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MILAN – C’est un colis rempli de lettres d’appui et de mots de soutien, fort probablement préparé par son épouse, qui attendait Brock Nelson au village olympique, dont des lettres envoyées par des membres de sa famille.

À l’intérieur, il y avait deux lettres qui avaient une valeur toute particulière pour l’attaquant de l’Équipe des États-Unis : celles de son grand-père et de son oncle.

Bill Christian, le grand-père de Nelson, aujourd’hui âgé de 88 ans, était attaquant avec l’équipe américaine qui a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 1960 en Californie.

Dave Christian, l’oncle de Nelson, aujourd’hui âgé de 66 ans, faisait partie de l’équipe du « Miracle sur glace » qui a gagné l’or aux Jeux olympiques de 1980 à Lake Placid.

Le père et le fils ont ainsi fait partie des deux dernières équipes américaines à avoir remporté l’or olympique.

Nelson a maintenant la chance de se joindre à eux si les États-Unis parviennent à accomplir leur mission aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026.

Les États-Unis disputeront leur premier match du tournoi contre la Lettonie jeudi au Santagiulia Arena (15 h HE; ICI Télé, TOU.TV).

« C’est spécial, c’est certain, a dit l’attaquant de l’Avalanche du Colorado. J’ai reçu quelques lettres de membres de ma famille, dont mon grand-père, mon oncle, ma femme. Tout le monde m’a envoyé des messages. Mais d’avoir ce lien avec eux et avec ce qu’ils ont accompli avant moi, ça signifie énormément.

« Chaque fois que tu représentes ton pays, c’est un honneur incroyable. Et de penser qu’en plus, c’est aux Jeux olympiques, c’est vraiment spécial d’avoir cette chance. Ça me donne des frissons, la chair de poule et beaucoup d’émotions. »

La lignée médaillée du joueur de 34 ans remonte à 1956, lorsque son grand-oncle Gordon Christian a remporté la médaille d’argent aux Jeux olympiques – ironiquement, à Cortina d’Ampezzo.

Un autre de ses grands-oncles, Roger Christian, faisait aussi partie de l’équipe de 1960.

« Vous savez, c’est incroyable, a confié Dave Christian à LNH.com. C’est surréaliste. Quand on regarde les différents scénarios et qu’on y pense, on peut remonter à un oncle qui a joué en 1956 à Cortina et remporté l’argent. D’une certaine façon, on boucle la boucle avec le tournoi de hockey dont Milano Cortina est l’hôte.

« On est tellement heureux pour Brock. […] On est ravis qu’il ait son moment et qu’il puisse vivre l’expérience à sa façon. »

Nelson a représenté les États-Unis lors de la Confrontation des 4 nations il y a un an. Dès qu’il a appris qu’il faisait partie de cette équipe, il a appelé son grand-père, et l’émotion était palpable des deux côtés de la ligne.

Nelson est même devenu émotif lorsqu’il a raconté les détails de cette conversation dans une entrevue accordée à LNH.com en janvier 2025.

Et dès qu’il a appris qu’il faisait partie de l’équipe olympique, il a de nouveau appelé son grand-père. Encore une fois, l’émotion était au rendez-vous!

« La conversation a été assez similaire, a dit Nelson. Un appel très spécial. Il a toujours été mon plus grand partisan, depuis que je suis tout petit. Je me souviens de patiner avec lui sur la rivière près de chez nous et à l’aréna de Warroad (au Minnesota). À la maternelle, j’avais des demi-journées, et il m’emmenait là-bas pour patiner. C’est comme ça que j’ai appris à aimer le hockey. C’est vraiment spécial.

« Il n’y a jamais eu de pression de sa part pour que je sois ici. Il m’a toujours soutenu, depuis le hockey mineur, et il continue encore aujourd’hui. Il regarde tous les matchs. C’est un modèle incroyable pour moi. »

L’entraîneur-chef des États-Unis Mike Sullivan a indiqué qu’il connaissait bien l’histoire familiale, mais il a tenu à préciser que cela n’avait rien à voir avec la sélection de Nelson au sein de l’équipe olympique.

Nelson a été choisi parce qu’il a 29 buts au compteur cette saison, ce qui le place au troisième rang parmi les joueurs du contingent américain. Il est là en raison de sa polyvalence : il peut évoluer comme joueur de centre ou à l’aile, sur le jeu de puissance comme en infériorité numérique.

« Brock Nelson a été sélectionné pour faire partie de ces deux équipes parce que c’est un excellent joueur, qu’il le mérite et qu’il a gagné son poste grâce à ses performances et l’ensemble de son parcours », a affirmé Sullivan. « L’histoire familiale est formidable et elle ajoute à l’héritage que Brock s’est bâti jusqu’ici.

« Avoir la chance de participer à des événements internationaux de cette ampleur est un privilège incroyable, et la lignée familiale de Brock ajoute à tout cela. »

Nelson a indiqué que son grand-père ne pourra pas se rendre aux Jeux olympiques en raison de son âge. Il regardera plutôt les matchs depuis sa maison de Warroad.

Dave Christian doit arriver à Milan samedi et restera jusqu’au match pour la médaille d’or, le 22 février.

Il passera du temps avec Brock, son épouse Kayley et leurs quatre enfants âgés de 7, 6, 4 et 3 ans, qui ont tous fait le voyage. Il a toutefois déjà transmis quelques mots de sagesse à son neveu au sujet de l’expérience olympique, lettre qu’il a mise dans le paquet qui a été livré à Nelson au village des athlètes.

« Je lui ai simplement dit : “On est avec toi. C’est ton moment. C’est ton heure. On t’encourage, Brock, et on encourage aussi tes coéquipiers. Profite de l’expérience. Peu importe le moment ou la situation, tu dois rester présent. C’est ce conseil que je lui ai offert », a raconté Christian.

En plus des lettres, le colis contenait aussi des photos, dont une vieille image de Nelson, âgé de 9 ou 10 ans, portant la médaille d’or de son oncle autour du cou.

Nelson se souvient très bien de ce moment. C’était à peu près à l’époque où le film Miracle est sorti, et où il a commencé à mieux comprendre l’héritage olympique de sa famille.

Avant cela, ils étaient simplement son grand-père et son oncle.

« J’ai eu la chance de grandir dans l’environnement où j’ai grandi, et je ne les voyais que comme des membres de ma famille, a expliqué Nelson. Quand tu vois les médailles, tu réalises à quel point c’est spécial, et encore plus quand tu sais que c’est le seul duo père-fils à avoir gagné l’or avec l’équipe américaine. C’est vraiment incroyable et très émouvant.

« Et maintenant, d’avoir la possibilité de vivre la même chose, ça me donne des frissons. »

Bill et Dave Christian partagent ces émotions. Ils comprennent le chemin qui attend Nelson et les États-Unis, le défi à relever, ainsi que le poids physique et émotionnel qu’impose la conquête d’une médaille d’or.

Et si ça devait se produire, si le petit-fils et neveu porteur de cet héritage exceptionnel devait monter sur la plus haute marche du podium à Milan, alors on peut s’imaginer à quel point il y aurait de l’émotion et de la fierté dans la famille.

« Ce serait un scénario de rêve, au-delà de tout ce qu’on pourrait imaginer, a conclu Dave Christian. On aurait la chance de lui dire : “Hé Brock, bienvenue dans le club!”

« Ce serait incroyable. Phénoménal! »

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