McDavid main

Connor McDavid connait une saison historique. Le joueur de centre de 26 ans des Oilers d'Edmonton cumule 148 points (62 buts, 86 passes) en 79 matchs, le plus haut total dans la LNH depuis que Jaromir Jagr a inscrit 149 points avec les Penguins de Pittsburgh lors de la saison 1995-96. Avec cette campagne remarquable qui tire à sa fin et les séries éliminatoires de la Coupe Stanley qui s'amorcent le 17 avril, le visage des Oilers et de la LNH s'est entretenu avec le journaliste de NHL.com Mike Zeisberger à Edmonton, et on a pu le découvrir sous toutes ses facettes.

Dans la première de trois parties de cette entrevue exclusive avec McDavid, il nous parle de l'héritage qu'il est en train de bâtir ainsi que de son rôle sur la glace et comme coéquipier.
EDMONTON- Quel héritage Connor McDavid veut-il laisser derrière lui lorsque sa carrière sera terminée?
Le capitaine des Oilers d'Edmonton sourit en entendant la question. Assis au beau milieu du vestiaire vide des Oilers, n'ayant même pas encore atteint les meilleures années de sa carrière à l'âge de 26 ans, il entend son nom être prononcé dans la même phrase que ceux des grands de l'histoire du hockey. Les Bobby Orr, Mario Lemieux et Wayne Gretzky - la statue de ce dernier se dressant majestueusement à l'extérieur de ces murs devant le Rogers Place.
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Ne vous méprenez pas. McDavid aspire à faire partie de ces légendes un jour, à devenir un immortel du hockey comme eux. Sauf que ce jour n'est pas encore arrivé. Et il n'est même pas proche, selon lui.
« Ultimement, je veux que mon nom entre dans les livres d'histoire du hockey et qu'il soit aux côtés des grands de l'histoire », a déclaré McDavid à LNH.com. « Avec ceux de "Gretz", de Mario et de Bobby. Il y en a d'autres que je n'ai pas nommés. Mais c'est certainement ce que je souhaite. »
Pour que ça se produise, McDavid croit qu'il a besoin de succès collectifs. Selon lui, afficher des statistiques mirobolantes n'est pas suffisant pour faire partie des grands.
« Le plus beau compliment que l'on peut recevoir est d'être perçu comme un gagnant, non? », demande-t-il. « Regardez Sidney Crosby, Jonathan Toews, Gretz et tous ces joueurs-là. Ce sont des gagnants.
« Tu dois être un gagnant pour te retrouver là-haut avec les meilleurs des meilleurs, et ultimement, comme je l'ai dit, c'est là où je veux être. »
McDavid et les Oilers ne se sont jamais rendus plus loin que la finale de l'Association de l'Ouest, la saison dernière, où ils ont été balayés par l'Avalanche du Colorado, qui a ensuite remporté la Coupe Stanley.
Cette saison semble la plus prometteuse. Tous les espoirs sont permis dans l'Association de l'Ouest cette année, et l'édition 2023 des Oilers est la meilleure équipe au sein de laquelle McDavid a évolué depuis qu'il a été repêché au premier rang total en 2015. Les Oilers ont récolté au moins un point dans 12 rencontres consécutives (11-0-1) à l'approche de leur duel contre les Sharks de San Jose samedi (16 h HE; SNW, NBCSCA, ESPN+, SN NOW). Les Oilers ont trois points de moins que les Golden Knights de Vegas, qui occupent le premier rang de la section Pacifique et de l'Association de l'Ouest.
Peuvent-ils aller jusqu'au bout?
« Nous avons tous les outils, a-t-il répondu. C'est à nous de jouer. »
Voici la première partie de notre entretien avec McDavid :
Entends-tu tout ce qui se dit à ton sujet à l'extérieur, à quel point tu fais partie de l'élite? Es-tu courant que certains avancent que tu as déjà ta place sur le mont Rushmore du hockey avec Orr, Gretzky et Lemieux?
« (Rires) Oui, j'entends ces choses-là. Mais normalement, je n'en parle pas. Mais je ne suis pas naïf par rapport à ce qui se dit. Je ne suis pas naïf par rapport à où je me situe dans l'histoire du hockey. C'est quelque chose dont je suis conscient. Mais ce n'est pas ce que je recherche en ce moment. Les buts, les points... Toutes ces choses-là sont plaisantes, mais ce qui est vraiment important est que nous visons quelque chose de plus important qu'une seule personne ou un honneur individuel. »

McDavid Gretzky

Qu'est-ce qui te permet de garder les pieds sur terre au milieu de tous ces éloges?
« Je dois limiter ce que je prends dans toutes les très belles choses qu'on dit à mon sujet, au même titre que je dois limiter ce que je prends à propos des mauvaises choses qu'on dit de moi. Tu ne veux pas vivre la montagne russe de hauts et de bas au cours d'une saison ou durant une carrière. Je suis convaincu que ces choses-là ne sont pas bonnes pour quelqu'un. Cela dit, quand les gens disent de bonnes choses, ça signifie beaucoup pour moi. Mais je trouve qu'il est plus important de demeurer concentré sur la tâche à accomplir, car ce que vous voyez sur la glace est le résultat d'encore plus de travail en coulisses. Si la qualité de ce travail diminue, le produit sur la glace va être affecté. C'est la raison pour laquelle c'est plus important pour moi. »
Tu es une machine à jeux spectaculaires. Est-ce que ça t'arrive de t'impressionner toi-même?
« Oui, de temps en temps. Je pense au but contre New York. L'expression sur mon visage après ce but en disait long.

NYR@EDM: McDavid se donne en spectacle

« Il y a des moments comme ceux-là. Parfois, tu fais des choses sur la glace et tu te dis : "Wow. C'était beau" (rires). »
Y a-t-il quelque chose que Connor McDavid ne peut pas faire sur la glace? Quel aspect de ton jeu, s'il y en a un, voudrais-tu améliorer?
« Je suis satisfait de mon jeu offensif. Je vais toujours vouloir peaufiner l'aspect défensif, comme les mises en jeu et toutes les petites choses qui rendent le jeu d'un joueur plus complet. Je trouve que j'ai fait des progrès dans cette facette. Je repense à mes premières années, et mon jeu défensif était beaucoup moins complet. Je suis plus satisfait d'où j'en suis aujourd'hui, et je vais continuer à me concentrer là-dessus. »
Leon Draisaitl et toi avez vécu les frustrations des dernières années en séries éliminatoires. Comment le fait d'avoir vécu ça ensemble vous aide-t-il et quelles leçons avez-vous tirées de l'adversité?
« Nous avons certainement tout vécu ensemble. Nous avons eu quelques parcours en séries qui étaient très amusants. Et nous avons aussi vécu des années où nous n'avons pas participé aux séries éliminatoires ou qui se sont terminées par une déception rapidement dans le tournoi. C'est quelque chose que vivent beaucoup d'équipes. Vivre tout ça avec une personne comme Leon, qui est un ami proche, rendra tout ça encore plus spécial quand nous atteindrons l'objectif ultime. »

McDavid Draisaitl

Draisaitl a marqué 50 buts à trois reprises et franchi le plateau des 100 points quatre fois. Crois-tu qu'il obtient le respect qu'il mérite à travers la Ligue et de la part des observateurs? Achètes-tu la théorie selon laquelle tu lui fais de l'ombre pour les votes au trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe?
« Quand on parle du Hart, je ne comprends pas trop pourquoi deux joueurs qui jouent ensemble se feraient de l'ombre. Je trouve que ce que Leon accomplit chaque année est exceptionnel. Qui d'autre inscrit 50 buts et 100 points chaque année dans la Ligue? C'est assez spécial. Honnêtement, je ne trouve pas qu'on lui attribue suffisamment de mérite. Il me rend tellement meilleur. Il rend tous les joueurs autour de lui meilleurs. Il est un joueur spécial. »