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BROSSARD - Phillip Danault se prépare pour la plus importante affectation de sa carrière. Le joueur de centre des Canadiens de Montréal s'attend à être fort occupé, à compter du 1er août, face au « monstre à deux têtes » des Penguins de Pittsburgh, Sidney Crosby et Evgeni Malkin, à l'occasion de la ronde de qualification entre les deux équipes.

« C'est un beau défi, peut-être mon plus gros en carrière, et j'ai hâte de m'y attaquer. Ça va être amusant », a-t-il affirmé, mercredi, à l'issue de la troisième journée du camp d'entraînement du CH.

« Je connais bien Crosby pour l'avoir souvent affronté en saison régulière, a continué le vétéran de cinq saisons. Ma préparation ne sera pas différente de celle en saison régulière. Je retire une grande fierté à faire le rôle qu'on me demande de remplir avec mes compagnons de trio, soit d'essayer de maîtriser les meilleurs trios des adversaires. »

L'ancien joueur de centre du CH et coéquipier de Danault, Tomas Plekanec, avait le don de frustrer Crosby. Plekanec pourrait certainement lui refiler quelques-uns de ses trucs.

« Vous me donnez l'idée de le contacter », a réagi Danault quand on lui a souligné le succès de Plekanec contre le numéro 87. « Je préconise un style semblable en défense à 'Pleky'. Je veux rester moi-même et être coriace à affronter. »

Le Victoriavillois âgé de 27 ans ne pourra pas se taper la sale besogne seul contre les Penguins, il le sait.

« Il y a quatre autres gars en même temps sur la patinoire, en plus de Carey (Price, le gardien) », a-t-il relevé.

L'entraîneur Claude Julien souhaiterait miser sur un clone de Danault afin de s'acquitter de la tâche, dans le contexte où il sait que son homologue Mike Sullivan ne lui fera pas de cadeau.

Les Canadiens n'auront pas le dernier mot dans les changements de joueurs au cours des deux premiers matchs de la série trois de cinq, ainsi que pour un éventuel cinquième match.

« Le jumelage des joueurs est plus difficile à faire quand votre équipe ne détient pas l'avantage de la glace, a noté Julien. Mike Sullivan sait pertinemment que nous souhaitons opposer Phillip à Crosby. Il fera tout pour que ça se produise le moins possible. »

Danault ne possède également pas le don d'ubiquité. Il ne peut pas être partout en même temps et avoir à l'œil simultanément l'autre supervedette des Penguins, Malkin.

« Phillip ne peut pas surveiller les deux à moins que Sullivan me facilite la tâche en les envoyant chacun dans la mêlée tous les deux trios. De cette façon, je pourrai miser sur Phillip toutes les deux présences », a souligné l'entraîneur.

Ça n'arrivera évidemment pas. Danault aura besoin d'aide. C'est une grosse bouchée pour un joueur de centre recrue, mais Julien a avancé que l'aide devra venir en partie de Nick Suzuki.

« Il est doté d'une belle intelligence au jeu, il peut faire le travail. Max Domi pourrait également donner un coup de main, s'il joue, a-t-il renchéri. Nous devons faire que ça fonctionne avec les éléments que nous avons à notre disponibilité parce que nous ne pouvons pas faire apparaître un vétéran par magie. »

Le double défi de Danault, c'est qu'il doit pivoter l'unité principale du Tricolore en compagnie de Tomas Tatar et de Brendan Gallagher. C'est celle sur laquelle on mise afin de fournir de l'attaque.

« Le trio se fait un devoir d'être solide sur toute la longueur de la patinoire, a souligné Julien. S'il passe plus de temps en zone offensive qu'en territoire défensif, ça signifiera que le trio de Crosby passera plus de temps à défendre qu'à attaquer. »

Simple comme bonjour, mais pas si facile à faire en pratique. C'est la raison pour laquelle Danault a évoqué la notion de plaisir au cours de sa rencontre virtuelle avec les journalistes.

« Il faut s'amuser », a-t-il dit quelques fois. C'est que les Canadiens (31-31-9) sont largement négligés face aux Penguins (40-23-6).

« C'est une chance unique que nous avons d'accomplir quelque chose d'inoubliable, a poursuivi Danault. Je m'attends à être occupé, mais je vais me défoncer à chacune de mes présences sur la glace. »

On peut compter sur son trio. Les autres unités devront emboîter le pas.

« L'aspect important, c'est que nous devrons nous faire confiance sur le plan défensif. Nous respectons l'attaque redoutable des Penguins. Il faudra que Carey livre de grandes performances, sans vouloir lui imposer une trop grande pression. Nous serons là pour l'aider.

« Quand nous sommes en santé, comme c'est le cas maintenant, nos trios montrent un meilleur équilibre », a résumé Danault.