MILAN – Tomas Plekanec n’a pas changé. Il protège encore son cou avec un survêtement. Mais il n’a plus son équipement de joueur.
Plekanec vit pour une troisième fois l’aventure des Jeux olympiques, mais pour une première fois dans un rôle d’entraîneur. À Milan, l’ancien des Canadiens de Montréal restera derrière le banc de la Tchéquie en tant qu'adjoint à l’entraîneur Radim Rulik.
« C’est toujours un sentiment unique de participer aux Jeux olympiques », a raconté Plekanec après un entraînement de la Tchéquie sur la glace du Santagiulia Arena. « Je dirais que ce tournoi olympique est encore plus particulier avec le retour des joueurs de la LNH. »
À la dernière participation des joueurs de la LNH à Sotchi en 2014, Plekanec portait le « C » de capitaine sur son chandail. À Vancouver en 2010, il était l’un des centres de la formation tchèque qui comptait sur Jaromir Jagr et Patrik Elias.
« Je découvre une autre facette du hockey, celle du métier d’entraîneur, a-t-il affirmé. C’est une position différente. J’ai d’autres responsabilités qu’à mon époque comme joueur. Mais ça reste des Jeux olympiques. Je prends ça à cœur. Je veux aider mon pays. »
Plekanec a toujours démontré une grande fidélité envers son équipe nationale. En plus de ses deux participations aux JO, il a défendu les couleurs de son pays à 11 reprises au Championnat du monde.
« Nous n’avons jamais eu la chance de nous rendre jusqu’en finale de la Coupe Stanley à mes jours avec les Canadiens, a dit Plekanec. J’ai donc eu l’occasion de représenter la Tchéquie assez souvent pour le Championnat du monde. J’aime jouer au hockey. Je disais toujours oui quand je recevais l’invitation. Je n’avais aucune raison de refuser. »
Plekanec n’a pas juste le logo de son pays tatoué sur son cœur, il a aussi celui des Canadiens. Il a joué 984 de ses 1001 matchs dans la LNH avec le CH.
En 15 saisons à Montréal, il a donc côtoyé Claude Julien et Michel Therrien pour deux séjours différents, mais aussi Bob Gainey, Guy Carbonneau, Jacques Martin et Randy Cunneyworth. Et pour son très court passage de 17 matchs avec les Maple Leafs de Toronto à la fin de la saison 2017-2018, Mike Babcock était le maître à bord.
Quand on lui demande ce qu’il a soutiré de ses anciens entraîneurs, Plekanec sourit pour quelques secondes avant d’y aller d’une réponse classique.
« Les joueurs me décriront mieux », a répliqué l’ancien numéro 14. « Mais je vais vous offrir un cliché. J’ai pris des aspects de chacun de mes entraîneurs. J’ai gardé les bons côtés d’un Michel Therrien ou d’un Claude Julien par exemple. »
Karel Vejmelka, l’un des trois gardiens tchèques à Milan, a croisé Plekanec sur son chemin bien avant l’aventure olympique. Les deux joueurs ont partagé le même vestiaire pour deux saisons en 2018-2019 et 2019-2020 avec le HC Kometa de Brno dans l’Extraliga tchèque.
« Je le connais depuis très longtemps, a rappelé Vejmelka. J’ai joué avec lui en Tchéquie et j’ai maintenant la chance de le retrouver comme entraîneur. Il est une personne géniale et il était tout un joueur. Je dirais qu’il est une légende pour notre pays.
« Il a une influence importante au sein de notre équipe grâce à son expérience. Il a son mot à dire sur notre jeu en infériorité numérique et il guide aussi nos centres pour les mises en jeu. »
Vejmelka l’a décrit comme un adjoint près de ses joueurs.
« Je ne dirais pas qu’il est dur avec les joueurs, a-t-il poursuivi. Il reste toujours sympathique, mais il passe ses messages. S’il doit hurler après un joueur, il le fera. Je dis ça, mais je ne me souviens pas s’il l’a fait une seule fois. Il n’a pas trop de raisons de crier après un gars. »
La Tchéquie jouera son premier match du tournoi olympique jeudi contre le Canada (10 h 40 HE; ICI Télé, TOU.TV, RDS2).



















