kapanen chaumont

BROSSARD – À cinq contre cinq cette saison, Oliver Kapanen a joué majoritairement au centre du deuxième trio avec Ivan Demidov sur le flanc droit. Les chiffres le démontrent. Sur un temps de jeu total de 979 minutes à égalité numérique, Kapanen a passé 752 minutes avec Demidov à ses côtés. On parle donc d’un ratio de 77%.

Mais en fin de saison, Kapanen a perdu son poste de deuxième centre des Canadiens au profit d’Alex Newhook. Pour les deux derniers matchs du calendrier, Newhook avait hérité de ce mandat avec Alexandre Texier à gauche et Demidov à droite.

À trois jours de l’ouverture du premier tour des séries éliminatoires de la Coupe Stanley contre le Lightning de Tampa Bay, le Finlandais n’avait pas regagné sa place au soleil. À l’entraînement jeudi matin, il a patiné comme centre du troisième trio avec Zachary Bolduc et de Kirby Dach.

« Ce n’est pas dur de changer de trio, mais c’est différent, a noté Kapanen. Je me retrouve avec de nouveaux coéquipiers. J’ai joué avec Demi (Demidov) pratiquement toute l’année. C’est du nouveau, mais je peux encore me démarquer. J’aime l’identité de notre trio (avec Bolduc et Dach). »

Toujours à la recherche des bonnes combinaisons, Martin St-Louis risque donc de miser sur Kapanen avec deux ailiers qu’il connait beaucoup moins. En 82 matchs cette saison, il n’a joué que 52 minutes avec Bolduc et 35 minutes avec Dach, selon les données fournies à cinq contre cinq.

« Je sens que nous pourrons gagner plusieurs batailles pour la rondelle, a dit Kapanen au sujet de son trio. Ils sont deux gros ailiers physiques. Nous pourrons passer plus de temps en zone adverse afin de gagner du rythme. »

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Du rythme, c’est justement ce qu’il manque à Kapanen. Il a beaucoup ralenti dans les derniers kilomètres de ce long marathon de 82 rencontres. À ses dix derniers matchs, le numéro 91 n’a pas écrit une seule fois son nom sur la feuille de pointage. Depuis le retour des Jeux olympiques de Milano-Cortina, il n’a obtenu que six points (quatre buts, deux passes) en 25 matchs.

« Kapy est encore un jeune joueur, a rappelé St-Louis. Il en est à sa première saison complète dans la LNH. Il a joué aux Jeux olympiques. Est-ce qu’il ressent un peu de fatigue ? C’est possible. Mais nous savons ce que Kapy peut faire pour notre équipe. Nous anticipons qu’il regagnera son rythme pour les séries. Souvent, les joueurs élèvent leur jeu au début des séries. Ça devrait l’aider à se retrouver un peu. »

Questionné au sujet d’une possible fatigue, Kapanen a sans grande surprise rejeté cette hypothèse.

« Hum... Je ne crois pas. J’ai encore des choses à apprendre dans cette ligue. Mais je n’ai pas de problème avec mon corps et je ne ressens pas une fatigue. Je dois simplement travailler sur certains aspects de mon jeu. »

Malgré un ralentissement notable en fin de saison, Kapanen s’est avéré une belle révélation chez le CH avec 22 buts et 37 points. Face au Lightning, il pourrait devenir une carte très importante, surtout si Newhook ne parvient pas à générer assez d’offensive au centre du deuxième trio.

Pour redevenir le Kapanen des premiers mois de la saison, le principal intéressé croit savoir où trouver la solution.

« Je dirais probablement ma confiance. C’est la principale chose. Je me sens bien sur la patinoire, mais je ne marque pas souvent. Je n’ai pas la même touche près du filet. Je crois que ça finira par revenir. J’ai aussi besoin de travailler sur mon rythme et mon jeu d’ensemble. C’est bien, mais ça peut être meilleur. »

Bolduc s’attend aussi à voir Kapanen regagner son élan face au Lightning.

« Il est un gars intelligent. Il a joué pratiquement toute l’année avec Demi. Tu as besoin d’une bonne vision du jeu pour rester avec Ivan puisqu’il est très imprévisible. Kapy est responsable défensivement et il trouve des espaces en zone adverse pour dégainer. Il est bon partout, autant en désavantage numérique qu’en supériorité numérique. C’est nouveau pour moi de jouer avec lui. C’était comme ça en fin de saison (deux derniers matchs). Ça prendra une certaine adaptation, mais les pratiques aideront. »

Même s’il a toujours le statut d’une recrue, Kapanen vivra sa deuxième expérience en séries. L’an dernier, il avait joué les trois derniers matchs du duel de première ronde contre les Capitals de Washington, prenant la place de Patrik Laine.

« J’avais trouvé ça différent, a-t-il affirmé avec le sourire. Je trouvais que c’était une autre sorte de hockey. J’ai hâte de redécouvrir cette ambiance des séries. »

La jeunesse contre l’expérience

En mode séries depuis déjà quelques semaines, St-Louis l’était encore plus jeudi matin après un premier entraînement dans cette seconde phase de la saison. Dans une conférence de presse assez longue d’un peu plus de 15 minutes, St-Louis a oublié ses proverbes pour y aller de réponses plus courtes.

L’homme de 50 ans ne s’est pas trop aventuré sur le terrain du rôle de négligé face au Lightning.

« Je vous donnerai des faits, a-t-il répliqué. Le Lightning est une équipe de vétérans. Ils sont le modèle dans la LNH depuis 7 ou 10 ans. Ils sont bons, mais nous sommes bons aussi. Nous pouvons être les favoris ou les négligés, je ne m’en soucie pas. Nous jouons les matchs pour une raison. »

L’expérience représentera une force pour le Lightning. Mais aux yeux de Lane Hutson, la jeunesse n’a rien d’un défaut.

« Ça peut devenir une bonne chose, a dit Hutson. Je crois que ça peut nous aider. Toutes les équipes ont des joueurs plus vieux. Ils ont parfois besoin de plus de temps pour se préparer. La jeunesse représente un avantage au niveau de l’énergie. »

Hutson a attiré l’attention lors du dernier match contre le Lightning, une victoire de 2-1 du Tricolore le 9 avril, en se chamaillant avec l’attaquant de Tampa Bay Corey Perry, un vieux de la vieille à 40 ans.

« Ça fait partie du jeu, il est très bon pour déranger ses rivaux, a affirmé le numéro 48. Je ne me retrouve pas souvent dans de telles interactions, mais je m’attends à ça de sa part. Il joue son rôle. Je ne reculerai pas. Dans les mêlées, il y a souvent de mauvaises décisions qui se prennent. Je resterai prudent. »

Carrier de retour à l’entraînement

Absent pour les neuf derniers matchs de l’année en raison d’une blessure au haut du corps, Alexandre Carrier a participé à l’entraînement complet avec ses coéquipiers. Le défenseur n’a toutefois pas rencontré les médias à sa sortie de la patinoire.

Noah Dobson, Nick Suzuki, Kaiden Guhle et Jacob Fowler n’ont pas pris part à l’entraînement. Suzuki et Guhle ont profité d’une journée de traitements, alors que Fowler était malade. Dans le cas de Dobson, il n’est toujours pas rétabli de sa blessure au haut du corps subi lors du 80e match de la saison.