« C’est quelque chose qui m’a impressionné lorsque je l’ai vu jouer à la télévision au Championnat mondial junior et dans ses faits saillants, a expliqué Murphy. Tout le monde parle de son tir de classe mondiale, mais il faudrait davantage parler de la manière dont il lit le jeu et qu’il parvient à réaliser les jeux qui s’offrent à lui. Il ne cherche pas tout le temps à lancer. »
La simple menace que représente le tir de Bedard profite à ses coéquipiers.
« Il sait que nos adversaires vont respecter son tir, ce qui lui ouvre des lignes de passe, a analysé Murphy. J’ai pu marquer ce soir parce que tout le monde à la mise en jeu cherchait tellement à l’empêcher de tirer que ça a créé de l’espace pour que quelqu’un d’autre décoche un lancer. »
Bedard a mené la Ligue de hockey de l’Ouest pour les buts (71), les points (143), les tirs (360), les points par match (2,51) et les buts par match (1,25) en 57 rencontres de saison régulière avec Regina la saison dernière. Ses 72 mentions d’aide l’ont placé à égalité au premier rang de la ligue avec l’attaquant Riley Heidt de Prince George.
Il exerce déjà un impact avec les Blackhawks, que ce soit pendant les matchs préparatoires, à l’entraînement… ou même après les entraînements. Samedi, pendant environ 20 minutes après la fin officielle de l’entraînement, Bedard est demeuré sur la glace, et a décoché des tirs pendant environ 10 minutes alors qu’il était seul sur la patinoire. Son énergie et sa passion pour son sport sont contagieuse au sein d’une équipe qui cherche à renouer avec sa gloire passée, alors qu’elle a remporté la Coupe Stanley à trois reprises il n’y a pas si longtemps (2010, 2013, 2015).
« Avoir de jeunes joueurs et des recrues dans l’entourage de l’équipe, ça donne de l’énergie à tout le monde, a affirmé Murphy. Voir à quel point ils veulent s’améliorer, que ce soit Connor, Kevin (Korchinski), et tous ces gars qui sont avec nous, ils veulent devenir le meilleur joueur qui leur est possible d’être et devenir des joueurs d’impact dans la LNH. Ça devient vraiment contagieux, et vous voulez travailler aussi fort qu’eux afin de les voir connaître du succès. Vous voulez travailler fort pour être un bon coéquipier pour eux. »
L’entraîneur des Blackhawks Luke Richardson a qualifié le jeu de Bedard avec la rondelle de « manière différente de penser ». Ce constat a été mis en évidence mardi.
« Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en troisième période, la seule fois qu’il a été pris dans un coin en fond de zone, il a envoyé la rondelle sur la bande afin de la reprendre plus loin et se sortir du trouble », a souligné Richardson. La plupart des joueurs ne feraient jamais ça ou n’y penseraient même pas. C’est très unique, et ça va lui permettre d’obtenir plus de temps avec la rondelle en attaque. C’est beau à voir. »
On pouvait sentir que Bedard avait hâte d’inscrire un premier filet en matchs préparatoires, et ce ne sont pas les chances qui manquaient. Il n’a pas vraiment réagi après son but dans une cage déserte contre Detroit, son premier avec Chicago, mais Richardson a apprécié.
Les Blackhawks amorceront leur saison régulière le 10 octobre contre les Penguins de Pittsburgh.
« Il veut marquer un beau but, et je ne sais même pas s’il compte les (buts dans un filet désert), mais moi oui, a-t-il lancé. Il n’y a pas d’images dans la colonne des buts inscrits, ce ne sont que des chiffres. Il voulait surtout connaître un bon match ici à domicile.
« Je trouve qu’il est dur avec lui-même, donc on va devoir lui permettre de relaxer et s’assurer qu’il profite de ces moments, parce que les victoires sont difficiles à aller chercher dans la LNH, et ce sera encore plus le cas lorsqu’on commencera pour vrai. »