La Coupe Stanley est le trophée le plus difficile à gagner dans le sport, mais ça semble facile pour les Hurricanes de la Caroline.
Pour l’instant.
Ils devront relever un défi complètement différent de tout ce qu’ils ont vécu jusqu’ici en séries éliminatoires de la Coupe Stanley quand ils se mesureront aux Golden Knights de Vegas en finale. Le match no 1 aura lieu au Lenovo Center de Raleigh, en Caroline du Nord, mardi (20 h HE; TVAS, CBC, SN, ABC).
Parmi toutes les intrigues, celle-ci est la plus remarquable : la Caroline est l’équipe la plus dominante dans l’histoire récente des séries et elle pourrait s’imposer comme l’une des équipes les plus dominantes de toute l’histoire de la LNH à la fin du tournoi printanier.
Les Hurricanes ont une fiche de 12-1. Leur seule défaite a été subie aux mains des Canadiens de Montréal dans le match no 1 de la finale de l’Association de l’Est, quand ils se sont inclinés 6-2 après une pause de 11 jours entre le deuxième tour et la finale d’association. Victimes de leurs succès lors des deux premiers tours, ils étaient rouillés.
Il faut remonter d’un demi-siècle pour trouver la dernière équipe à avoir amorcé les séries avec un dossier de 12-1. Les Canadiens avaient terminé les séries de 1976 avec une fiche de 12-1. La LNH comptait 18 équipes à l’époque, et 12 participaient aux séries. En tant que gagnant de sa section, le Tricolore avait obtenu un laissez-passer pour la ronde préliminaire et il avait ensuite dû gagner trois séries quatre de sept.
Depuis 1987, les équipes doivent gagner quatre séries quatre de sept pour soulever la Coupe Stanley, ce qui rend les séries éliminatoires encore plus exigeantes. La LNH a introduit un plafond salarial en 2005-06, équilibrant le talent un peu partout dans la Ligue. Aujourd’hui, la LNH compte 32 équipes, et seule la moitié participe au tournoi printanier.
Aucune équipe n’a conservé une fiche de 16-1 en séries. Les Oilers d’Edmonton ont montré un dossier de 16-2 en 1988. Cinq équipes ont affiché un dossier de 16-4, mais seules deux l’ont fait à l’ère du plafond salarial : les Kings de Los Angeles en 2012 et l’Avalanche du Colorado en 2022.
Les Hurricanes pourraient donc marquer l’histoire avec un balayage. Ils pourraient égaler les Oilers de 1988 en l’emportant en cinq rencontres. Ils pourraient aussi avoir la deuxième meilleure fiche de l’ère actuelle s’ils gagnent en six parties. Et même s’ils gagnent en sept matchs, ils termineront à égalité avec la deuxième meilleure fiche de cette ère en séries.
Les Hurricanes sont un véritable rouleau compresseur. Ils étouffent l’adversaire en appliquant de la pression partout sur la glace et en dirigeant des rondelles au filet adverse, limitant ainsi les occasions contre leur propre gardien. Ils ont eu le dessus au chapitre des lancers dans chaque rencontre qu’ils ont jouée. On dirait parfois même qu’ils jouent à six ou sept joueurs sur la glace.
Taylor Hall (1,23 point par match), Jackson Blake (1,15) et Logan Stankoven (0,92) ont sonné la charge en attaque. K’Andre Miller excelle en défense. Le gardien Frederik Andersen est un mur avec sa moyenne de buts alloués de 1,41, son pourcentage d’arrêts de ,931 et ses trois blanchissages.
Le hic, c’est que les Hurricanes ont balayé les Sénateurs d’Ottawa et les Flyers de Philadelphie aux premier et deuxième tours, avant de défaire les Canadiens de Montréal en cinq rencontres en finale de l’Est.
Les Sénateurs n’ont pas gagné une série depuis 2017. Les Flyers ont gagné une seule série au cours des six dernières campagnes. Les Canadiens ont deux triomphes en cinq ans.
Les Golden Knights, eux, ont remporté plus de matchs (74) et de séries (15) que quiconque depuis leur entrée dans la LNH comme équipe d’expansion en 2017-18. Ils ont participé à la finale en 2018 et remporté la Coupe Stanley en 2023.
Les Golden Knights ont un dossier de 19-4-1 depuis qu’ils ont remplacé l’entraîneur Bruce Cassidy par John Tortorella le 29 mars, en grande partie grâce à Carter Hart, qui s’est emparé du rôle de gardien numéro un après s’être rétabli d’une blessure au bas du corps.
Après avoir défait le Mammoth de l’Utah en six parties au premier tour et les Ducks d’Anaheim en six matchs en deuxième ronde, les Golden Knights se sont mesurés à une équipe de l’Avalanche qui avait un dossier de 8-1 avant la finale de l’Association de l’Ouest. Ils ont surpris le monde du hockey en balayant le Colorado. Ils ont remporté leurs six derniers matchs et pourraient eux aussi conclure le tournoi printanier avec une fiche de 16-4.
Il s’agit d’un groupe de vétérans qui peuvent pratiquer différents styles et qui ne seront intimidés par rien.
Les Hurricanes ont un dossier de 10-1 en marquant le premier but et de 7-0 avec l’Avalanche après deux périodes. Les Golden Knights? Ils ont remporté six matchs par remontée, dont quatre en troisième période. Ils ont une fiche de 7-1 en marquant le premier but et de 8-0 avec l’avance après deux engagements.
Les Hurricanes ont un dossier de 5-0 en prolongation? Les Golden Knights ont une fiche de 3-0.
Les Hurricanes aiment contrôler la rondelle et dominer leurs adversaires au chapitre des tirs? Pas de problème, les Golden Knights ont comme mission de protéger le devant du filet et de garder l’adversaire en périphérie. Ils se fient à leur gardien et font preuve d’opportunisme en attaque. Dans les matchs où ils n’ont pas eu l’avantage au chapitre des tirs en séries, ils ont une fiche de 8-3.
Les Golden Knights alignent les meilleurs joueurs en séries au chapitre des buts (Pavel Dorofeyev et Brett Howden avec 10 chacun), des passes (Jack Eichel avec 16) et des points (Mitch Marner avec 21). C’est un peu biaisé parce que les Golden Knights ont joué trois rencontres de plus que les Hurricanes, mais Marner (1,31), Eichel (1,13) et Mark Stone (0,91) rivalisent essentiellement avec les meneurs de la Caroline au chapitre de la moyenne de point par match.
Shea Theodore a offert un rendement similaire à celui de Miller en défense, et Hart a été presque aussi bon qu’Andersen devant le filet avec une moyenne de 2,22 et un taux d’efficacité de ,924.
« Cette équipe sait comment gagner, a assuré Tortorella. Ils l’ont fait. Ils l’ont démontré au cours des trois derniers tours. »
Nous verrons qui le démontrera lors de la ronde ultime.





















