Freddie Andersen badge Chaumont

RALEIGH, Caroline du Nord – L’image de Claude Lemieux qui entre avec le flambeau au Centre Bell avant le troisième match de la finale de l’Est entre les Hurricanes de la Caroline et les Canadiens de Montréal restera tristement l’un des derniers souvenirs de cette légende du hockey. 

Quand Lemieux, vêtu de son chandail numéro 32 du CH, a marché tranquillement à l’intérieur de l’édifice et qu’il a levé avec son bras droit la torche, Frederik Andersen se préparait dans le vestiaire de l’équipe adverse. 

Le gardien des Hurricanes n’a donc pas vu en direct son agent de longue date enflammer le public montréalais. Mais il savait depuis déjà un certain temps qu’il allait le faire. 

« Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu la chance de le voir de mes propres yeux puisque les joueurs n’étaient pas encore sur la glace, a raconté Andersen. Je peux toutefois vous partager une anecdote. Claude m’avait téléphoné pour m’avertir que les Canadiens lui avaient proposé d’agir comme porteur de la flamme pour le troisième match de la finale de l’Est. Avant d’offrir sa réponse aux Canadiens, il voulait obtenir ma permission de le faire. Je lui avais répondu sans aucune hésitation qu’il devait dire oui. Il recevait cet honneur de la part de l’une des plus grandes équipes dans l’histoire de notre sport. Mais juste de réaliser qu’il cherchait à recevoir ma bénédiction avant d’accepter l’invitation, ça illustre la personne qu’était Claude. Il pensait toujours à ses proches. »

Andersen parle de son ami et mentor au passé. Trois jours après son passage à Montréal, Claude Lemieux s’est enlevé la vie. Il avait 60 ans. 

Au lendemain de cet incident tragique, Andersen et les Hurricanes ont décroché leur billet pour la finale de la Coupe Stanley en éliminant le CH en cinq matchs. Le portier danois a bloqué 23 tirs dans un gain facile de 6-1 lors du dernier match de cette série. 

Au son de la sirène finale, Andersen a reçu les accolades de tous ses coéquipiers. 

« Je me souviendrai toujours de ce câlin avec Freddy après le match, a dit l’ailier Jordan Martinook. Je garderai toujours en tête la façon dont il a réussi à jouer, la façon dont il s'est tenu et s’est comporté dans un moment de deuil. »

À la veille du premier match de la finale entre les Hurricanes et les Golden Knights de Vegas, Andersen a décrit l’élan de solidarité reçu par toute l’organisation lors des derniers jours. 

« C’est spécial, mais ce n’est pas facile, a murmuré le gardien de 36 ans. Nous traversons tous des épreuves dans la vie. Parfois, c’est impossible de ne pas faire entrer nos épreuves à l’intérieur du vestiaire. Nous avons eu des gars qui ont eu à s’absenter pour la naissance d’un enfant. Une naissance reste à l’opposé du spectre des sentiments vécus dernièrement de mon côté. Mais dans la joie et dans la tristesse, nous restons un groupe uni et solidaire. Nous pouvons toujours compter sur l’appui de nos coéquipiers. »

Depuis le début des séries, Andersen est l’un des grands artisans des succès des Hurricanes avec un dossier de 12-1, une moyenne de buts alloués de 1,41 et un taux d’efficacité de ,931. Il a aussi signé trois blanchissages.

Bien au-delà des chiffres, Andersen se réjouit de participer pour une première fois à la finale de la Coupe Stanley. Un moment qu’il aurait aimé partager avec Lemieux, un gagnant de la Coupe à quatre reprises (1986 avec les Canadiens, 1995 et 2000 avec les Devils du New Jersey et 1996 avec l’Avalanche du Colorado). 

« Ce sera difficile de ne pas penser à Claude pendant la finale, a mentionné Andersen. Je voulais toujours l’entendre parler de ses histoires en finale. Il m’a raconté tellement d’anecdotes différentes. Mais ce n’est pas juste à propos de moi. Dans notre vestiaire, plusieurs joueurs n’ont jamais gagné la Coupe Stanley. Nous voudrions partager ce moment magique comme équipe. Nous formons un groupe spécial. Nous jouons les uns pour les autres. »​

Deux anciens des Maple Leafs

Andersen jouera cette finale contre Mitch Marner, l’un de ses bons amis à ses jours avec les Maple Leafs de Toronto. 

« Mitch a toujours été une personne attachante, a affirmé Andersen. J’ai toujours aimé passer du temps avec lui. Je ne veux pas trop m'étendre là-dessus, mais je repense à des moments passés en dehors de la glace, du vestiaire et tout le reste. J’ai passé cinq belles saisons avec lui à Toronto. »

« J’ai plusieurs souvenirs qui me reviennent à l’esprit en pensant à Freddy, a renchéri Marner. À mes débuts dans la LNH, il était l’un des gars qui m’ont accueilli. Il m’invitait à souper avec lui autant à la maison que sur la route. Après les matchs, j’aimais aussi passer du temps avec lui pour parler de hockey. Il m’a vraiment aidé à mes premiers pas. »

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