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TAMPA – Martin St-Louis a souvent répété que Brendan Gallagher était celui qui amenait son équipe dans la bataille. Qu’il était le joueur avec une mentalité de guerrier et la pédale toujours au plancher, prêt à tout pour aider les Canadiens de Montréal à l’emporter. 

Maintenant que le vétéran doit céder sa place plus souvent qu’à son tour, il semble que le flambeau soit en train de se passer. Et il a manifestement été saisi par Josh Anderson.

« Il était prêt à y aller dès le début du match », a commenté le capitaine Nick Suzuki après la victoire de 4-3 en prolongation lors du premier match de la série face au Lightning de Tampa Bay, dimanche. « Son style de jeu, son énergie, sa vitesse et son jeu physique sont taillés sur mesure pour le jeu en séries.

« Il a marqué un gros premier but, il a donné de grosses mises en échec et il a été très bon en infériorité numérique. Il a connu une grosse soirée, et on aura besoin qu’il continue dans cette voie pour la suite. »

Anderson était d’absolument tous les combats, surtout en première moitié de match.

Le but qu’il a inscrit vers la fin de la première période est en quelque sorte venu renverser la vapeur puisque le Lightning semblait plutôt inébranlable. À ce moment, il s’agissait seulement du troisième tir du Tricolore, qui peinait à générer quoi que ce soit en zone offensive.

Sauf quand Anderson se mettait au travail. Il avait déjà deux coups d’épaule à sa fiche – il a terminé la rencontre avec quatre – et son trio était l’un des rares à connaître de bons moments sur l’échec avant.

« Il a joué exactement dans son identité, a souligné l’entraîneur Martin St-Louis. Il a amené beaucoup d’énergie, il était très engagé et il était fatigant sur la glace. »

MTL@TBL: Anderson ouvre la marque

Anderson a bien failli en ajouter une couche en deuxième période quand on croyait qu’il avait doublé l’avance des siens en faisant dévier le tir de la pointe de Mike Matheson. Le but a toutefois été refusé à la reprise vidéo, et c’est là que les choses ont légèrement dérapé pour l’attaquant de puissance. 

À peine 12 secondes plus tard, il a été chassé pour assaut quand il a renversé Charle-Édouard D’Astous en passant en troisième vitesse en poursuite de rondelle. Le Lightning l’a fait payer sur le jeu de puissance subséquent, et il a ensuite pris les devants 29 secondes après son premier but.

En tentant de marcher sur la fine ligne entre intensité et indiscipline, le funambule a commis une erreur.

« Il faut être prudent quand on les affronte parce qu’ils peuvent tourner la page rapidement », a observé Anderson, en se disant étonné du nombre de punitions appelées. « On l’a vu avec la pénalité et puis : bang, bang. Ils sont revenus dans le match et ont pris les devants dans le temps de le dire. C’est frustrant, mais nous avons bien géré nos émotions. »

Une inspiration

On a ensuite assisté au réveil du monstre Juraj Slafkovsky, qui a inscrit un tour du chapeau en semblant s’inspirer drôlement du style de jeu de son coéquipier. Il a vite fait oublier la pénalité de son mentor.

« Andy joue vite et il est très physique. J’essaie d’atteindre son niveau au chapitre du jeu physique, a affirmé le gros Slovaque. Évidemment, il est encore plus fort et plus rapide que moi. Il ne ralentit pas quand vient le temps de frapper. C’est un bon modèle duquel je peux apprendre. »

Apprendre du bon, comme du moins bon.

L’équilibre peut être difficile à trouver quand l’intensité grimpe, mais Anderson a démontré plusieurs fois qu’il était capable de le faire. Même s’il franchit parfois la ligne – on se souviendra de son altercation avec Tom Wilson au printemps dernier – il est assez clair que St-Louis est prêt à vivre avec les risques que ça implique.

« Il est bâti pour les séries, avait dit le pilote, comme une prophétie, en matinée. Il aime ces moments et il se laisse entraîner par l’intensité. Il élève son jeu quand l’enjeu est grand, et il l’a fait tout au long de sa carrière en séries. Je ne m’attends à rien de moins de sa part. »