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BROSSARD – « Il y a eu des hauts et des bas, mais je n’ai aucun regret. C’est assez clair que je dois maintenant passer à autre chose, mais je suis incroyablement… »

Sous le poids de l’émotion, Brendan Gallagher n’a pu terminer sa phrase. L’attaquant de 34 ans, en sanglots, exprimait le triste constat que ses jours avec les Canadiens de Montréal étaient comptés. La saison qu’il vient de disputer avec le Tricolore était sa 14e, et visiblement sa dernière.

Gallagher a été laissé de côté par l’entraîneur-chef Martin St-Louis pour 20 des 24 derniers matchs du CH. En séries éliminatoires, il n’a disputé que trois rencontres, toutes au premier tour face au Lightning de Tampa Bay. Il a vu ses coéquipiers être dominés par les Hurricanes de la Caroline en finale de l’Est sans même avoir la chance de se prouver.

Son contrat ne vient à échéance que l’an prochain, mais il considère que cet été est le bon moment pour se « trouver une nouvelle maison ».

« C’est ma décision, mais c’est aussi par la force des choses, a-t-il expliqué lors du bilan de fin de saison du CH lundi. J’aurais aimé rester ici et faire encore partie de ce groupe, mais je dois avoir l’occasion comme joueur de contribuer, et dans ma situation ici, les choses n’auraient pas changé. Il faut l’accepter. »

Gallagher était non seulement émotif à l’idée de clore un chapitre de sa vie, il l’était aussi en pensant à sa mère Della, décédée en mars 2025 d’un cancer, puis à la manière dont ses coéquipiers l’avaient accompagné dans le deuil. Nick Suzuki et Jake Evans avaient notamment passé la matinée avec leur coéquipier à Calgary dans les heures suivant le décès de Della.

Il est revenu sur ce douloureux épisode en quelques mots avant d’interrompre la mêlée de presse pour reprendre ses esprits dans un coin du vestiaire du Complexe sportif CN.

« Je vivais une montagne d’émotions et je ne sais pas comment je m’en serais sorti sans ce groupe, a-t-il murmuré à son retour. Je ne peux pas décrire à quel point c’était significatif pour moi.

« C’est l’un des moments où j’ai été le plus fier d’être un Canadien de Montréal. »

Choix de cinquième tour des Canadiens au repêchage de 2010, Gallagher a déjoué les pronostics en disputant 990 matchs avec l’équipe, saisons et séries combinées. Les joueurs de petit gabarit étaient encore peu communs dans la LNH lorsqu’il a amorcé en force sa carrière en 2012, du haut de ses 5 pi 9 po. Il aura totalisé 521 points, dont 260 buts, dans l’uniforme tricolore.

Il a encore de l’essence dans le réservoir, dit-il, et croit encore qu’il peut aider une équipe de la LNH. Il croit aussi qu’il aurait pu apporter son grain de sel dans la série face aux Hurricanes, notamment lorsque l’équipe tirait de l’arrière 1-3.

« C’est difficile, car je sens que j’aurais pu aider, mais je n’en ai pas eu l’occasion, a déploré Gallagher. Les gars se sont battus, ils ont fait tout ce qu’ils ont pu. Cela dit, je sens que si j’en avais eu l’occasion, j’aurais aidé l’équipe.

« Je sais que ce n’est pas fini, a-t-il enchaîné. Je ne sais pas encore combien d’années, mais j’en ai encore beaucoup à donner. J’ai besoin de trouver le bon endroit, et faire tout ce que je peux pour continuer d’en donner. J’ai hâte. »

Reste à voir quel sera ce bon endroit, et comment se déclinera la fin de son association avec le CH. Mais dans tous les cas, la direction lui « doit le respect », a dit le DG Kent Hughes.

« Depuis que [Jeff Gorton et moi] sommes ici, nous avons toujours essayé de montrer du respect envers les joueurs, a-t-il soutenu. Je ne peux pas vous dire comment ça va se dérouler spécifiquement, mais nous allons sans aucun doute continuer à démontrer du respect envers Brandon. »

La perte d’un modèle

Si la contribution de Gallagher sur le plan statistique avait fortement régressé dans la dernière année, son impact à titre de vétéran dans le vestiaire le plus jeune de la LNH se faisait encore sentir. Il suffit de parler à ses jeunes coéquipiers pour le constater.

« Gally est l’un des humains les plus spéciaux que je connaisse », a affirmé Cole Caufield.

« La manière dont il a été capable d’écrire sa propre histoire, dont il a rendu le rêve possible pour des joueurs comme moi, dont il s’est comporté chaque jour de sa carrière… C’est spécial. »

Gallagher représentait non seulement une figure de vétéran chez le CH, mais aussi un modèle d’ardeur au travail et d’intensité.

« [Il m’a appris] que tu pouvais foncer tête première partout, a lancé Juraj Slafkovsky. Il ne pense pas à lui, mais plutôt à l’équipe. Il est l’un des meilleurs gars avec qui j’ai pu jouer. »

Caufield et Slafkovsky ne côtoieront plus Gallagher au quotidien, mais le principal intéressé garde une trace ineffaçable de ses années avec eux et le reste du groupe.

« J’ai beaucoup d’amour pour les coéquipiers que j’ai eus au fil des années et pour la ville de Montréal, a conclu Gallagher. J’aurai été chanceux de vivre ça.

« Montréal restera ma maison. »