« Il y avait de l’espace devant moi et j’ai choisi de décocher un tir », a calmement décrit Slafkovsky dans la salle de conférence à Tampa. « J’étais heureux de marquer et nous étions heureux de gagner. Nous devons garder notre concentration. Nous rejouerons dans deux jours. »
Slafkovsky a ouvert les séries d’une façon magique avec un rare tour du chapeau: trois buts en supériorité numérique. Il s’agit d’une première dans l’histoire du CH, mais d’un exploit réalisé à 13 reprises au niveau de la LNH. Jonathan Toews, avec les Blackhawks de Chicago, était le dernier à l'avoir fait en 2010 (7 mai).
Questionné sur le sentiment d’inscrire un but gagnant en prolongation qui devenait du même coup son troisième but de la rencontre, le numéro 20 a encore une fois gardé son calme.
« C’est vraiment bien, j’aime ce sentiment, a-t-il répliqué en riant. Mais nous aurions voulu ne pas jouer la prolongation et gagner avant ça. Malgré cela, je suis heureux du résultat final. »
Dans le vestiaire de l’équipe visiteuse, Mike Matheson, Jakub Dobes et Josh Anderson ont tour à tour décrit l’impact de Slafkovsky dans cette première victoire.
« C’était incroyable. Je pense qu’il se pensait aux Jeux olympiques, a affirmé Matheson. Juraj est impressionnant. Il représente un joueur clé pour notre équipe et il l’a montré dans ce match. »
« Juraj est un joueur des grandes occasions, je suis tellement fier de lui », a renchéri Dobes qui a bloqué 20 des 23 tirs du Lightning.
« Il est un attaquant en puissance, un gros ailier qui n’est pas facile à freiner, a ajouté Anderson. On peut croire que Nick (Suzuki) et Cole (Caufield) font de lui un meilleur joueur, mais Juraj fait aussi d’eux de meilleurs joueurs. Il joue avec confiance et une grande assurance. J’aime sa façon de jouer. »
Slafkovsky a décoché sept des 19 tirs de son équipe. Suzuki et Caufield, qui ont chacun obtenu deux passes en avantage numérique, n’ont obtenu que deux tirs dans cette rencontre. Les deux provenaient du bâton du numéro 13.
Ryan McDonagh, un vétéran à la ligne bleue du Lightning, a probablement réveillé le côté bestial de Slafkovsky en deuxième période en le renversant d’un bon coup d’épaule.
« Il m’a frappé solidement, c’était une bonne mise en échec, a admis le Slovaque. Je voulais faire un jeu et il cherchait à me freiner. Je suis toujours un peu furieux quand je me fais frapper. Je me suis relevé rapidement et je suis retourné au banc. Je devais oublier ce jeu. »
Il n’a pas juste oublié ce jeu. Il a marqué ses trois buts après cette mise en échec.
Un temps d’arrêt payant
En prolongation, Martin St-Louis a opté pour la bonne décision en appelant un temps d’arrêt à la 59e seconde. Slafkovsky a réussi le but décisif à la 82e seconde.
« Je pense que Marty voulait surtout nous reposer un peu, a affirmé Suzuki. Nous étions déjà sur la glace depuis environ une minute. Il a parlé un peu pour voir ce que nous voulions faire. »
« C’est un mélange des deux (repos et stratégies), a renchéri St-Louis au sujet de cette décision. Tu ne garderas pas ton temps d’arrêt pour la troisième prolongation. Il n’y aura probablement pas trois prolongations. Les gars étaient sur la glace depuis pratiquement une minute. Nous avions une mise en jeu à gauche, ce n’est pas le côté fort de Suzy (Suzuki). Nous avons parlé un peu de ça. Je voulais garder mes meilleurs joueurs et leur donner le plus de gaz. »
Le Tricolore avait amorcé la prolongation à cinq contre quatre en raison d’une punition pour bâton élevé à Jake Guentzel aux dépens de Kaiden Guhle avec 21 secondes à jouer en troisième période.