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RALEIGH, Caroline du Nord – Si l’on reculait de quelques semaines et qu’on évoquait la possibilité que les Canadiens de Montréal atteignent la finale de l’Est en n’obtenant qu’un seul but à forces égales de leur premier trio, ils auraient été plusieurs à remettre en doute notre crédibilité.

Pourtant, après deux séries arrachées à la limite, ce petit miracle s’est bel et bien produit. Il y a toutefois fort à parier que la tâche sera plus complexe si cette tendance se maintient face aux Hurricanes de la Caroline.

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« Il est évident que nous voulons faire notre part pour aider l’équipe », a commenté le capitaine Nick Suzuki, mercredi, à la veille du premier match de la série. « Ça peut être dans notre territoire, en produisant offensivement ou sur l’avantage numérique, qui a été plutôt efficace – nous avons notre mot à dire là-dedans.

« Mais à 5-contre-5, nous devons assurément trouver un moyen de produire davantage si l’on veut continuer à avancer. Il n’y a pas de problème majeur, seulement des petits jeux ici et là. On peut tous les trois faire un meilleur boulot. C’est emballant d’être ici bien que nous n’ayons pas produit à notre rythme habituel.

« D’autres gars se sont levés pour nous aider. Nous devons leur retourner la faveur et jouer un peu mieux. »

Les chiffres sont assez frappants, et sans équivoque.

Il aura fallu attendre 11 matchs avant de voir Suzuki, Juraj Slafkovsky et Cole Caufield unir leurs efforts pour inscrire leur premier but à forces égales dans ces séries – l’œuvre du petit attaquant en première période du cinquième match face aux Sabres de Buffalo.

En 14 rencontres au total, Suzuki s’est plutôt bien tiré d’affaire en amassant deux buts et cinq points dans cette situation, mais c’est assez tranquille chez les deux autres. Caufield a un but et une aide à sa fiche, tandis que Slafkovsky a été limité à une seule passe.

Au chapitre des statistiques avancées, les trois ont été dominés au chapitre des buts (1-8), des buts attendus, des tirs au filet (49-58) et des chances dangereuses (24-31). Ce sont toutes des catégories dans lesquelles ils ont eu le dessus en saison régulière.

« Il y a eu des périodes où ils ont bien joué et des périodes où ils auraient pu mieux jouer », a souligné le directeur général Kent Hughes. « Mais depuis le début des séries, ça se passe des deux côtés. Les grands joueurs de chaque équipe n’ont pas produit au même rythme qu’en saison régulière. Ça fait partie des séries. 

« J’ai trouvé qu’ils ont mieux joué dans le dernier match et je m’attends à ce qu’ils continuent sur cette voie. »

Ça ne s’annonce pas facile contre une équipe qui joue de façon très hermétique et qui n’a accordé que dix buts en huit matchs ce printemps. Ce sera le jour et la nuit avec le style surtout offensif prôné par les Sabres, qui ont tout de même réussi à museler le gros trio de Martin St-Louis.

« Ils ont d’excellents joueurs en défensive de l’autre côté, a reconnu Caufield. Ils sont tout le temps dans ta face, et il faut trouver une façon de les battre en groupe. C’est ce qu’on a essayé de faire durant la saison. »

Si les gros canons du Tricolore veulent se rabattre sur du positif, ils pourront se dire qu’ils ont produit quatre buts et n’en ont accordé aucun dans les trois victoires contre les Hurricanes cette saison. Ils n’ont pas eu le dessus au chapitre des chances de marquer ni dans les tirs, mais on ne s’enfargera pas dans les fleurs du tapis…

La clé pour le CH sera de s’approcher le plus possible de ce qu’ils ont fait pendant l’année pour espérer battre la meilleure équipe de l’Est. Ça implique le retour en force du premier trio tel qu’on le connaît.

« Nous devons jouer à notre façon, a conclu Hughes. Je crois fermement à ça. Je ne connais aucune organisation qui connaît du succès en se transformant chaque fois qu’elle fait face à un nouvel adversaire. »