Binnington Marner for Brodeur column Feb 19 26

Les joueurs de la LNH participent aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, se retrouvant sur la plus grande scène internationale sportive pour la première fois en 12 ans. Afin de donner un aperçu de l'expérience des Jeux, LNH.com a fait appel à d'anciens joueurs olympiques, à des entraîneurs et à d'autres personnes du milieu du hockey pour recueillir leurs points de vue. Aujourd’hui, le double médaillé d’or comme gardien, Martin Brodeur, aujourd’hui membre de l’état-major des Devils du New Jersey.

Sheldon Keefe le savait.

Je regardais le match des quarts de finale entre Équipe Canada et Équipe Tchéquie avec les entraîneurs des Devils mercredi, et il y avait de quoi être sur les nerfs, surtout quand ça s’est dirigé en prolongation.

Rapidement pendant la période de prolongation, l’entraîneur-chef des Devils s’est exprimé à voix haute quand il a vu Macklin Celebrini faire une passe arrière pour Mitch Marner.

« Regardez bien ça, a-t-il dit. Mitch va se faufiler à travers tous ces joueurs et marquer le but gagnant. »

Quelques secondes plus tard, c’est exactement ce qui est arrivé. Et oui, il y a eu quelques exclamations chez les Canadiens au sein du groupe.

Il faut se rappeler que Sheldon connaît bien Marner. Il l’a dirigé avec les Maple Leafs de Toronto. Je sais que Mitch a reçu sa part de critiques pour la façon dont il a joué en séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Mitch n'est pas le premier gars à qui ça prend un peu de temps pour se mettre en marche en séries.

Cela n'enlève rien – et ne devrait rien enlever – aux moments exceptionnels qu'il a vécus pour le Canada. Il a marqué le but gagnant en prolongation contre la Suède à la Confrontation des 4 nations, l’an dernier. Il a ensuite mis la table pour le but gagnant de Connor McDavid en prolongation dans le match de championnat contre les États-Unis. Et maintenant, ce but-ci.

Je ne connais évidemment pas Mitch aussi bien que Sheldon, mais ce que je constate, de la perspective d’un gardien, c’est sa patience avec la rondelle. Et il est tellement bon pour cacher son jeu. Impossible de savoir s’il allait tenter de se faufiler à travers ces trois défenseurs ou s’il allait remettre la rondelle derrière à un coéquipier. Ça se voyait que les joueurs de la Tchéquie ne savaient pas comment le contrer.

Et après tout ça, tu dois également être capable de terminer le jeu. Marquer du revers de cette façon-là… un tir du revers est le lancer le plus difficile à arrêter pour un gardien. Tu ne sais pas où ça va aller. Celui-ci s’est retrouvé au fond du filet.

Le but de Marner s'est inscrit dans l'une des meilleures journées de hockey dont je peux me souvenir. Trois des quatre duels de quarts de finale ont nécessité la prolongation. Tout un théâtre!

Balado : Le Canada survit aux quarts de finale des Olympiques

J’étais nerveux en regardant le Canada. Beaucoup plus que lorsque je jouais, même pendant les Olympiques ou en finale de la Coupe Stanley. Quand tu es dans le demi-cercle, tu peux avoir un impact sur le dénouement. Quand tu regardes le match à la télévision, tu ne peux rien faire. C’est un terrible sentiment d’impuissance.

Savez-vous qui a eu un impact sur le dénouement pour le Canada?

Jordan Binnington.

Prenons le temps nécessaire pour lui accorder les louanges qu’il mérite.

En tant que collègue gardien de but, je n’ai pas assez de mots pour dire à quel point ce gars-là est efficace au moment où ça compte le plus.

L’histoire nous montre qu’il se lève dans les grands moments. En 2019, il a aidé St. Louis à l’emporter dans le match no 7 de la finale de la Coupe Stanley contre les Bruins à Boston, un endroit où il est difficile de jouer. L’an dernier, il a fait plusieurs gros arrêts en prolongation en finale des 4 nations, donnant la chance à McDavid de marquer le but gagnant contre les États-Unis. Et regardez les arrêts qu’il a effectués mercredi contre la Tchéquie, autant en troisième période qu’en prolongation.

Équipe Canada ne gagne pas ce match sans ces arrêts.

Les gens se fient trop à ce qui s’est passé dans les 57 matchs que les Blues ont joués cette saison. Oui, ce n’est pas l’idéal, ni pour lui ni pour son équipe. La saison ne se passe pas très bien pour lui.

Mais j’ai toujours eu énormément de confiance en lui, car l’environnement quand tu joues pour le Canada est tellement différent. Il joue avec les meilleurs joueurs au monde. Quand tout est structuré devant lui, il est en mesure d’être lui-même et de faire les arrêts qu’il veut, de défier les tireurs comme il doit le faire.

Les gens tirent rapidement sur la gâchette pour juger son rendement dans la LNH. Mais il a gagné dans des moments importants avec Équipe Canada. Et je sais personnellement à quel point ceci a de la valeur pour les dirigeants. Il a répondu présent pour eux. Pour cette raison, je savais qu’ils allaient lui permettre d’entamer le tournoi comme partant et de conserver son rôle jusqu’au bout. Ils ont confiance en lui, et il a mérité cette confiance.

Le plus gros test s’en vient : la demi-finale contre la Finlande vendredi (10 h 40 HE; Peacock, USA [JIP], ICI Tele, CBC Gem, CBC, SN [JIP], RDS2).

Ça va être éreintant. La Finlande est une équipe difficile à affronter. Ils vont tenter de ralentir le Canada en étant physiques. La patience va être de mise.

Je me souviens qu'en 2002, quand nous étions en route vers la première médaille d’or olympique du Canada en 50 ans, nous avions trimé dur pour l’emporter 2-1 contre la Finlande en quarts de finale. Ça n’avait pas été un match facile, mais nous n’avions jamais lâché.

C’est une recette que le Canada devra suivre vendredi.

Et oui, je vais être nerveux en les regardant.

Encore.

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