Kotkaniemi Canadiens camp badge Laflamme

BROSSARD -Jesperi Kotkaniemi disait avant le début de la saison ne pas savoir ce que c'était le syndrome de la deuxième année (sophomore jinx) pour un athlète professionnel. Le jeune attaquant finlandais pourrait maintenant parler du phénomène en long et en large.

Kotkaniemi ne souhaite toutefois pas s'étendre sur le sujet, on le comprend. Il préfère tourner le regard résolument vers l'avenir.

L'avenir dans son cas, c'est dans moins de deux semaines parce qu'il tente de mériter un poste avec les Canadiens de Montréal en vue de la confrontation de la ronde de qualification contre les Penguins de Pittsburgh.

Kotkaniemi veut effacer au plus tôt le souvenir d'une deuxième saison laborieuse, au cours de laquelle il n'a amassé que huit points en 36 matchs, avant d'être rétrogradé au Rocket de Laval dans la Ligue américaine de hockey (LAH), et de subir une sérieuse blessure à la rate.

Quatre mois plus tard, le revoilà en santé et prêt à vivre sa première expérience en matchs d'après-saison dans la LNH.

Le hockeyeur natif de Pori, en Finlande, n'entend pas à rire, comme on a pu le constater dans le point de presse Zoom qu'il a accordé aux journalistes. Il n'arborait pas l'éternel sourire juvénile qu'il affichait depuis son arrivée dans l'équipe à l'âge de 18 ans, il y a deux ans.

« C'est un gain de maturité », a soumis l'entraîneur Claude Julien, en disant avoir remarqué le changement d'attitude de KK. « Jesperi demeure une bonne personne, toujours souriante, dans ses interactions avec les gens à l'extérieur de la patinoire, mais il montre plus de sérieux à l'entraînement sur la glace. C'est normal pour un jeune joueur. Au début, on a le gros sourire, tout est beau. Par après, on réalise que ce n'est pas un emploi facile. Avec la maturité, tu cibles mieux les moments où on peut avoir du plaisir et ceux où il faut être sérieux. »

À sa première saison, le premier choix du CH et le troisième espoir choisi en 2018 était tout sourire. Son rendement sur la glace lui donnait plusieurs raisons d'afficher une belle joie de vivre. Il avait amassé 34 points en 79 matchs, même s'il avait heurté le mur dans la dernière ligne droite de la saison.

Opéré au genou gauche peu après la saison 2018-19, il était gonflé à bloc au retour d'un rigoureux été d'entraînement. Il disait avoir pris une dizaine de livres de muscles, ce qui lui permettrait d'être plus solide sur ses patins dans les batailles pour l'obtention de la rondelle.

Or, il a trop souvent trébuché en début de saison et l'effet boule de neige a fait son œuvre jusqu'à son renvoi dans la LAH en février.

Cette semaine, Julien a dit le trouver plus affairé à la tâche. Au cours des premières journées du camp d'entraînement, il était au centre du troisième trio, avec Paul Byron et Artturi Lehkonen. Vendredi, Charles Hudon remplaçait Byron, qui ne s'est pas entraîné.

« J'ai essayé (pendant la pause liée au coronavirus) de tout oublier ce qui s'est passé dans la saison et de repartir à neuf psychologiquement et physiquement pour les séries, s'est ouvert un brin Kotkaniemi. J'essaie de ne pas trop penser au passé et d'envisager l'avenir. J'espère être dans la formation quand les matchs vont commencer. »

EDM@MTL : Kotkaniemi double l'avance des siens

Avec le Rocket, Kotkaniemi a pu regagner sa confiance en totalisant 13 points en autant de matchs, avant de se blesser au début de mars. Il n'irait toutefois pas jusqu'à dire que le renvoi a été la meilleure chose qui pouvait lui arriver.

« Je me concentrais sur les détails. Je jouais un plus grand rôle, c'était bon pour moi. Et j'ai eu du plaisir avec les gars. »

Le plus grand enseignement qu'il a dit avoir retenu de sa deuxième saison en Amérique, c'est qu'il doit améliorer son coup de patin.

« Tout le monde sait que mon coup de patin n'est pas mon meilleur atout. C'est l'aspect que je dois le plus améliorer. J'y ai travaillé cet été et je pense que ça va m'aider en séries ainsi que la saison prochaine. »

Il a précisé qu'il a surtout mis l'accent sur le renforcement des jambes et du tronc en gymnase afin de gagner en stabilité.

« Je suis également un peu plus léger. Ça me permet de me déplacer plus aisément. »

KK pourrait se voir confier des tâches accrues en l'absence potentielle de Max Domi, qui soupèse ses possibilités quant à sa participation au tournoi en temps de pandémie en raison de sa condition de diabétique.

« Je fais de mon mieux ici tous les jours, a réagi Kotkaniemi. On verra où ça me mènera. Si je ne suis pas dans la formation, ce sera correct. Je soutiendrai les gars et je serai content de faire partie de l'équipe. »