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ST. PAUL, Minnesota – Malgré tout ce qui s’est passé entre le Canada et la Tchéquie dans les dernières années au Championnat mondial junior, il n’y a pas eu moyen d’obtenir une déclaration incendiaire dans les coulisses du Grand Casino Arena, à la veille de la demi-finale, samedi.

Les joueurs des deux équipes ont bien sûr souligné la rivalité grandissante entre les deux nations, et les Canadiens ont aussi évoqué leur désir de revanche après que les Tchèques les eurent éliminés en quarts de finale au cours des deux dernières années. Mais on n’a pas jeté d’huile sur un feu déjà brûlant.

« Ce sera un match excitant et tout le monde a hâte que ça commence », a lancé Cole Beaudoin, qui était là l’an dernier. « Notre groupe veut sa revanche. […] Le passé, c’est le passé. On ne veut pas se concentrer sur l’an dernier, mais on l’aura en tête pour nous motiver et jouer avec énergie. »

L’attaquant québécois Caleb Desnoyers a quant à lui évoqué l’atteinte à la « fierté canadienne que tu ne veux jamais perdre » à la suite des deux dernières éliminations. Pour le reste, on aurait pu interchanger les joueurs et la teneur des propos aurait été exactement la même.

Personne, donc, n’a voulu se mettre les pieds dans les plats. C’est probablement pour cette raison que Hockey Canada a refusé de rendre disponible le défenseur Zayne Parekh – celui-là même qui avait dénoncé que la plupart des joueurs sonnaient comme des robots sans personnalité il y a deux jours à peine.

On pourrait pourtant disserter longuement sur ce qui a mené à la création de cette rivalité.

Il y a d’abord eu la finale du tournoi de 2023, quand Dylan Guenther a brisé le cœur des Tchèques en tranchant le débat en prolongation. Sont ensuite survenues les deux dernières éditions, lors desquelles la Tchéquie a marqué en toute fin de match pour éliminer le Canada en quarts de finale.

Ces trois affrontements tendus ont mis la table pour un duel intense en lever de rideau, il y a une semaine. Un match rempli d’animosité et de rebondissements que le Canada a éventuellement remporté 7-5.

Au terme de cette rencontre, les Tchèques ont dénoncé que leurs rivaux avaient omis de leur serrer la main – un manque de respect, a-t-on dit – et le capitaine canadien Porter Martone a dû s’excuser pour avoir célébré un but dans un filet désert en tapotant le derrière de son rival Adam Novotny.

Tout ceci nous mène donc à cette demi-finale et à ce désir de vengeance des deux côtés. Disons qu’on peut s’attendre à un duel beaucoup plus palpitant que les entrevues de samedi.

« Ce sont deux équipes différentes et c’est une année différente », a calmé l’entraîneur tchèque Patrik Augusta. « C’est bien de savoir qu’on peut les battre, mais ce sera complètement différent demain. […] Les émotions seront fortes des deux côtés, et il y aura des étincelles. Les deux équipes seront prêtes. »

Un style très similaire

S’il y a autant d’étincelles, c’est parce qu’il est plutôt rare qu’une nation ait le numéro du Canada à cette compétition. Surtout lors de deux éditions consécutives. Si les Tchèques sont devenus aussi dangereux, c’est qu’ils appliquent un style de jeu très similaire à celui du Canada – une rareté pour un pays européen.

« On joue dur dans les batailles pour la rondelle », a dit l’attaquant Vojtech Cihar, le meilleur pointeur des Tchèques avec neuf points. « On bouge la rondelle rapidement. C’est notre style de jeu. »

C’est aussi celui du Canada. Il y a encore une certaine disparité de talent, mais la Tchéquie s’en tire bien en jouant de façon physique et parfois même un peu vicieuse quand elle affronte la formation unifoliée.

« Ils jouent dur et ils ont du talent, a vanté Martone. Ils ont une très bonne structure. On sait qu’on en aura plein les bras. Mais l’important pour nous, c’est de se concentrer sur ce qu’on peut faire et ce qu’on a comme éléments dans notre vestiaire. L’accent est mis sur notre propre préparation. »

Il faut aussi prendre en compte le fait que la Tchéquie compte sur 16 joueurs qui évoluent dans la Ligue canadienne de hockey (LCH). Ils connaissent la façon nord-américaine de jouer et savent surtout ce qu’il faut faire pour connaître du succès en pareille situation.

« La majeure partie de mon équipe joue ici, a songé Augusta. Je pense que ça aide au chapitre de la confiance. Ils jouent déjà contre ou avec les gars dans l’autre équipe. Ce n’est pas comme s’ils débarquaient ici et qu’ils les voyaient jouer pour la première fois. Je crois que ça nous aide beaucoup. »

On verra bien si ça fera la différence une fois de plus, dimanche.