TAMPA – Martin St-Louis aime répéter qu’il n’existe pas d’interrupteur magique pour faire la transition entre la saison et les séries éliminatoires. C’est sa façon colorée de dire que ses joueurs doivent jouer de la même façon, qu’importe la période de l’année.
Or, Josh Anderson semble avoir découvert le pot aux roses. Une fois de plus.
C’est probablement la raison pour laquelle il ne tique pas quand on le questionne au sujet du « Josh des séries ». Parce qu’il y a sans aucun doute une distinction entre les deux versions du grand étalon.
« Vous savez, c’est le moment de jouer le tout pour le tout », a lancé Anderson après la victoire de 3-2 des siens dans le cinquième match face au Lightning, mercredi. « On a tous un but depuis qu’on est tout jeune. On essaie de tout faire pour accomplir ce but en donnant tout ce qu’on peut à chaque match.
« Je laisse tout ce que j’ai sur la glace et… j’imagine ce que ce serait de gagner. »
Le Tricolore a encore beaucoup de pain sur la planche pour atteindre le but ultime, mais il s’est donné une chance de franchir la première étape en prenant une avance de 3-2 dans la série. Il aura une première occasion de disposer du Lightning devant ses partisans au Centre Bell, vendredi.
Et s’il en est là, dans cette position avantageuse, c’est en partie grâce au travail d’Anderson. Il a été la bougie d’allumage des siens en marquant dans les deux premiers matchs, et il se donne des airs de train grande vitesse, le reste du temps : il a distribué 21 mises en échec en cinq matchs.
Il fallait un peu s’y attendre. Anderson parvient à passer en deuxième vitesse en séries depuis le début de sa carrière – il l’avait d’ailleurs fait contre les Capitals de Washington, au printemps dernier. Le duel qu’il avait livré à Tom Wilson, notamment, a marqué les esprits.
« Je crois que c’est la pression externe (qui a cet effet sur son jeu), a tenté d’expliquer St-Louis. Les émotions des séries l’aident beaucoup. Durant l’année, tu vas voir cette version-là d’Andy, mais c’est impossible de l’avoir pendant 82 matchs. Il faut comprendre ça comme partisan, et aussi comme entraîneur.
« Il faut toujours essayer de le tenir près de cette version. Durant les séries, il t’en donne plus qu’en saison. Le contexte l’aide à jouer dans son ADN. Il est un joueur très important pour nous. »
Ce n’est pas un hasard si le pilote l’a promu sur le premier trio, mercredi, dans l’espoir d’allumer un feu en Nick Suzuki et Cole Caufield – plutôt discrets depuis le début de la série. La production se fait encore attendre, mais la seule présence d’Anderson a tenu les défenseurs du Lightning sur les talons.
« J’ai simplement tenté de ne rien changer, pour être honnête, a-t-il dit au sujet de son nouveau rôle. Je me suis collé sur ce que je sais faire de mieux. J’étais intense sur l’échec avant, je voulais leur créer de l’espace et leur remettre la rondelle le plus souvent possible avant de me stationner devant le filet. »
St-Louis a dit, quelque part cette saison, que son attaquant de puissance était à son mieux quand il était toujours à la limite du hors-jeu, quand il est prêt à exploser et qu’il veut être le premier sur la rondelle. C’est pas mal ce qu’on voit depuis maintenant près de deux semaines.
On voit un Josh Anderson qui s’amuse. Un « Josh des séries ».
« J’ai beaucoup de plaisir, a-t-il conclu. Nous avons tout un groupe. On veut gagner à Montréal. C’est la meilleure ville, la meilleure équipe pour laquelle tu peux jouer. Je rêve d’accomplir ça avec cette équipe. »





















