TORONTO – Il était 18h20, le Match des étoiles de la LNH 2024 Rogers venait de prendre fin et les quatre arbitres étaient réunis près du banc des pénalités.
Ils n’y étaient pas pour une révision vidéo ou pour consulter les gens des bureaux de la LNH tout près à Toronto.
Ils y étaient pour saluer leur famille – les épouses et les enfants assis dans les estrades du Scotiabank Arena, heureux de voir un mari ou un père terminer une journée de travail bien spéciale pour tout le monde.
Les arbitres Frédérick L’Écuyer et Francis Charron ainsi que les juges de ligne Brandon Gawryletz et Trent Knorr ont lentement patiné vers le coin de la patinoire avant de quitter vers leur vestiaire à la suite de la victoire de 7-4 d’Équipe Matthews contre Équipe McDavid en finale du Match des étoiles.
Mais d’abord, ils ont retiré leur casque et posé pour la caméra, alors que des joueurs étaient encore sur la glace derrière eux. Une demi-heure plus tard, alors qu’ils rassemblaient leurs choses, le directeur des officiels de la LNH Stephen Walkom est entré dans le vestiaire pour remettre à chacun des arbitres une rondelle de match qui est instantanément devenue un souvenir pour la vie.
« C’était extraordinaire. Voir autant de talent réuni au même endroit est quelque chose que je n’oublierai jamais », a affirmé L’Écuyer, qui a coché une case sur sa liste de réalisations et qui s’apprête à en cocher une autre sous peu.
Il s’agissait d’une première participation au Match des étoiles pour L’Écuyer, tout comme pour les autres membres du quatuor. Mercredi, quand les Blackhawks de Chicago vont accueillir le Wild du Minnesota, il arbitrera un 1000e match de saison régulière.
« La journée d’aujourd’hui était géniale, a-t-il ajouté. Il faut attribuer du mérite aux joueurs. Ils ont donné tout un spectacle et c’était plaisant d’y participer. »
Les deux arbitres n’ont appelé aucune pénalité lors des trois matchs du tournoi à 3-contre-3. La statistique non officielle dont on se souviendra est peut-être le tour du chapeau à la Gordie Howe version Match des étoiles réussi par Frank Vatrano, de l’équipe Hughes : deux buts, une passe et la seule mise en échec de la journée.
Il n’y avait aucune chance que l’après-midi de trois matchs ressemble au premier Match des étoiles, disputé à Toronto en 1947. Ce jour-là, l’attaquant des Maple Leafs de Toronto Vic Lynn et le défenseur de l’équipe des étoiles Ken Reardon en étaient venus aux coups.
Dans l’histoire du Match des étoiles, on a décerné un total de 294 minutes de pénalité – les infractions pour avoir fait trébucher (58), avoir accroché (56) et avoir retenu (56) arrivent au sommet de la liste.
« C’était génial, a mentionné Charron. Tu as une seule chance de faire quelque chose comme ça, avec les meilleurs joueurs. Les matchs d’aujourd’hui étaient très bons. Les joueurs ont fourni un bon effort, et le spectacle était bon. C’était plaisant d’en faire partie.
« Les familles sont impliquées aussi. Nous voyageons tellement en solitaire, et c’était donc une récompense pour eux aussi. Cette expérience est géniale pour tout le monde. »
Le long des lignes, Knorr et Gawryletz avaient un point de vue différent des arbitres, mais ils étaient d’accord pour dire que l’expérience est inoubliable.
« C’est plutôt génial d’être sur la glace avec les meilleurs joueurs de la Ligue – tous au même endroit au même moment, a dit Knorr. C’était spécial de regarder dans les estrades et de voir ma famille me sourire et me faire des signes de la main.
« C’était ce à quoi je m’attendais, et même plus. La fin de semaine a été encore mieux que ce que j’avais imaginé.
« C’est aussi le seul moment de l’année où tous les joueurs sont rassemblés et qu’ils ne te crient pas après (rires). »
Gawryletz a été impressionné par les habiletés démontrées sur la glace du Scotiabank Arena.
« C’était très spécial de voir de tels talents rivaliser, a-t-il dit. J’ai aimé la manière dont les joueurs se sont comportés. Les habiletés qu’ils ont montrées sont tellement bonnes pour notre sport.
« Tout était très amical; les gars faisaient des blagues entre eux. C’est évident qu’ils passaient un bon moment. Les tirs de barrage ont été une façon de plus pour eux de démontrer leur savoir-faire. Les gardiens ont été extraordinaires. Il y avait de quoi se sentir mal pour les gardiens à certains moments du match, mais c’était génial. »
L’Écuyer a particulièrement savouré le moment dans le même édifice où il a fait ses débuts comme arbitre le 13 octobre 2007.
« Dix-huit ans, c’est un long parcours, a-t-il dit. Il y aura une célébration pour mes 1000 matchs à Tampa au mois de mars avec mes amis et ma famille. C’est quelque chose dont je suis assez fier. Un jeune du Québec qui ne parlait pas anglais et qui a fait plusieurs sacrifices pour en arriver là aujourd’hui. »





















