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MONTRÉAL – Xavier Villeneuve s’est avancé timidement vers Lane Hutson, debout à son casier dans le vestiaire des Canadiens de Montréal. Le défenseur américain n’est pas le plus intimidant physiquement, mais pour un jeune homme qui l’admire depuis des années, il dégage une certaine aura.

L’arrière québécois, admissible au prochain repêchage de la LNH, avait la chance de rencontrer son idole en marge de la tournée médiatique des meilleurs espoirs de la LHJMQ, mardi matin.

« J’ai vu quelques-uns de tes faits saillants », a lancé Hutson pour briser la glace.

Visiblement surpris, Villeneuve a souri et la conversation a coulé comme ça pendant quelques minutes entre les deux petits défenseurs. Ils ont évoqué les plans d’avenir du jeune homme, les aléas de l’année de repêchage et évidemment du fait qu’Hutson est un exemple à suivre pour son jeune homologue.

« Il m’a dit qu’il me suivait beaucoup, a souligné le défenseur de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Il est un bon modèle à suivre aussi. Je lui ai dit que je le regardais beaucoup et il trouvait ça bien drôle. C’est incroyable de voir des gars qui performent déjà au niveau que je veux atteindre. »

Si le Québécois est considéré comme le 15e meilleur espoir nord-américain sur la liste de mi-saison du Bureau central de dépistage, c’est en partie parce qu’il joue un peu comme Hutson. Et aussi comme Quinn Hughes, qu’il verra également à l’œuvre, en soirée, puisque le Wild du Minnesota est en ville. Drôle d’adon.

À 5 pieds 11 pouces et 162 livres, Villeneuve s’inspire de joueurs qui lui ressemblent – comme eux l’ont fait en gravissant les échelons avant lui. Davantage porté sur l’attaque, le natif de Les Cèdres a amassé six buts et 36 points à ses 35 premiers matchs de la saison.

« Je ne me sens pas comme un modèle, j’essaie juste de jouer et de m’amuser, a dit Hutson. Moi, celui qui m’a aidé c’est Quinn Hughes. C’était plaisant de voir un gars de ce gabarit dominer à ce niveau. Avant Quinn, c’était assez rare pour un défenseur. Ça m’a donné espoir et ça en donne aux autres qui font leur chemin. »

Parce que les modèles de réussite sont plus rares pour les petits défenseurs. Au dernier encan, aucun arrière de moins de 6 pieds n’a trouvé preneur malgré les succès de joueurs comme Hutson et Hughes. Cette année, ils sont deux – Ryan Lin est l’autre – à être répertoriés assez haut sur la liste du Bureau central.

Suivre leurs traces

Cette liste ne leur garantit toutefois pas une sélection hâtive : certaines équipes ne se donnent même pas la peine de les évaluer puisqu’ils ne cadrent pas dans leurs critères de recherche. Quitte à s’en mordre les doigts quelques années plus tard. Faut-il rappeler qu’Hutson est un choix de deuxième tour, 62e au total?

« Lane et Quinn sont les deux meilleurs ambassadeurs pour les défenseurs de moins de six pieds, a vanté Villeneuve. J’adore les regarder jouer. Je ne rate pas beaucoup de matchs des Canadiens, en grande partie grâce à Lane. C’est incroyable de le voir aller.

« Ils ont ouvert des portes qui n’existaient probablement pas, il y a cinq ou dix ans. Ces gars-là font une job incroyable pour moi. C’est le fun. »

Villeneuve fait lui aussi un bon travail de vente. Il a continué d’améliorer son jeu défensif tout en démontrant tout son savoir-faire à l’attaque sur quelques séquences étourdissantes depuis le début de la saison. Il a confiance que c’est ce que les recruteurs retiendront de son jeu.

« Ils savent que je ne mesure pas 6 pieds 3 pouces, a-t-il lancé en riant. Il y a beaucoup de gens qui disent que ça ne fonctionne pas des petits défenseurs. Ces gars prouvent le contraire. Tu as besoin d’un certain niveau d’habiletés et tu dois en donner probablement plus que certains autres gars.

« Je pense que tout le monde sait, de nos jours, que les petits défenseurs ont leur place dans la LNH. Je sais que les recruteurs voient mon niveau de compétition et de passion pour la game. »