BROSSARD – Ce n’est pas parce que la qualité de son jeu a régressé en fin de saison et en séries éliminatoires – notamment en raison d’une fracture au doigt subie dans le deuxième match face aux Capitals – que Patrik Laine a perdu la moindre dose de confiance en ses moyens.
Le bilan de fin de saison des Canadiens de Montréal a été une autre occasion de le constater.
« Je sais que plusieurs gars n’auraient pas fait aussi bien que moi dans les mêmes circonstances », a lancé l’attaquant finlandais, vendredi, quand est venu le temps de revenir sur sa campagne.
« Tu peux toujours mieux jouer, mais je suis plutôt satisfait, surtout quand tu regardes les circonstances – ce que plusieurs ne font pas quand ils te jugent. Je n’avais pas joué en un an, j’étais sur le point de prendre ma retraite et j’ai subi une blessure au genou dès mon retour. Mais je suis revenu et j’ai réussi à faire ça. »
Laine a tout de même raison de le souligner. Après une longue réflexion sur son avenir, un été d’entraînement incomplet, et malgré une blessure au genou qui lui a fait rater les deux premiers mois de la saison, il a amassé 20 buts et 33 points en 52 rencontres. Il a ajouté une aide en deux matchs éliminatoires.
Son printemps a été écourté par sa blessure à la main, qui l’empêchait de décocher des tirs convenablement. Il faut toutefois souligner que son niveau d’engagement n’était déjà plus le même à ce moment. Reste que si l’on regarde le portrait d’ensemble, l’histoire de sa première campagne à Montréal demeure plutôt positive.
« Ç’a été des montagnes russes, pour moi et pour l’équipe, a-t-il reconnu. […] Ça n’a pas été le début de saison le plus facile pour moi, avec la blessure et tout, mais mon seul objectif cette saison était de retrouver le plaisir de jouer au hockey. J’y suis assurément parvenu, même si ç’a été difficile par moments.
« J’ai tout de même profité de chaque moment. Les gens vont parler de statistiques, mais pour moi, le vrai succès de cette saison a été que j’ai été en mesure de m’amuser. Tout le reste n’était que du bonus. »
Cet aspect faisait partie du pari qu’a pris le directeur général Kent Hughes en faisant son acquisition, l’été dernier, pour les deux dernières saisons de son contrat. À moins que l’état-major décide d’emprunter une autre direction dans les prochains mois, Laine sera de retour l’an prochain.
On peut se demander ce qu’il sera en mesure d’accomplir avec un long été d’entraînement et de préparation, maintenant qu’il est en relative santé. Laine a précisé qu’il s’était bien senti tout au long de la saison et a confirmé qu’il n’aura pas besoin de passer sous le bistouri pour sa vieille blessure au genou.
« Je prendrai une semaine de congé et je serai de retour à l’entraînement, a-t-il assuré. J’aurai tout le temps nécessaire pour m’entraîner et m’améliorer. Je serai en pleine forme quand le camp s’amorcera. »
L’effet montréalais
Laine savait, en s’amenant dans la métropole québécoise, que ce marché exigeant avait le potentiel de raviver la flamme carrément éteinte en lui. Il a même affirmé qu’il avait eu des discussions avec son agent au sujet de sa retraite : « Ce n’était pas du vent, j’allais vraiment accrocher mes patins », a-t-il assuré.
Son arrivée à Montréal, et tout ce qu’il y a vécu cette saison, lui ont donné raison de s’être accroché.
« Je m’attendais à ça, a-t-il conclu. J’ai toujours aimé me retrouver dans ces situations. Je me fous de la pression ou des attentes. Je préfère ça au fait d’évoluer dans un marché où il y a moins de pression, et où les gens ne sont pas si attentifs au rendement de l’équipe.
« Cette organisation et cette ville m’ont redonné cette étincelle, cette envie de jouer au hockey. Tout le monde dans l’organisation et dans la ville a été très bon pour moi. Ça m’a aidé à traverser les moments difficiles. Ça m’a permis de garder la motivation, même quand c’était dur de se concentrer sur le processus. »


















