RALEIGH, Caroline du Nord – Il n’y avait aucun joueur en larmes dans le petit vestiaire des visiteurs au Lenovo Center. Les Nick Suzuki, Mike Matheson, Alexandre Carrier, Lane Hutson et Phillip Danault gardaient une amertume évidente après cette élimination en cinq matchs contre les Hurricanes de la Caroline, mais ils avaient eu le temps de voir la fin arriver.
À l’image du quatrième match, les Hurricanes ont passé le K.-O. aux Canadiens de Montréal dès la première période en marquant encore une fois trois buts. Dans ce cinquième et dernier match de cette finale de l’Est, les Canes ont démontré leur supériorité en signant un gain de 6-1 contre le CH.
Taylor Hall (1 but, 2 passes), Logan Stankoven (1 but, 2 passes) et Jackson Blake (1 but, 1 passe) ont transporté l’attaque sur leurs épaules dans ce dernier chapitre entre les deux équipes.
La meilleure des deux équipes, mais aussi la plus expérimentée des deux, vient de décrocher son billet pour la finale de la Coupe Stanley, où les Golden Knights de Vegas seront les rivaux. Mais avant d’atteindre la grande finale, les Hurricanes ont connu leurs parts d’échecs avec trois éliminations en finale de l’Est lors des sept dernières années sous la gouverne de Rod Brind’Amour.
« Les Hurricanes ont une excellente équipe de hockey, a murmuré Lane Hutson. Ils jouent avec une intensité incroyable. Ils font ça toute l'année, alors, vous savez, ils l'ont vraiment mérité. C'est frustrant, parce que je ne pense pas que nous ayons offert notre meilleure performance, peut-être par moments ou par éclairs. Mais dans l’ensemble, ils nous ont vraiment malmenés. »
« Je ressens différentes émotions, a renchéri le capitaine Nick Suzuki. Ça craint de perdre cette série. Je trouve que nous aurions pu mieux jouer. Mais je reste fier de notre équipe et de notre parcours. Nous venons de jouer trois tours.
« Les Hurricanes jouent avec rapidité et beaucoup de rythme, a poursuivi Suzuki. Je ne sais pas si nous avons été rattrapés [par la fatigue]. Je ne cherche pas une excuse. Il y a clairement des trucs que nous devrons améliorer. »
Sur le plan physique et mental, le CH ressemblait à une équipe qui avait les batteries à plat. Jamais ils n’ont réussi à s’ajuster à l’immense pression des Canes et ils n’ont trouvé aucune solution pour générer plus d’offensive.
« C’est dans l’identité des Hurricanes de frustrer les autres équipes, a affirmé le centre Phillip Danault. Ils l’ont fait à la perfection. Ils étaient reposés et ils nous attendaient avec beaucoup d’énergie. »
Les Hurricanes ont gagné les deux derniers matchs par un pointage final de 10-1! Si l’écart capte l’imaginaire, il est aussi le résultat d’une équipe qui n’avait pas eu à transpirer autant pour atteindre le carré d’as.
Apprendre des échecs
À l’image de ses joueurs, Martin St-Louis avait déjà eu un peu de temps pour décanter. Depuis la fin de la première période, il se doutait qu’il n’existait plus de recette miracle pour revenir dans le coup contre la bande à Jordan Staal.
« C’est décevant, a affirmé St-Louis. Le show arrête ici pour nous autres. Mais il y a eu beaucoup de progrès cette année encore. On a appris beaucoup à travers les échecs, tu apprends plus avec les échecs que les réussites. Moi, comme coach, j’ai appris beaucoup pendant les séries. Je suis fier du groupe. J’ai le meilleur banc dans le building. J’ai le meilleur siège pour voir ce groupe faire ce qu’ils ont fait. À part ce résultat, il n’y a pas beaucoup de négatifs. »
Au cinquième match, St-Louis a misé sur la stabilité, n’effectuant aucun changement à sa formation. Brendan Gallagher et Arber Xhekaj auraient pu, chacun à leur façon, insuffler un peu d’énergie à un groupe qui cherchait une étincelle. S’il décrit parfois ses joueurs comme têtus dans leurs prises de décisions, le maître à bord a aussi fait preuve d’entêtement dans les derniers kilomètres de ce marathon en séries.
Mais un petit changement n’aurait pas suffi à déstabiliser la grosse machine des Hurricanes. Après des années à se cogner le nez sur la porte, cette équipe de la Caroline du Nord était destinée à atteindre la finale. Et les partisans criaient même : « Nous voulons la coupe! » à partir de la deuxième période. Ils ont aussi chanté des « olé, olé, olé » pour se moquer un brin des partisans montréalais.
Le CH, la plus jeune équipe de la LNH, vient de subir l’élimination en finale de l’Est. Cette simple participation au carré d’as démontre que ce jeune et talentueux noyau se dirige dans le bon chemin.


















