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Bill Zonnon en a eu du temps pour ruminer ses frustrations cette saison. Beaucoup trop à son goût.

À ce stade-ci de la saison, l’attaquant de l’Armada de Blainville-Boisbriand aurait aimé pouvoir discuter de son grand impact avec sa nouvelle équipe et de sa domination offensive dans la LHJMQ.

Mais le destin avait autre chose en banque pour lui.

L’espoir des Penguins de Pittsburgh s’est blessé au genou dans un match préparatoire, en septembre, et a raté près de deux mois d’activités. À son deuxième match après son retour au jeu initial, au début novembre, il a encaissé une mise en échec qui l’a renvoyé sur la liste des blessés – avec la même blessure.

Acquis des Huskies de Rouyn-Noranda pendant l’été pour aider l’Armada à atteindre le haut du classement, Zonnon n’a donc enfilé l’uniforme que pour deux matchs avant Noël.

« Il y a eu un moment au début où je me disais que je ne servais à rien, a-t-il admis en entrevue avec LNH.com. Je ne pouvais avoir aucun impact. Je ne savais pas quand, mais je savais que j’allais revenir en force et que j’allais être prêt à aider l’équipe à gagner.

« Je me suis toujours dit que l’important, c’était que je sois de retour pour les séries éliminatoires. C’est là que ça compte et c’est pour ces moments-là que l’Armada est venue me chercher. »

Zonnon n’a pas eu à attendre aussi longtemps. Il est revenu au jeu pour de bon, le 28 décembre, après de nombreuses heures passées dans le gymnase et sur la table du physiothérapeute. Des moments difficiles, parfois décourageants, mais qu’il a traversés avec la détermination qu’on lui connaît.

« Il a été extrêmement professionnel, a vanté son entraîneur Alexandre Jacques. C’était la première fois de sa carrière qu’il subissait une blessure plus grave. Même s’il a avoué que c’était dur mentalement, il a été très assidu dans sa réadaptation. Il a vraiment démontré son côté professionnel. »

En 13 matchs depuis son deuxième retour au jeu, il a amassé sept buts et 21 points, reprenant presque exactement là où il avait laissé dans sa saison de rêve, l’an dernier. On se souviendra qu’il avait connu une ascension constante pour finalement être réclamé au premier tour, 22e au total, par les Penguins.

Son plus récent début de saison n’aurait pas pu être plus à l’autre extrême. La beauté de la chose, c’est qu’il lui reste encore 20 matchs à jouer avant le début des séries éliminatoires et que l’Armada est toujours au plus fort de la lutte pour le premier rang dans l’Association de l’Ouest.

« Il y a des choses pires que ça dans la vie, a relativisé Zonnon. Je me suis blessé, mais là je suis en santé, je suis de retour, je me sens bien et j’ai du fun avec mes coéquipiers. C’est derrière moi, je me concentre sur le futur. Dans tous les malheurs, il y a moyen d’en sortir avec du positif. »

Son arrivée avec la formation des Laurentides change assurément la donne. L’Armada (26-12-6) a connu un début de saison en deçà des attentes, mais elle vient de signer six victoires de suite – une séquence qui coïncide drôlement avec celle de sept matchs avec au moins un point de Zonnon (six buts, huit aides).

« Il est très dynamique, très intense, a observé Jacques. Il est capable de s’adapter à ce que la game lui demande. Il peut être physique, il peut jouer avec plus de finesse et d’habiletés. Pour un adversaire, ça ne doit pas être évident de défendre contre un grand bonhomme capable d’être aussi évasif. »

De l’expérience en banque

Dans toute cette malchance, le Montréalais de 19 ans voit quand même d’un bon œil le fait d’avoir passé les sept premières semaines de sa réadaptation dans l’environnement des Penguins.

Les médecins de l’équipe ont procédé à des examens plus approfondis de sa blessure quand il s’est présenté au camp d’entraînement, et l’organisation l’a ensuite pris en charge. Pendant tout ce temps, il était traité comme un joueur de l’équipe même s’il ne sautait pas sur la glace avec ses coéquipiers.

« J’avais mon casier dans le vestiaire de l’équipe, et j’étais avec les gars tous les jours, a-t-il raconté. J’ai pu voir chaque match à domicile en compagnie des autres joueurs blessés et retranchés de la formation. J’allais même dans le vestiaire après les matchs, je mangeais avec les gars.

« C’était une épreuve difficile, mais le fait d’être avec les Penguins et de côtoyer des joueurs de la LNH pendant sept semaines a rendu ça quand même spécial. »