La poussière retombe tranquillement pour Kevin Reidler, à la conclusion d’une semaine fort chargée, couronnée par son premier match en carrière en tant que gardien de buts professionnel.
Le jeune athlète suédois de 21 ans était devant le filet des Senators de Belleville, mercredi, lors d’un revers de 3-0 contre les Comets d’Utica.
Même s’il a été surpris de se retrouver devant le filet, parce qu’on l’a mis au courant de la décision peu de temps avant le match, Reidler n’a pas eu l’air trop déstabilisé. Il a quand même réussi à repousser 26 rondelles.
« On m’a demandé de jouer juste avant le match, mais je me sentais quand même prêt. Je m’y préparais depuis le début de la semaine », dit-il. « Quand la surprise s’est dissipée, j’étais surtout fébrile et content. J’ai été capable de me préparer mentalement pour ce match. Quand j’y repense, même si nous n’avons pas gagné, j’ai eu beaucoup de plaisir durant ce match. C’est quelque chose que je vais emmener avec moi durant mon programme d’entraînement estival. »
Reidler a été un choix de cinquième ronde (151e au total) lors du repêchage de la LNH en 2022. Plutôt imposant, à six pieds et six pouces, il venait alors de compléter une saison d’apprentissage au sein de la section hockey du club omnisports AIK, en Suède.
Dès lors, il a commencé à rêver d’un avenir sur les patinoires nord-américaines.
Reidler a passé la saison 2023-24 dans la USHL, avec les Fighting Saints de Dubuque. Il a fait le saut dans la NCAA l’automne suivant, avec l’Université du Nebraska à Omaha. Au terme d’une campagne peu occupée, il a profité de la fenêtre de transferts pour passer chez les Nittany Lions de Penn State. Au cours des derniers mois, il a côtoyé l’espoir de premier plan du repêchage 2026 de la LNH, Gavin McKenna.
« J’aurais pu prendre de mon temps. Il me restait deux années d’éligibilité dans les rangs universitaires », explique-t-il. « Je savais depuis longtemps que je ne laisserais jamais passer une opportunité de signer un contrat avec une belle organisation comme celle des Sénateurs, si cette opportunité se présenterait. »
L’opportunité s’est bel et bien présentée à la fin de la saison. Reidler a paraphé un contrat d’une durée de deux ans, qui entrera en vigueur au début de la saison 2026-27.
« Les trois années qui se sont écoulées depuis mon départ de la Suède m’ont aidé à me préparer pour cette opportunité. J’ai pu m’habituer à évoluer sur les plus petites patinoires de l’Amérique du nord. Dans les rangs juniors, j’ai joué plein de matchs. Dans les rangs universitaires, j’ai pu travailler davantage sur mon développement, tant physique que mental. »
À compter de l’automne prochain, Reidler mettra tout ça en pratique, qu’il se retrouve à Belleville ou ailleurs.
Profiter du moment
Reidler paraît un peu gêné de mentionner Henrik Lundqvist, quand on lui demande de parler des gens qui l’ont inspiré dans son parcours. « Je sais… C’est la réponse évidente pour un gardien de buts qui vient de Suède », dit-il.
Il cite alors un autre bon gardien qui est originaire de son pays, Jacob Markstrom. « Il est originaire de la même ville que moi », dit-il. « Je l’ai vu jouer, dans ma ville, avant qu’il ne quitte pour entreprendre sa carrière dans la LNH. Nous avons le même gabarit. J’essaie de pratiquer un style similaire au sien. »
Markstrom devrait normalement atteindre le plateau des 600 matchs en carrière, la saison prochaine, ce qui n’est pas rien. Dans toute la LNH, seulement 55 gardiens ont réussi à atteindre ce plateau jusqu’ici.
Reidler tient quand même à ce qu’on sache que son admiration pour Lundqvist, le king, n’est pas fortuit.
« Je l’ai rencontré à quelques occasions lors de son camp de hockey estival », insiste-t-il. « Avant le Championnat mondial de hockey junior, en 2024, j’ai même eu la chance de discuter avec lui pour apprendre à le connaître davantage. Cette année-là, le tournoi avait lieu à Göteborg, où il avait passé quelques années en début de carrière. Il était donc de retour en ville pour soutenir les gardiens de la Suède. C’est là que j’ai pu lui poser quelques questions. »
Et puis?
« Pour lui, il est capital de s’amuser et pour s’amuser, il faut savoir profiter du moment. Il est facile pour un gardien de s’égarer en pensant à plusieurs choses. Il est important de s’amuser et de profiter du moment. C’est très utile pour un gardien. Et c’est quelque chose qui occupait mon esprit dans mon premier match avec Belleville. »
Reidler a toujours eu un faible pour les jumeaux Daniel et Henrik Sedin, aussi, même s’ils n’étaient pas gardiens.
« J’ai toujours aimé leur façon de se comporter en général. »


















