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RALEIGH, Caroline du Nord – Mitch Marner trône au sommet des pointeurs de la LNH avant le début de cette finale de la Coupe Stanley avec 21 points (sept buts, 14 passes) en 16 matchs. 

Jadis décrit comme un ailier incapable de transporter les Maple Leafs de Toronto sur ses épaules en séries, Marner le fait à la perfection à sa première saison avec les Golden Knights de Vegas. 

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En cette journée consacrée aux médias au Lenovo Center à la veille du premier match entre les Hurricanes de la Caroline et les Golden Knights mardi (20 h HE; TVAS, CBC, SN, ABC), Marner a pris place au podium numéro 5. Il était l’un des joueurs les plus attendus. S’il laisse parler son talent depuis le premier jour des séries, le numéro 93 a gardé une plus grande timidité devant la faune médiatique.  

« Je me sens bien. J’ai travaillé fort pour me retrouver ici », a dit Marner tout calmement pour répondre à une première question sur sa joie de participer à une première finale. « Je suis extrêmement reconnaissant. J’ai hâte de vivre cette finale. »

À ses neuf premières saisons dans la LNH avec Toronto, Marner a toujours participé aux séries. Mais il n’a jamais atteint la finale de l’Association de l’Est, subissant l’élimination sept fois au premier tour et deux fois au deuxième tour (2023 et 2025).  

Dans un décor différent, Marner a déjà connu un parcours plus long et plus exaltant à sa première saison dans le Nevada qu’en neuf ans à Toronto. Il détruit aussi le mythe voulant qu’il ne parvienne pas à élever son jeu en séries. En date du 1er juin, l’Ontarien fait partie des plus sérieux candidats à l’obtention du trophée Conn-Smythe.

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Quand on lui demande de décrire les ingrédients de sa recette magique en séries, Marner hésite un peu avant de se mouiller.  

« Hum… Je ne sais pas trop, a-t-il répliqué. On me place dans de bonnes situations. Sur la glace, je me retrouve aussi aux bons endroits. J’obtiens des chances de marquer et je trouve des façons de générer des occasions pour mes coéquipiers. C’est toujours une bonne recette. Nous nous faisons confiance sur la glace. »

Il y a aussi un autre aspect important : la profondeur. 

« Quand tu regardes notre équipe, tu sais que tu peux faire confiance à nos quatre trios et nos trois paires à la ligne bleue. Nous savons que tout le monde peut faire le boulot.

« De l’extérieur, tu sais que Vegas cherche toujours à gagner. Ils construisent toujours leur équipe pour avoir de la profondeur et c’est une équipe difficile à affronter. J’ai maintenant la chance de découvrir cette équipe de l’intérieur. Et c’est le fun. »

Dans cette mêlée de presse d’une dizaine de minutes, Marner s’est gardé bien loin de casser du sucre sur le dos de son ancienne équipe. Il n’a pas prononcé le nom des Mape Leafs, mais en décrivant la profondeur des Knights comme une grande force, il lançait avec subtilité une flèche à ses anciens patrons. 

Le 30 juin dernier, Marner a paraphé un contrat de huit ans et 96 millions $ (salaire annuel moyen de 12 millions $). Techniquement, il a signé ce lucratif pacte avec Brad Treliving et les Maple Leafs pour ensuite prendre le chemin de Vegas dans une transaction impliquant Nicolas Roy. 

Marner a donc choisi sa prochaine destination. Il voulait devenir un membre des Knights. Au mois de mars 2025, l’Ontarien avait bloqué une transaction entre les Maple Leafs et les Hurricanes. Ironiquement, les « Canes » se placent maintenant devant lui en grande finale de la Coupe Stanley. 

Mais cette situation est loin de l’émouvoir. 

« Non, je n’y pense pas, a-t-il souligné. Je ne vis pas dans le passé. J’ai déjà parlé de cette situation. Je reste dans le présent. J’ai juste hâte de jouer cette finale. »

Après le balayage en quatre matchs contre l’Avalanche du Colorado en finale de l’Ouest, Marner avait dit au micro de Sportsbet qu’il avait surmonté des jours sombres dans sa carrière, faisant référence à ses saisons à Toronto sans le préciser directement. 

Relancé sur cette entrevue du 26 mai, il n’a pas approfondi le sujet. 

« J’en parlerai dans les prochaines semaines, si j’en ai la chance, s'est-il limité à dire. Pour l’instant, je me concentre sur mon travail et la finale. »

Un grand coéquipier

Si Marner n’avait pas trop de jasette pour parler de lui-même, Jack Eichel a longuement louangé son coéquipier lundi après-midi. 

À l’image de Marner, Eichel a profité d’un changement d’air pour relancer sa carrière et atteindre le statut de gagnant. 

« J'ai toujours éprouvé un immense respect pour Mitch, a dit Eichel. Quand je jouais pour les Sabres, je l’affrontais souvent avec les Maple Leafs. J’ai aussi joué contre lui sur la scène internationale. Avant son arrivée à Vegas, plusieurs de mes amis qui avaient côtoyé Mitch à Toronto me disaient la même chose. Ils vantaient sa personnalité, son caractère, son attitude dans le vestiaire et sa façon d'interagir avec les gens. Cette année, j’ai appris à le connaître à mon tour comme coéquipier. Il n'a fait que confirmer tout le bien que je pensais de lui. Il est un joueur incroyable et une personne tout aussi incroyable. »

Mark Stone, le capitaine de l’équipe, est aussi devenu un moulin à paroles quand est venu le temps de décrire l’adaptation de Marner avec les Golden Knights. 

« Il n'est pas arrivé dans notre vestiaire en essayant d'être quelqu'un qu'il n'est pas, a expliqué Stone. Il ne cherche en aucun cas à modifier ce que nous avons bâti ici. Il s'est donc intégré à la perfection au sein de notre équipe. Nous avons ajouté un joueur avec un profil que nous n'avions probablement jamais eu auparavant. Il est doté d'un tel niveau de créativité, mais ça ne change rien à sa façon de jouer. Il demeure un joueur qui couvre toute la glace, l'un de nos meilleurs éléments en défense et l'un de nos meilleurs spécialistes en infériorité numérique.

« J'ai eu le sentiment qu'il était parfaitement à l'aise dès le premier jour. Mais, comme je l'ai déjà dit, je crois que nous avons construit ici un environnement auquel les gens veulent prendre part. La raison pour laquelle ils souhaitent nous rejoindre, c'est qu'ils peuvent arriver ici et rester eux-mêmes. De toute évidence, il déborde d'énergie. »

Et comme bien des joueurs des Knights, Marner donne l’impression de déborder encore plus d’énergie depuis l’arrivée de John Tortorella derrière le banc de l’équipe en fin de saison. 

« Il apporte une sorte de feu et d’énergie à l’équipe, a dit Marner au sujet de Tortorella. Mais il sait choisir ses moments. Il reconnaît l’ambiance dans le vestiaire et il tire sur les bonnes ficelles. »