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La liste des gardiens à surveiller pour l’obtention du prix Mike Richter – remis au gardien de l’année dans la NCAA – venait d’être publiée quand Alexis Cournoyer a décroché le téléphone en mettant les pieds à sa résidence du campus de l’Université Cornell, dans l’État de New York.

On pensait bien discuter avec un jeune homme excité de se retrouver parmi les 29 meilleurs gardiens du circuit universitaire américain. Dans les faits, on est passé bien près de lui apprendre la nouvelle.

« Ma mère vient de m’envoyer ça, a répondu l’espoir des Canadiens de Montréal en riant. C’est cool, mais mon but, c’est juste de gagner le championnat national. Quand tu mets ton focus et tes objectifs à la bonne place, le reste vient avec. Ce n’est pas ce prix qui m’importe, c’est le championnat. »

Le portier de 20 ans met toutes les chances de son côté, et de celui de son équipe. Le choix de cinquième tour du Tricolore au dernier encan a gagné neuf de ses 13 premiers départs dans la NCAA, et il affiche un taux d’efficacité de ,923 et une moyenne de buts alloués de 1,94.

Nul doute, Cournoyer poursuit sa rapide et récente ascension.

Il faut rappeler que l’homme masqué de 6 pieds 4 pouces et 205 livres évoluait encore dans le Junior A au Nouveau-Brunswick, il y a un an à peine. La porte s’est ouverte pour lui quand les Eagles du Cap-Breton lui ont offert une chance en décembre 2024, et il a ensuite tracé son chemin.

Après une étincelante deuxième moitié de saison dans la LHJMQ (,942 - 1,82 en 21 matchs), il s’est d’abord engagé avec l’Université Cornell – sans aucune promesse quant à son rôle – et a ensuite été réclamé par l’équipe de son enfance au repêchage de la LNH.

Il a rapidement décroché le titre de no 1 à Cornell, et le voici parmi l’élite de la NCAA. Tout ça, en l’espace de 13 mois. Il s’agit d’une progression difficile à expliquer, même pour le principal intéressé.

« Quand je suis devant le filet, je fais mon travail, a amorcé Cournoyer. Et quand j’ai une opportunité, c’est rare que je la manque. Au Cap-Breton, Sylvain Couturier et Louis Robitaille m’ont offert une chance que je ne pouvais pas laisser passer. Ils ont un peu changé ma vie.

« Je suis reconnaissant parce que je sais que d’autres gardiens travaillent aussi fort et n’ont pas cette chance. Moi, je joue au hockey pour le fun, et je me dis qu’il arrivera ce qui arrivera. La vie va me faire un chemin. »

Alexis Cournoyer Cornell_2

Avec la manière dont se déroulent les choses depuis qu’il a reçu l’appel des Eagles, Cournoyer n’a aucune raison de ne pas faire confiance à la vie – et à son talent. Son adaptation rapide à un tout autre style de jeu, et à un rythme de vie différent, est une autre preuve de son caractère.

Le jeune homme résume d’ailleurs tout ça de façon bien ludique.

« C’est une vie différente, un style de jeu différent, mais ma job reste d’arrêter les rondelles, a-t-il illustré. Quand j’embarque sur la glace, que ce soit contre Moncton, Harvard ou UMass, je fais la même chose. C’est ma mentalité. Je ne me laisse impressionner par personne. »

Un cœur de partisan

En s’entretenant avec lui pendant une quinzaine de minutes, on comprend bien vite ce qui lui permet de naviguer à travers tout ce qui lui arrive sans perdre pied. Cournoyer n’est pas un espoir comme les autres.

Il n’est pas destiné à la LNH depuis ses jeunes années, et n’a pas gravi les échelons avec toute l’attention ou la pression sur les épaules. On a l’impression qu’il se laisse guider par les heureux coups du sort qui déterminent les prochaines étapes de sa carrière, et qu’il en profite à fond sans voir trop loin.

Il l’avoue lui-même : il regarde encore les matchs des Canadiens comme un partisan.

« J’ai moins de temps qu’avant pour regarder les matchs avec les études et notre horaire quotidien, a-t-il raconté. J’ai à peine le temps d’appeler mes parents (rires). Quand je suis arrivé ici, j’ai fait le saut en réalisant que j’avais besoin d’un VPN pour regarder les matchs. Je suis allé m’acheter ça ben vite!

« Je suis encore un fan de l’équipe. Je ne me dis pas qu’un jour, je devrais être là. Que Sam Montembeault, Jacob Fowler ou Jakub Dobes fassent bien ou pas, ça ne me fait rien. Je veux juste qu’ils gagnent des matchs et j’aimerais qu’ils ramènent la Coupe cette année. »

Cournoyer fait son petit bonhomme de chemin et ne s’en fait pas trop avec ce que l’avenir lui réserve. Mais si la tendance se maintient, il devrait bien lui sourire.