Comme s’il n’en avait pas déjà suffisamment sur les épaules avec la pression et les attentes liées à son année d’admissibilité au repêchage, Tynan Lawrence s’est lancé tout un défi au beau milieu de la saison.
L’attaquant de 17 ans a choisi, il y a quelques jours, de quitter les Lumberjacks de Muskegon, dans la USHL, pour se joindre aux Terriers de l’Université de Boston, dans la NCAA. Il s’était déjà engagé envers le réputé programme bostonien, et il a accepté de s’y joindre plus rapidement que prévu quand le téléphone a sonné.
« Ils m’ont offert cette occasion, et je l’ai saisie », a expliqué le natif de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, en entrevue avec LNH.com. « Je ne voulais pas laisser passer cette chance. […] Je pense que ça va beaucoup m’aider à long terme. Je crois que chaque marche que tu franchis est un nouveau défi, peu importe la ligue.
« Je sais que c’en est un plus imposant puisque nous sommes au milieu de la saison, mais je suis convaincu qu’il s’agit de la bonne décision pour moi. »
Lawrence, qui pourrait être réclamé dans le top-5 au prochain encan de la LNH, aurait pu continuer à dominer dans un niveau inférieur. Le joueur de centre a mené les Lumberjacks pour les points (54 en 56 matchs) à sa première saison, en plus de les mener au titre de champions de la USHL. Il avait, au passage, été nommé joueur le plus utile à son équipe en séries – l’un des rares à avoir accompli cet exploit comme recrue.
Ennuyé par une blessure au début de cette saison, il avait repris là où il avait laissé, récoltant 17 points, dont 10 buts, à ses 13 premiers matchs à Muskegon. Aussi bien dire qu’il avait pas mal fait le tour du jardin.
« Il faut admirer le risque qu’il prend pour le bien de son développement, a souligné le dépisteur du Bureau central de dépistage de la LNH, Jean-François Damphousse. Il a déjà accompli beaucoup de choses au niveau junior et il se sent prêt pour le prochain niveau.
« Il faut se rappeler qu’il s’est rapidement établi dans la USHL à 16 ans, et qu’il y a connu une année exceptionnelle. J’ai hâte de voir s’il pourra s’adapter rapidement à la NCAA. »
Ses succès antérieurs n’enlèvent toutefois rien à l’ampleur de la tâche de laquelle il doit désormais s’acquitter. Il s’est écoulé à peine cinq jours entre son dernier match dans la USHL et son premier dans la NCAA – disons que la période de transition, et de déménagement, a été plutôt courte.
Lawrence est désormais le plus jeune joueur du circuit universitaire américain, à égalité avec l’attaquant Ilya Morozov, lui aussi né le 3 août 2008. À 5 pieds 11 pouces et 170 livres, et avec l’intelligence qui le caractérise, Lawrence est tout de même en mesure de tenir son bout.
« C’est assurément différent, mais ce n’est rien de trop fou, a relativisé le jeune homme. J’ai évidemment moins de temps et d’espace en possession de rondelle, c’est la plus grosse différence. À part de ça, il n’y a rien de trop majeur. Je sens que je peux m’ajuster à ce rythme assez rapidement. »
Lawrence doit s’habituer à une nouvelle ligue, une nouvelle équipe, un nouveau système de jeu et un nouvel environnement alors que les yeux de nombreux recruteurs sont d’autant plus rivés sur lui. Il a été blanchi à ses trois premiers matchs, alors qu’il n’avait eu qu’un entraînement avec ses nouveaux coéquipiers.
« Ç’a été tout un tourbillon pour lui, et il a très bien fait en jouant trois matchs en quatre soirs, a observé l’entraîneur-chef Jay Pandolfo. On a pu voir son intelligence au jeu et son sens de la compétition. Il sera encore meilleur quand il sera pleinement confortable, mais il cadre déjà bien avec notre style de jeu.
« Il aura besoin d’un peu de temps pour s’ajuster au rythme et s’habituer à des adversaires plus gros et plus forts. Mais je n’envisage pas beaucoup de problèmes en ce sens avec ce que j’ai vu de lui. »
Beaucoup à l’enjeu
Plus vite le Néo-Brunswickois prendra son erre d’aller, mieux ce sera pour lui. Parce qu’il jouera gros en cette deuxième moitié de saison : il est l’un des rares joueurs de centre de premier plan de cette cuvée, et cela pourrait jouer en sa faveur quand viendra le temps des grandes décisions.
Lawrence en est conscient – il voit des choses passer en ligne comme tout le monde – mais il ne semble pas s’en faire plus qu’il le faut avec tout ce qu’il y a à l’enjeu.
« Il y aura toujours de la pression, et je trouve ça plaisant d’avoir ce poids sur mes épaules, a-t-il répondu. Ça me motive à m’améliorer de jour en jour et à me concentrer sur mon jeu. Je veux me construire de jour en jour, et j’espère que je serai heureux de ce que j’ai offert à la fin de la saison. »
Il aura sans doute toutes les occasions d’atteindre ses objectifs avec l’Université de Boston. Déjà à ses premiers matchs, il a été utilisé au centre du franc-tireur Cole Eiserman sur le deuxième trio de la formation, et a obtenu du temps de jeu sur la première vague du jeu de puissance.
Son arrivée au prochain niveau n'aura pas comme seul avantage de l’aider au chapitre de son développement. Il donnera aussi un bon coup de pouce à une équipe (10-9-1) qui connaît une saison bien en deçà des attentes.
« En parlant à tout le monde autour de lui, et en discutant avec tout notre personnel, on a conclu qu’il était prêt pour ce niveau de jeu, a conclu Pandolfo. On s’est tous entendus pour dire que ce serait la meilleure chose pour accélérer son développement, et que c’était le bon moment pour le faire. »


















