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ST. PAUL, Minnesota – Caleb Desnoyers est habituellement du genre à avoir la tête exactement là où sont ses pieds à tout moment. Mais dès que le Canada a vu ses espoirs de médaille d’or s’envoler après une défaite en demi-finale, dimanche, son esprit s’est tourné vers le tournoi de l’an prochain.

L’attaquant québécois fait partie des 10 joueurs de cette édition médaillée de bronze à pouvoir aspirer à un retour au Championnat mondial junior en décembre prochain.

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« Ma mentalité en approchant le match d’aujourd’hui, même si c’était plus difficile, c’était de donner le ton pour l’année qui s’en vient », a-t-il lancé après la victoire de 6-3 des siens contre la Finlande. « On ne sait jamais ce qui peut arriver. Peu importe où je suis, je vais vouloir accomplir mon 4-en-4.

« Nos standards, c’est de gagner l’or. Ç’a été une vraie claque dans la face de perdre. »

Le fameux « 4-en-4 », c’est que l’espoir du Mammoth de l’Utah aurait pu devenir le premier joueur à gagner l’or avec le Canada au Défi mondial des moins de 17 ans, au Championnat mondial des moins de 18 ans, à la Coupe Hlinka-Gretzky et au Championnat mondial junior.

La Tchéquie l’a privé de cet exploit en battant la formation unifoliée, et le natif de Saint-Hyacinthe a dû se contenter du bronze. Il voudra sa revanche l’an prochain, alors que le tournoi aura lieu à Edmonton.

« Je ne veux pas juste penser à ça parce que c’est une statistique personnelle, a-t-il poursuivi. Mais juste de gagner l’or serait bien. C’est la première fois que j’avais à vivre un match (pour le bronze), et je ne veux plus jamais à voir à vivre ça. Je veux faire tourner le vent et ramener la fierté canadienne. »

Parce que les dernières heures ont été un véritable tourbillon pour Desnoyers.

Il a dû gérer la déception de la défaite, un sentiment auquel il n’est pas habitué, une nuit de sommeil très peu récupératrice et des messages « intenses » de la part d’internautes insatisfaits de sa couverture défensive sur le but de Vojtech Cihar – le quatrième des Tchèques.

La déclaration qu’il a faite dans le feu de l’émotion après le match, voulant qu’il « n’était pas né pour jouer des matchs pour le bronze » a aussi fait jaser dans la province.

« C’est là que tu réalises que tu es rendu à un autre niveau, a-t-il souligné avec le sourire. Ceux qui commentent sont souvent ceux qui ne connaissent pas la game pour vrai. Il faut en prendre et en laisser. La triste réalité, c’est que ça met encore plus de pression sur les joueurs. Je fais de l’écoute sélective, et ça me passe 100 000 pieds par-dessus la tête.

« Le but ne montre pas que j’étais le premier en échec avant et le premier sur le repli. Je me suis fait prendre même si ce n’était pas tant mon homme. C’est moi qui ai mal paru et j’ai pris le blâme en m’excusant aux gars. Ce n’est pas un jeu qui va définir mon tournoi au complet. »

Bonne adaptation

Il y a bien du positif à retirer de ce tournoi pour Desnoyers. Il a amorcé la compétition comme l’attaquant en trop et il s’est imposé sur le troisième trio dès son premier match. Malgré un rôle différent de celui qu’il occupe chez les Wildcats de Moncton, il a affiché une certaine constance de match en match.

Il a conclu le tournoi avec une récolte de six mentions d’aide en sept matchs. Son premier but attendra à l’an prochain.

« C’était la première fois que j’étais placé dans ce genre de rôle sans unités spéciales, a-t-il observé. J’avais des minutes limitées, mais je crois avoir été capable de tirer mon épingle du jeu en récoltant des points et en amenant de l’énergie. Je considère avoir assez bien fait.

« Je n’ai pas performé à la hauteur de ce que je voulais faire, mais je m’en suis bien tiré avec les moyens qui m’ont été donnés. Je vais me servir de cette expérience pour d’autres moments. En espérant ne plus jamais avoir à revivre ce sentiment (d’une défaite en demi-finale). »