À 23 ans, Lukas Cormier rattrape le temps perdu.
Samedi soir, le défenseur acadien récoltait un point dans un huitième match de suite pour établir le record de concession des Silver Knights d’Henderson, la filiale des Golden Knights de Vegas dans la Ligue américaine. Il totalise maintenant 29 points (six buts, 23 aides) en 31 matchs cette saison.
De quoi faire rêver d’un deuxième rappel dans la LNH.
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« Mon but est d’aider les Silver Knights et c’est là-dessus que je me concentre, mais c’est toujours dans mes pensées. Je veux éventuellement arriver au prochain niveau et jouer dans la LNH », soutient Cormier en entrevue téléphonique avec LNH.com.
Le chemin pour s’y rendre n’est pas linéaire jusqu’à maintenant. Pas plus tôt qu’en 2024, il a subi une opération dont la nature n’a pas été divulguée, mais qui l’a limité à 19 matchs la saison suivante (neuf points).
« L’an passé a certainement été plus difficile avec l’opération, avoue Cormier. Il ne restait qu’une quinzaine de matchs à mon arrivée. J’étais content d’avoir ensuite un été d’entraînement pour travailler sur mon jeu et revenir plus fort.
« Je voulais connaître une bonne saison. C’était important pour moi. »
Mission accomplie pour l’instant, alors que le natif de Sainte-Marie-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, cumule les points en attendant ce fameux deuxième rappel des Golden Knights.
« Je prends un jour à la fois et je tente de maximiser les occasions que j’obtiens, dit-il. Quand le jour arrivera, je serai prêt. »
Digne de ses années dans les rangs juniors
La cadence à laquelle Cormier produit a plus que doublé cette saison, mais ceux qui l’ont vu évoluer avec les Islanders de Charlottetown dans la LHJMQ, il y a quelques années, savent que ces récentes prouesses offensives ne sont pas qu’une mystérieuse embellie.
« J’ai toujours trouvé que Lukas était un joueur intelligent, avec une bonne vision du jeu », décrit Raphaël Pouliot, dépisteur-chef des Golden Knights qui était attitré aux espoirs de la LHJMQ lorsque Cormier a été choisi au troisième tour du repêchage de 2020. « Il a toujours été efficace pour maximiser ce que l’adversaire lui donnait. Dans le junior, il a compté beaucoup de buts pour un défenseur, mais ce n’est pas parce qu’il avait un lancer foudroyant. C’est plutôt parce qu’il trouvait les bonnes lignes de tir quand il y avait du trafic. Il amenait la rondelle au filet quand le gardien ne la voyait pas.
« Présentement, il montre les qualités qu’on avait vues en lui quand on a décidé de le repêcher. »
Cormier a remporté deux titres de défenseur de l’année dans la LHJMQ (2021, 2022) grâce à une récolte totale de 135 points (49 buts, 86 aides) en 101 matchs à 18 et 19 ans. Aucun défenseur n’avait réussi, avant lui, à mettre la main deux fois sur le trophée Émile-Bouchard avant ses 20 ans.
« Ça te donne une idée du talent du défenseur », lance Pouliot.
L’importance du timing
En fait, à s’en fier aux différents intervenants sondés, jamais le talent de Cormier n’a été remis en cause dans l’organisation des Golden Knights. Mais parfois, le timing dicte beaucoup de choses lorsque vient le temps d’obtenir ses premières occasions dans la LNH, dit Pouliot.
En voici le plus récent exemple.
Le 13 décembre, le défenseur vedette Shea Theodore tombe au combat à Vegas. Moins d’un mois plus tard, Brayden McNabb subit le même sort. Mais pendant tout ce temps, Cormier est lui aussi sur la liste des blessés dans la Ligue américaine. Il y passera un mois.
À son retour, non seulement les Golden Knights avaient-ils retrouvé Theodore, mais ils avaient aussi acquis Rasmus Andersson des Flames de Calgary, un autre défenseur au profil offensif.
« On ne peut pas supposer de ce qui serait arrivé ou ne serait pas arrivé, mais c’était difficile de voir plusieurs joueurs des Golden Knights se blesser pendant que Lukas était lui-même blessé », confie le DG des Silver Knights, Tim Speltz. « Ç’aurait peut-être été son tour. »
Déjouer les stéréotypes
À 23 ans, 5 pieds 11 pouces et 184 livres, Cormier serait de loin le plus petit et le plus jeune défenseur des Golden Knights s’il était rappelé aujourd’hui.
Mais le principal intéressé refuse d’incarner les stéréotypes liés à un tel profil, surtout dans une organisation où tous les défenseurs ou presque sont aguerris et costauds.
« À Charlottetown, nos entraîneurs faisaient du bon travail pour mettre l’accent sur la défensive, et quand tu arrives chez les pros, ils veulent encore plus qu’on mette l’accent là-dessus, explique Cormier. J’aime créer de l’offensive pour mon équipe, mais je veux aussi être outillé pour les tâches défensives. »
« Lukas comprend qu’il y a des moments pour prendre des risques et d’autres pour rester patient. Il a fait des pas en avant à cet égard, renchérit Speltz. Et il fait du meilleur travail en zone défensive. Il est un bon joueur défensif. Il gagne des batailles à 1-contre-1 et il sort avec la rondelle. »
Voilà qui pourrait servir s’il accède au prochain niveau. D’ici là, il tentera d’aider les Silver Knights à accéder aux séries pour la première fois depuis son arrivée chez les pros. Henderson est à six points des Roadrunners de Tucson et d’une place provisoire en séries avec deux matchs en main.
« Quand tout le monde est en santé, on est durs à battre, conclut Cormier. On n’a pas encore fait les séries depuis mon arrivée ici, donc on veut participer cette année. Ce serait bien de faire un petit bout de chemin. »


















