Mais le temps de cette finale de l’Est, le camp familial primera sur le reste.
« C’est sûr que c’est spécial un peu », a reconnu l’attaquant de 23 ans au bout du fil, vendredi. « Mon père a toujours voulu gagner la Coupe comme joueur, et il n’a pas réussi à le faire. C’est une belle opportunité. Je suis certain que c’est la même chose pour Ryan; il veut voir son grand frère connaître du succès.
« C’est bizarre parce qu’on a été repêchés par les Hurricanes, mais comme on n’est pas dans l’équipe, on a un penchant pour nos proches. Je soutiens mon père avant tout. Si je jouais contre lui, ce serait différent. »
Ce n’est pas encore le cas. Après avoir joué ses deux premiers matchs avec les Hurricanes, l’an dernier, Robidas en a joué deux autres cette saison, à la fin du mois de novembre. Et comme son équipe est toujours en vie dans la Ligue américaine, il n’est pas encore de retour dans l’entourage du grand club.
« J’espère qu’il ne lui révèle pas trop de secrets, a blagué l’entraîneur Rod Brind’Amour. J’ai beaucoup de respect pour Robs et pour Stéphane. Il a élevé un bon jeune, et on voit qu’il a exercé une influence sur le parcours de son gars. On voit que Justin a eu un bon enseignant. »
Les deux étant particulièrement occupés par leurs parcours respectifs, les discussions au sujet du choc entre Montréal et la Caroline ont été assez brèves. Reste que Justin serait plutôt bien placé pour aider son père au chapitre stratégique, s’il le voulait. Les Wolves jouent presque exactement de la même façon que les Hurricanes.
« À Chicago, on joue le ‘’Hurricanes Hockey’’, a confirmé Robidas. On est dans la face de l’adversaire, on lui donne le moins de temps et d’espace possible. En début de saison, quand on nous montre le système, on regarde beaucoup de clips des Hurricanes pour comprendre ce qu’ils font et comment ils le font.
« On n’a pas beaucoup parlé de la série encore. Les Canadiens ont gagné leurs trois matchs en saison contre eux, et ils ont encore gagné hier. Je crois qu’ils n’ont pas besoin de moi pour leur préparation! »
De toute façon, les Wolves sont probablement l’équipe que le paternel regarde le plus jouer – mis à part le CH – pendant la saison. Il rate rarement un match de fiston, même avec le rythme effréné des séries.
« La dynamique entre nous ne change pas vraiment (à cause de la série), a dit Stéphane avec le sourire. Je n’ai pas toujours la chance de voir ses matchs en direct, comme hier soir, mais je vais prendre un moment en fin de journée pour regarder ça. Il connaît un beau parcours, et je suis content pour lui et son équipe.
« Je ne sais pas ce que l’avenir réserve à Justin, mais je sais qu’il est à la bonne place dans une bonne organisation. Il n’a que de bonnes choses à dire au sujet de Rod. »
De bons mots pour Bolduc
Justin a au moins une autre raison de se réjouir des succès des Canadiens : son ancien coéquipier Zachary Bolduc pourchasse le même but que son père. Robidas a remporté le trophée Gilles-Courteau et la Coupe Memorial à ses côtés avec les Remparts de Québec, en 2023.
« Zach, c’est un gamer, a-t-il vanté. Je suis certain que ç’a été difficile pour lui d’arriver dans une nouvelle équipe, à Montréal, avec toutes les distractions. Mais je savais que les choses allaient tourner en sa faveur en séries. C’était la même chose à Québec : quand ça compte, il est là. »
Cette année-là, Bolduc avait inscrit 50 buts en saison régulière, et il en avait ajouté 11 en séries éliminatoires. Son rôle était évidemment différent de celui qu’il occupe en ce moment avec le Tricolore, mais Robidas voit la même soif de victoire chez son ami.
« Il a toujours eu ce côté compétitif, a-t-il conclu. C’est un gros bonhomme qui aime frapper et qui est fatigant sur l’échec avant. On le voit depuis le début des séries. Il est dans la face des joueurs. Il avait un autre rôle à l’époque, mais il s’impliquait quand même physiquement et n’hésitait pas à se salir le nez. »
Robidas a donc au moins deux bonnes raisons de se laisser entraîner, lui aussi, dans la vague bleu-blanc-rouge qui déferle sur le Québec. Il peut se le permettre, jusqu’à ce qu’il enfile le chandail de l’ennemi.