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MILAN – Il y a quatre ans, Juraj Slafkovsky écrivait un scénario de rêve aux Jeux olympiques de Pékin avec une médaille de bronze pour la Slovaquie et un titre de joueur le plus utile du tournoi.

Auteur de sept buts en sept matchs, Slafkovsky avait transporté l’attaque de son équipe sur ses jeunes épaules. Il n’avait que 17 ans à sa première expérience aux Jeux olympiques. Les broches qu’ils portaient toujours sur ses dents trahissaient son âge.

Aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, Slafkovsky restera un joueur clé pour la Slovaquie. Mais le contexte ne sera pas le même. À Pékin, les joueurs de la LNH n’y étaient pas.

« C’est un tournoi différent ici avec la présence des meilleurs joueurs au monde », a rappelé Slafkovsky à sa sortie d’un entraînement lundi sur la patinoire secondaire du Santagiulia Arena. « Je voudrai simplement offrir mon meilleur rendement. Je chercherai à aider mon équipe et à être la meilleure version de moi-même. J’espère aider l’équipe à gagner plusieurs matchs. »

Encerclé par une dizaine de journalistes de son pays natal dans la zone mixte, Slafkovsky a franchi quelques pas de plus vers sa droite pour ensuite s’entretenir avec des scribes qu’il côtoie régulièrement dans le vestiaire du CH à Montréal.

Questionné sur la pression qu’il peut ressentir en provenance de la Slovaquie, le numéro 20 a utilisé son sens de l’humour habituel pour contourner le sujet.

« C’est une bonne chose que la Slovaquie soit un petit pays, a-t-il dit en riant. Je n’ai pas l’attention d’un immense pays comme le Canada. Mais j’aime ça. Je rêvais de ça quand j’étais un enfant. Je veux m’amuser. J’aime ça. »

« J’espère que les autres équipes ne se concentreront pas sur moi, a-t-il poursuivi. Mais je sens que si je veux être celui qui fait la différence sur la glace, j’aurai besoin de jouer contre les meilleurs trios et meilleurs défenseurs des autres équipes. Je chercherai à leur compliquer la vie et à marquer des buts. »

Slafkovsky et la Slovaquie ouvriront le tournoi olympique chez les hommes en affrontant la Finlande mercredi au Santagiulia Arena.

Pour faire trembler des puissances comme la Finlande et la Suède au sein du groupe B lors du tour préliminaire, Vladimir Orszagh misera sur du jeu collectif.

« Les Jeux olympiques ne seront pas l’histoire d’un seul joueur », a dit l’entraîneur en chef de la formation slovaque à la veille du premier match. « Juraj est un ailier dominant dans la LNH et un premier choix au total. Il a connu un tournoi génial à Pékin en marquant plusieurs buts. Mais c’est une autre histoire à Milan. Nous aurons encore une fois besoin de lui. Il sera important pour notre équipe sur la glace, mais aussi à l’intérieur du vestiaire. »

« Les regards se tourneront vers Juraj, mais il ne sera pas seul, a-t-il enchaîné. Nous ne pouvons pas miser sur un seul joueur. Il ne faut pas oublier qu’il reste un jeune joueur à 21 ans. Nous devons réaliser qu’il jouera contre les meilleurs défenseurs au monde. Les autres équipes le surveilleront, elles savent qu’il sera une menace. »

Invité dans un rôle de consultant en Italie, Craig Ramsay avait vécu de près le parcours féérique de Slafkovsky à Pékin. L’homme aujourd’hui âgé de 74 ans était derrière le banc des Slovaques lors des derniers JO.

« Il sera un joueur clé pour nous encore une fois, a affirmé Ramsay mardi matin. Il le sait aussi. S’il utilise sa rapidité et son physique imposant, il trouvera des façons pour se démarquer. Nous avons aussi de bons joueurs pour lui donner la rondelle. J’aimerais le voir décocher plus de tirs. Il ne doit pas toujours penser à la passe incroyable entre les patins de deux défenseurs. »

Depuis le repêchage de 2022 où le CH a choisi Slafkovsky comme premier de classe, Ramsay a toujours cru que le jeune homme était pour s’établir comme un ailier dominant. À sa quatrième saison à Montréal, le numéro 20 se rapproche de ce statut avec 45 points (21 buts, 24 passes) en 57 matchs.

« Je perçois une amélioration dans le jeu de Slaf d’une année à l’autre, a affirmé Ramsay. Il a maintenant confiance en lui. Il marque des buts et il s’élève maintenant au rang d’un joueur important à Montréal. Je suis tellement heureux pour lui. Je sais qu’il aime son rôle avec les Canadiens. Mais il me dit toujours qu’il veut en faire encore plus. C’est le signe d’un bon joueur. Il n’est jamais satisfait.

« Je connais la LNH. J’ai œuvré dans cette ligue pour plusieurs années. Ce ne sont pas tous les joueurs qui peuvent dominer dès le départ. Quand tu es un premier choix, les gens s’attendent toujours à voir une grande étoile. Mais ça prend du temps pour la grande majorité des choix hâtifs. C’était le cas avec Slaf. »