Carrier badge Lepage

RALEIGH – Plus les matchs passent et plus les tours se succèdent, plus l’apport de William Carrier se fait sentir chez les Hurricanes de la Caroline. Sur la glace, certes, mais aussi dans le vestiaire.

Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si le casier de l’attaquant québécois est situé entre ceux de Jackson Blake et de Logan Stankoven, deux jeunes de 22 et 23 ans qui mènent la charge dans ces séries pour la troupe de Rod Brind’Amour. 

À LIRE AUSSI : Thibault : Andersen avantagé par le repos? Pas si vite! | Le printemps de Logan Stankoven | Hurricanes: Le défi d’une longue pause, des fleurs à Hutson et Suzuki

Dans une série qui s’annonce émotive contre les Canadiens de Montréal, sa présence sera rassurante.

« Il est déjà allé jusqu’au bout », a souligné Blake, qui en est à sa deuxième saison complète dans la grande ligue. « Il a joué quelque chose comme un million de matchs en séries et il a connu beaucoup de succès. C’est bien de l’avoir dans l’équipe et d’être assis à ses côtés. Il parle toujours, il est amusant à côtoyer. Il a été très bon pour moi. »

Mine de rien, Carrier se retrouve en finale d’association pour la sixième fois de sa carrière. À 31 ans, il a aussi atteint la finale à deux occasions et remporté la Coupe Stanley à sa deuxième présence avec les Golden Knights de Vegas, en 2023. 

Malgré l’importance des matchs que les Hurricanes s’apprêtent à disputer, vous devinerez que le Montréalais est toujours en mesure de dormir sur ses deux oreilles.

« Le message que je passe aux jeunes, c’est que le parcours ne devient pas plus difficile, a relativisé Carrier. Ça demande le même effort, et tu dois jouer de la même façon. La première série est toujours la plus difficile. Après ça, tu dois te présenter à chaque présence et juste continuer. »

Ce sont de sages paroles, celles d’un joueur qui vient de passer le cap des 100 matchs en séries – celui de jeudi face au Tricolore sera le 105e de sa carrière. Carrier fait partie des privilégiés qui sont des abonnés du hockey de printemps : en 10 saisons, il n’a raté le rendez-vous qu’à deux occasions.

Et dire qu’il y a des joueurs qui n’y goûteront jamais.

« Je commence à le réaliser, a-t-il lancé avec le sourire. Je commence à être plus vieux et je regarde en arrière, parfois. On dirait que quand tu gagnes la Coupe, après tu sais comment le faire et la pression tombe un peu. Tu vas là et tu t’amuses. Quand tu vieillis, il y a un plaisir différent. J’ai hâte à ce soir. »

Carrier ne remplit pas le filet adverse, mais il joue son rôle à merveille durant les 10 minutes que lui confie Brind’Amour. Il mène les siens avec 48 mises en échec en huit matchs et il domine la Ligue au chapitre des coups d’épaule par tranche de 60 minutes (34,81) parmi ceux qui ont joué au moins deux matchs.

C’est exactement ce que les Hurricanes cherchaient à obtenir quand ils lui ont accordé un généreux contrat de six ans et 12,3 millions $ à l’été 2024. Ils voulaient de l’expérience et du papier sablé.

« Il a été une excellente acquisition pour nous, a vanté Brind’Amour. Il cadre exactement dans ce qu’on fait – il cadrerait bien avec toutes les équipes, de toute façon. Il est constant dans ce qu’il fait, et tu sais ce que tu vas obtenir de lui. Il joue dur et lourd, et il est très facile à diriger. C’est un joueur de hockey. »

Peu de partisans

Dès qu’Alex Newhook a marqué le but en prolongation qui a permis aux Canadiens d’éliminer les Sabres de Buffalo et d’obtenir leur billet pour la finale d’association, le téléphone de Carrier n’a pas cessé de sonner. Et on comprend qu’il n’a pas reçu beaucoup de mots d’encouragement.

« D’après moi, tous mes chums comptent pour les Canadiens, a-t-il amorcé. Je ne le cacherai pas. D’après moi, ma femme compte pour Montréal aussi! J’ai grandi là-bas, c’est mon équipe. C’est spécial. Les enfants vont venir au Centre Bell aussi, je veux qu’ils vivent ça.

« Ils ont vécu le T-Mobile Arena à Vegas, mais je vais leur expliquer que ça va crier beaucoup plus. Je leur ai dit de ne pas porter le chandail de la Caroline à Montréal. Le moins possible, en tout cas. »

Carrier avait vécu l’affront d’une élimination en demi-finale au Centre Bell avec les Golden Knights, le soir du 24 juin 2021. Il aura maintenant l’occasion de prendre sa revanche, cette fois devant une salle comble.