MILAN – Il y a un gardien de hockey professionnel nommé Jordan Binnington. Il n’a aucun clone. Le vétéran de 32 ans qui joue pour les Blues de St. Louis dans la LNH est le même portier de 32 ans qui joue pour Équipe Canada aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026.
Voilà des faits indéniables et confirmés.
Mais vous allez comprendre pourquoi cette année, ces faits semblent débattables.
Cette année, c’est comme s’il y avait deux Binnington : la version LNH, qui connaît des difficultés et qui fait partie des pires gardiens no 1 de la Ligue statistiquement, et la version olympienne, qui domine et qui explique en grande partie pourquoi le Canada est encore en vie, à deux victoires de la médaille d’or.
Parmi les 36 gardiens de la LNH qui ont joué au moins 25 matchs cette saison, Binnington occupe le 35e rang pour les victoires (8) et la moyenne de buts accordés (3,65), et le dernier rang pour le pourcentage d’arrêts (,864).
En trois matchs olympiques, Binnington a conservé une moyenne de 1,65 et un taux d’efficacité de ,921, accordant cinq buts sur 64 lancers.
Expliquer la disparité entre le Binnington de St. Louis et le Binnington d’Équipe Canada n’est pas facile, mais le principal intéressé s’est essayé.
« C’est un environnement complètement différent et c’est un tournoi, a-t-il dit. C’est très court. En ayant la chance de jouer avec ces gars-là, tu veux en profiter au maximum. Toute mon attention est ici. »
Il ne faut faire attention à ne pas mal interpréter ce propos. L’attention de Binnington est à 100 pour cent avec les Blues quand il est avec eux. L’attention aux détails n’est pas le problème.
Mais à ses dires, il est plus facile de simplifier son approche et son état d’esprit aux Olympiques parce que le tournoi est court et que chaque match semble être le plus important qu’il jouera dans sa vie.
« C’est intense », a admis Binnington.
L’intensité cadre bien avec Binnington.
Il a remporté un match no 7 d’une finale de la Coupe Stanley. Dans son monde normal, il n’y a pas de match plus important que ça.
Il a également gagné la finale de la Confrontation des 4 nations, l’an dernier, dans un contexte où la pression était à son maximum.
Maintenant que Binnington représente son pays sur la plus grande scène sportive au monde, le match le plus important qu’il jouera sera toujours le prochain auquel il prendra part.
Ce sera vendredi contre la Finlande en demi-finale au Santagiulia Arena (10 h 40 HE; Peacock, USA [JIP], ICI Tele, CBC Gem, CBC, SN [JIP], RDS2). Le gagnant passera en grande finale, dimanche. Le perdant jouera pour le bronze, samedi.
« C’est évidemment un moment spécial et je suis reconnaissant d’être ici, a dit Binnington. Je me rappelle chaque jour d’en profiter, que ce soit avec l’équipe dans le village olympique ou dans les matchs, ou encore dans les moments passés avec les autres athlètes. C’est spécial. C’est un moment où tu dois prendre une pause pour apprécier tout ça, puis faire tout ce que tu peux pour être au sommet de ton art. »






















