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On pourrait se demander, en jetant un coup d’œil à ses statistiques, ce que Jordan Dumais a encore à prouver après avoir dominé la Ligue de hockey junior majeur du Québec, l’an dernier.

L’attaquant, qui a remporté le championnat des pointeurs grâce à sa récolte de 140 points en 64 matchs, est pourtant de retour avec les Mooseheads d’Halifax pour une quatrième saison. Et il semble déjà en voie de ne faire qu’une bouchée de la compétition.

En 11 rencontres depuis son retour du camp des Blue Jackets de Columbus, il a amassé 28 points, dont 12 buts. Une moyenne de 2,5 points par match, encore plus élevée que celle qu’il a maintenue l’an dernier (2,19).

« Je ne pense pas à ça, répond-il quand on lui demande directement ce qu’il croit avoir à prouver. Je fais juste jouer ma game. Je suis de retour dans le junior avec des gars de mon âge et j’essaie de m’améliorer tous les jours. Notre équipe est vraiment bonne et on a beaucoup de plaisir. »

Pendant un moment, on a cru que le Montréalais de 19 ans avait des chances de se tailler un poste avec les Blue Jackets. Il a été dominant au tournoi des recrues et ses succès se sont poursuivis au camp d’entraînement, manifestement pas suffisamment pour forcer la main de l’état-major.

Dumais est demeuré dans l’entourage de l’équipe pendant quelques matchs, le temps de soigner une blessure, avant de prendre un vol vers Halifax. Il est de retour là-bas avec la ferme intention de venger la défaite des siens en finale, l’an dernier.

« L’objectif est de gagner, a-t-il laissé tomber. Toute notre équipe est sur la même longueur d’onde. »

Les Mooseheads étaient bien près du but, mais les Remparts de Québec avaient éteint leurs espoirs en remportant le trophée Gilles-Courteau en six matchs. Même s’ils ont perdu quelques morceaux importants à l’attaque, dont Josh Lawrence et Alexandre Doucet, le noyau est similaire et d’autres sont prêts à prendre la relève.

Mathieu Cataford, un choix des Golden Knights de Vegas au dernier encan, est l’un de ceux-là. Il a retrouvé Dumais sur le premier trio de la formation, et vient au deuxième rang des pointeurs de la Ligue avec ses 12 buts et 31 points en 19 matchs. Markus Vidicek complète l’unité dévastatrice.

Les trois avaient été jumelés pendant la première moitié de saison, l’an dernier, mais les solides acquisitions à la période des transactions avaient relégué Cataford et Vidicek sur des trios de profondeur.

« On se trouve assez facilement sur la glace, on n’a même pas besoin de se parler pour savoir ce que les autres vont faire, a expliqué Cataford. Markus et moi, on avait déjà un bon début de saison, et on a retrouvé le meilleur joueur de la ligue. C’est sûr qu’un gars comme Jordan ne peut pas nuire!

« Tous les trois, on est capables de la mettre dedans et on se facilite la vie. C’est bon pour toute l’équipe. »

Objectif personnel

En plus de propulser les Mooseheads (16-4-1) au deuxième rang du classement général, cet étincelant début de saison pourrait permettre à Dumais et à Cataford d’être invités au camp de sélection de la formation canadienne en vue du Championnat mondial junior.

Les deux ne sont toutefois pas dans la même situation. Pour Dumais, il s’agira d’une dernière occasion de participer à cet évènement d’envergure. Il avait été ignoré par l’état-major de l’équipe, l’an dernier, malgré ses succès offensifs et s’était servi de cet affront pour piétiner la LHJMQ par la suite.

Il devrait, en principe, être l’une des têtes d’affiche offensives de la prochaine édition.

« Je pense toujours un peu à ce qui s’en vient, c’est certain, a affirmé Dumais. Je contrôle ce que je peux contrôler. […] L’an passé, c’est derrière moi. Je ne veux pas y penser, mais je joue toujours comme si j’avais des choses à prouver. Si je joue à ma manière, les bonnes choses vont arriver. »

Cataford, lui, est bien conscient que ses chances sont plus minces. Il n’a pas été invité aux rencontres estivales organisées par Hockey Canada, mais son rendement pourrait bien lui valoir un coup de téléphone pour le camp. S’il ne perce pas la formation dès cette année, il pourra toujours se reprendre en 2025.

« Je ne me mets pas trop de pression avec ça, a-t-il conclu. C’est pas mal plus probable que mon tour vienne l’an prochain. Tant mieux si j’ai une invitation, sinon ce ne sera pas une déception. Je ne me fais pas d’attentes avec ça et je continue de bien jouer. Mon focus est sur les Mooseheads. »

Crédit photo : Trevor MacMillan/Mooseheads d’Halifax

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