TAMPA – Avec la façon dont son équipe avait échappé le quatrième match de la série face au Lightning de Tampa Bay, Martin St-Louis se doutait bien que ses hommes allaient avoir besoin d’une étincelle. D’une certaine infusion d’émotions après avoir laissé filer une avance de 2-0 au Centre Bell.
Le pilote des Canadiens de Montréal avait gardé la carte Brendan Gallagher dans sa manche depuis le lancement des hostilités. Dans ce contexte, il a décidé qu’il était enfin temps de l’utiliser.
« Te faire battre quand tu mènes par deux buts, ça peut un peu t’assommer émotionnellement, a expliqué l’entraîneur. Je pense qu’il pouvait apporter cet électrochoc. Ce n’est pas facile pour un vétéran d’être laissé de côté comme ça avec toute l’expérience qu’il a. Ce n’est pas facile pour un coach non plus.
« Je pense que c’était la décision à prendre. Quand tu regardes son parcours, sa carrière, tu sais ce qu’il va te donner. J’étais convaincu qu’il méritait cette opportunité-là. »
Avec du feu dans les yeux et son habituelle fougue, l’attaquant de 33 ans n’a eu besoin que de 29 secondes pour donner raison à St-Louis. Sur sa toute première présence, il a foncé au filet sur une percée d’Alex Newhook et a pelleté une rondelle errante derrière Andrei Vasilevskiy. Comme il l’a si souvent fait.
Après seulement trois minutes d’écoulées, St-Louis savait qu’il n’aurait aucun regret quant à cette décision : le Tricolore a éventuellement signé une victoire de 3-2 pour prendre une avance identique dans la série.
« Je n’ai jamais rien tenu pour acquis, a fait valoir Gallagher au podium. Je sais à quel point nous avons de la profondeur et je sais que les occasions de jouer seront limitées. Mais ça ne veut pas dire qu’elles ne viendront pas. Tu dois simplement être prêt quand elles se présentent. »
Le pugnace attaquant l’était sans aucun doute. En plus de son but, il a passé sa soirée tout près du filet adverse et s’est impliqué dans quelques mêlées après le sifflet. Il a évidemment perdu son casque pendant l’une d’elles et a été écorché au visage au passage. Un classique.
« C’est un cours de hockey à la Gallagher 101, a rigolé Kirby Dach. On sait tous quel genre de joueur il est et à quel point il fonce toujours au filet. Personne n’était vraiment surpris de le voir marquer à sa première présence. C’était bien de retrouver son énergie au banc et de pouvoir suivre son exemple sur la glace.
« Il nous traîne tous dans la bataille. C’est super qu’il soit de retour dans la formation. »
Surtout qu’à ce moment-ci de la série, Gallagher avait bien ruminé le fait d’avoir été écarté des plans à quatre occasions. Il a aussi retrouvé un sentiment bien tenace qui l’habite chaque fois qu’il met les pieds au domicile du Lightning, là où le Tricolore a vu ses chances de remporter la Coupe Stanley s’évaporer, en 2021.
Les éléments de motivation ne manquaient donc pas. St-Louis a choisi d’appuyer sur ces boutons.
« Je n’entre pas dans cet aréna sans me souvenir des émotions qui m’habitaient quand je l’ai quitté, ce soir-là, a souligné le principal intéressé. Ça va rester avec moi pour longtemps. Maintenant, j’ai la chance de revivre la guerre d'usure que sont les séries. Je sais ce que nous avons traversé pour revenir à ce point-ci. »
Impliqué malgré tout
C’est un peu ce qu’il a partagé avec ses coéquipiers dans les derniers jours, alors qu’il restait aussi impliqué avec le groupe que s’il jouait encore sur le premier trio.
« Il était évidemment frustré de ne pas jouer, mais il a été très utile pour nous tous entre les matchs, a raconté Jake Evans. Je suis très proche de lui, on covoiture souvent, et il a passé son temps à me faire part de ce qu’il pensait de la série. Il veut seulement gagner avec ce groupe.
« Il a démontré, ce soir, qu’il est un gars de séries. C’est le genre de matchs qu’il doit jouer. »
À l’autre bout du petit vestiaire des visiteurs, Josh Anderson avait le même son de cloche. Il a lui aussi louangé l’attitude de Gallagher dans les moments les plus frustrants de sa carrière.
« On a besoin de tout le monde en séries, et ceux qui ne jouent pas doivent se tenir prêts, a conclu l’attaquant de puissance. Il a investi les efforts sur la glace et à l’extérieur en attendant son moment. Ce soir, à sa première présence, il a répondu. C’est ce que Gally a toujours fait. »




















