RALEIGH, Caroline du Nord – Seth Jarvis est sorti d’un rideau noir et s’est installé au podium, les lumières et les caméras braquées sur lui.
Lundi avait lieu la journée des médias de la finale de la Coupe Stanley, et les coursives du deuxième étage du Lenovo Center étaient remplies de journalistes venus interviewer les membres des Hurricanes de la Caroline et des Golden Knights de Vegas à l’approche du match no 1 mardi (20 h HE; TVAS, CBC, SN, ABC).
Sur les murs étaient accrochés d’immenses photos de capitaines soulevant la Coupe Stanley, incluant Rod Brind’Amour avec les Hurricanes en 2006 et Mark Stone avec les Golden Knights en 2023. Même la Coupe était sur place.
« C’est fou », a dit Jarvis, qui, à 24 ans, participe à la finale pour la première fois. « Il y a beaucoup de gens. Mais c’est génial d’en faire partie. C’est plaisant de vivre cette expérience. »
Pour les joueurs, il est important de bien gérer l’ampleur de l’événement, tout comme les demandes de billets et les membres de la famille qui ont fait le voyage pour assister à la finale. Une équipe a récemment vécu la folie entourant la finale, mais pas l’autre.
Il s’agit de la troisième fois que les Golden Knights participent à la finale depuis qu’ils ont rejoint la LNH comme équipe d’expansion en 2017-18. La première fois, en 2018, ils ont perdu contre les Capitals de Washington en cinq rencontres. La deuxième fois, il y a trois ans, ils ont défait les Panthers de la Floride en cinq parties.
Quant aux Hurricanes, ce sera la première fois qu'ils participeront à la finale en deux décennies.
La formation de Vegas compte un total combiné de 134 matchs d’expérience en finale et 18 bagues de la Coupe Stanley. Les Hurricanes ont 34 matchs d’expérience en finale et seulement deux bagues.
« Une journée comme aujourd’hui, tu ne comprends pas vraiment ce que c’est jusqu’à ce que tu le vives, et ça peut être un peu intimidant, donc je pense que c’est un avantage de l’avoir déjà vécu », a argué le défenseur de Vegas Brayden McNabb, qui en est à une troisième participation à la finale. « Tu comprends ce qui va se passer. Tu sais qu’on va te demander des billets et tu sais que tu dois rapetisser ta bulle à ce moment-ci de l’année. »
Mais l’expérience ne fait pas foi de tout. Le joueur de centre Jack Eichel n’a pas participé aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley à ses sept premières saisons dans la LNH – six avec les Sabres de Buffalo et une avec les Golden Knights. Puis, à sa première participation au tournoi printanier, il a mené la LNH avec 26 points (six buts, 20 passes) en 22 rencontres et remporté la Coupe avec Vegas en 2023.
Le plus important est ceci :
« C’est important d'être un peu égoïste avec ton temps et ton énergie, et où tu places ta concentration, a expliqué Eichel. Beaucoup de gens sont emballés, et il s’agit d’un événement extraordinaire. C’est génial pour la Ligue et pour les deux équipes. Il y a tellement de gens qui ont été derrière toi et qui t’ont aidé à te rendre ici, et ils veulent partager cette expérience avec toi. Et c’est une bonne chose, mais cela dit, nous avons un travail à faire. »
Il faut saisir l’occasion, car tu ne sais jamais si elle va se présenter de nouveau. Le capitaine de la Caroline Jordan Staal est en finale pour la première fois depuis 2009, quand il avait gagné la Coupe avec les Penguins de Pittsburgh.
« C’est gros, a admis Staal. C’est différent d’être ici avec vous et toutes vos questions ainsi que les autres distractions et les gens avec qui tu veux partager cette expérience. Ça peut être submergeant par moments, donc tu dois te permettre de dire non si tu le peux et te concentrer sur ce qui est primordial. Pour nous, c’est le match no 1. Ce sera un sprint dès le dépôt de la rondelle, et nous devrons être prêts dès le début. »
Brind’Amour a pris part à la finale trois fois comme joueur. Les deux premières fois, il a perdu contre les Red Wings de Detroit – avec les Flyers de Philadelphie en quatre parties en 1997 et avec les Hurricanes en cinq matchs en 2002. La troisième fois, en 2007, les Hurricanes ont défait les Oilers d’Edmonton en sept rencontres.
Aujourd’hui, il est en finale pour la première fois en huit saisons comme entraîneur de la Caroline.
« Soudainement, tout le monde que tu as déjà rencontré sort de nulle part, a-t-il lancé. Tout le monde est ton ami et veut assister au match. Il y a un million de distractions. C’est vraiment différent, et tu dois composer avec ça. Mais au final, les deux équipes vont se concentrer sur leur match. Ça ne change pas. »
Au final, les lumières vont se tamiser, les caméras vont s'en aller et les distractions vont cesser. Mais les noms gravés sur la Coupe Stanley vont demeurer.
« Je suis vieux maintenant et je peux dire aux gars : “Faites-moi confiance. Je me souviens de plusieurs de mes années, mais je me souviens surtout de l’année où nous avons gagné” », a affirmé Brind’Amour, 55 ans. « Je me suis rendu en finale à quelques reprises, mais je ne me souviens pas de grand-chose. Tu dois aller jusqu’au bout, et c’est à ce moment-là que ça reste avec toi pour la vie. »





















