confortable.
Pour l'instant, il reste une deuxième moitié de saison au vétéran défenseur pour prouver son utilité et décrocher une autre offre de contrat l'an prochain, que ce soit à Winnipeg ou ailleurs. Telle est la réalité de la LAH. Chaque saison, des recrues affamées se présentent au camp pour se faire une place. Des vétérans comme Oligny doivent lutter férocement pour conserver la leur.
« Si ça ne marche pas ici, ça marchera ailleurs. Je ferai comme tous les joueurs autonomes. Je vais attendre le coup de fil et nous verrons où nous irons », a conclu Oligny, en mettant l'accent davantage sur le « NOUS » dans sa phrase.
C'est compréhensible.