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Connor McDavid connaît une saison historique. Le joueur de centre de 26 ans des Oilers d'Edmonton cumule 151 points (64 buts, 87 passes) en 80 matchs, le plus haut total dans la LNH depuis que Mario Lemieux a inscrit 160 points avec les Penguins de Pittsburgh lors de la saison 1995-96. Avec cette campagne remarquable qui tire à sa fin et les séries éliminatoires de la Coupe Stanley qui s'amorcent le 17 avril, le visage des Oilers et de la LNH s'est entretenu avec le journaliste de NHL.com Mike Zeisberger à Edmonton, et on a pu le découvrir sous toutes ses facettes.
Dans cette troisième et dernière partie de cette entrevue exclusive avec McDavid, nous revenons sur son parcours, du moment où il était sous les projecteurs du monde du hockey du sud de l'Ontario même s'il n'était qu'un enfant, de la façon dont il a dû gérer la pression lorsqu'il se faisait appeler « Le prochain » et de son retour en force après avoir subi une importante blessure au genou afin de devenir le visage de la LNH.
EDMONTON - Connor McDavid comprend très bien ce que vit Connor Bedard.
Il n'y a pas si longtemps, c'est son nom qui était sur toutes les lèvres de la planète hockey.

Tout comme Bedard, qui semble assuré d'être le premier choix du repêchage de la LNH 2023, les projecteurs sont braqués sur McDavid depuis qu'il est enfant. Son nom était connu au Canada avant même de passer près de disputer une première présence dans la LNH.
À juste titre ou non, McDavid était fréquemment identifié comme le prochain Sidney Crosby avant d'être sélectionné au tout premier rang par les Oilers en 2015. Et maintenant, c'est au tour de Bedard d'être appelé le prochain Connor McDavid.
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Comment un adolescent peut-il réussir à faire face à une telle pression avant même d'être repêché dans la LNH?
« Comment ai-je réussi à gérer la pression? Vous savez, j'étais vraiment fier du fait que les gens pensaient que j'allais devenir un tel joueur », a expliqué McDavid.
L'attaquant de 26 ans a tout de même avoué qu'il y avait un élément d'anxiété qui accompagnait de telles attentes, ce que doit vivre Bedard en ce moment.
« C'était vraiment motivant parce que je ne voulais pas être un flop, a raconté McDavid. Vous savez ce que je veux dire? Tu ne veux pas être ce gars-là.
« Et honnêtement, quand on te compare à un gars de ce calibre, ça vient avec beaucoup de pression. Comment faire face à cela? Je pense que j'ai réussi en travaillant encore plus fort. Ça m'a vraiment poussé à retrousser mes manches. »
C'est la recette des succès de McDavid. Après avoir récolté 120 points en 47 matchs lors de sa dernière saison avec les Otters d'Erie de la Ligue de hockey de l'Ontario, il a vu les Oilers prononcer son nom au premier rang du repêchage. Le reste appartient à l'histoire.
Les statistiques de Bedard avec les Pats de Regina de la Ligue de hockey de l'Ouest sont tout aussi spectaculaires. L'attaquant de 17 ans a enregistré 143 points en 57 matchs cette année. La loterie du repêchage 2023, qu'on pourrait aussi appeler la Loterie Bedard, se tiendra le 8 mai.
Alors, Connor a-t-il des conseils à offrir à Connor?
« Ce qui compte, c'est d'avoir le soutien de ta famille et de tes amis, ainsi qu'être capable de t'évader, a expliqué McDavid. Et d'être toi-même, d'être un jeune. Parce qu'il est encore un jeune.
« Selon ce que je vois, il s'en sort très bien. »
McDavid est bien placé pour le savoir.
Voici la troisième partie de notre entretien avec McDavid :
Nous avons discuté de Connor Bedard et des difficultés de répondre à de telles attentes dès sa jeunesse, comme c'était le cas pour toi. Malgré cela, malgré les projecteurs qui étaient sur toi, as-tu été en mesure d'avoir une vie normale d'enfant comme celle de tes amis?
« Quand je repense à ma jeunesse, j'ai de très très beaux souvenirs. C'est parce que j'ai une famille incroyable, des parents incroyables et de très, très bons amis. Quand ton entourage est tissé serré de la sorte, ça te permet d'aisément mettre de côté tout ce qui se passe. Quand je repense à mes années dans le hockey mineur, ce sont des souvenirs incroyables. Je me souviens avoir été un enfant et d'avoir joué au hockey dans la rue ou encore sur un étang avec mon frère. Ce sont des souvenirs impérissables. »
Un de ces souvenirs implique l'ancien gardien des Maple Leafs de Toronto Curtis Joseph. Tu as joué au hockey et à la crosse avec le fils de Curtis, Tristan, quand tu étais enfant, et tu as même joué au hockey dans la grange que Curtis avait transformé en patinoire dans son ranch de King City, au nord de Toronto. À quel point as-tu pu t'inspirer de la manière dont Curtis se comportait à l'époque et est-ce que ça te suit jusqu'à aujourd'hui?
« Quand tu grandis dans la région de Toronto, la présence de la LNH est vraiment forte. Peu importe le joueur, s'il joue avec les Leafs, il devient un héros pour les jeunes, et c'est encore le cas aujourd'hui. Mais il y a tellement de joueurs originaires de Toronto un peu partout dans la LNH qui reviennent en ville l'été. Je me souviens que lorsque j'avais 10, 11, 12 ans, je côtoyais souvent des gars de la LNH. Des moments avec des joueurs, j'en ai eu plusieurs. Je pense que ça m'a beaucoup aidé. J'ai pu voir la manière dont "Cujo" se comportait quand il était à la patinoire, comment son gars jouait, comment il agissait avec les partisans, mais aussi comment il réussissait à se créer des moments uniquement pour lui. Et il était toujours très gentil avec les gens, donc ça te donne une idée de comment te comporter avec les amateurs et toutes ces choses. »

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Lors d'une entrevue que nous avions faite à Erie en 2015, tu disais que ce serait un rêve d'un jour évoluer pour les Maple Leafs. Ce sont finalement les Oilers qui t'ont repêché, et tu as répété fréquemment depuis que tu aimes jouer à Edmonton et que la ville t'a toujours bien traité. Est-ce encore spécial de revenir au Scotiabank Arena pour y jouer? As-tu ressenti l'énergie de la foule le 11 mars lorsque, pour la première fois, tu as joué un match à Toronto devant un aréna rempli, un samedi soir dans le cadre de Hockey Night in Canada?
« Je pouvais la ressentir un peu. C'est amusant de jouer à Toronto. Bien évidemment, je suis un peu biaisé. Je suis de Toronto. Mais je considère que Toronto, c'est un peu la Mecque du hockey, en raison de tous les médias et les partisans, mais aussi de l'historique des Leafs. »
Lorsque tu n'es pas en train de jouer ou de pratiquer, quels joueurs ou équipes aimes-tu regarder?
« J'aime davantage regarder des joueurs à l'œuvre que des équipes. Donc, j'aime regarder Pittsburgh pour des raisons évidentes. Et je vais probablement me retrouver dans le trouble si je dis cela (rires), mais j'aime regarder les matchs des Leafs parce qu'ils sont bourrés de talent. C'est mon top-2. »
Quand as-tu réalisé que tu étais devenu le centre de l'attention des gens autour de toi en raison de ta célébrité?
« Je ne m'en suis jamais vraiment aperçu, ou du moins pas tant que ça, jusqu'à ce que j'arrive à Edmonton. C'est un marché de hockey complètement fou et passionné. Les amateurs adorent les Oilers et leurs joueurs, et c'est la première fois que j'ai eu ce sentiment. C'est un endroit incroyable pour jouer au hockey. »

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Le 6 avril 2019, tu as subi plusieurs déchirures autour de ton genou en plus d'une fracture du tibia lorsque tu es entré en collision avec le filet lors d'un match contre les Flames de Calgary. Plusieurs spécialistes ont recommandé de te faire opérer, mais tu as plutôt opté pour la réadaptation physique. Quatre ans plus tard, arrives-tu à croire que tu es en mesure de jouer à un niveau aussi élevé.
« Je vais être honnête, c'était une période où j'ai eu vraiment peur. Pensez-y. Vous avez 22 ans et on vous donne plein d'avis divergents à propos de votre genou. J'ai fini par choisir une avenue, mais il y a eu des hauts et des bas en chemin. Nous avons passé beaucoup d'examens d'imagerie par résonance magnétique, et on nous a souvent conseillé d'opter pour la chirurgie. Mais je trouvais qu'une opération, c'était risqué. Quand tu passes sous le bistouri, tu ne sais jamais comment ça va se passer, en particulier quand on parle d'un genou et de cette blessure en particulier. C'était une époque inquiétante. J'ai été chanceux d'avoir le soutien des gens avec qui je travaillais comme (mon spécialiste des tissus mous et chiropraticien) Mark Lindsay et (mon chiropraticien du sport et physiothérapeute) Mike Prebeg.
« Mike a été là dès le début pour travailler sur mon genou. Je me souviens qu'il a intégré l'équipe tôt dans le processus alors que je ne pouvais même pas marcher ou travailler sur mes quadriceps afin qu'ils ne s'atrophient pas trop. Il a été incroyable. Mark aussi. Merci (au propriétaire des Oilers) Daryl Katz et toute la famille Katz, qui m'ont permis de rencontrer tous ces spécialistes. Et à mon agent Jeff Jackson, bien sûr. Je suis vraiment chanceux d'avoir eu tout ce soutien et je ne serais pas passé à travers sans l'apport de tous ces gens. »
Et depuis, les choses vont beaucoup mieux, autant ton jeu que celui de ton équipe?
« Assurément. Et j'espère que ça va continuer dans cette direction. »