L’histoire est tellement belle qu’on a du mal à y croire.
Jaxon Cover est devenu le premier joueur originaire des Îles Caïmans à être repêché par une équipe de la Ligue nationale de hockey, vendredi soir. Les Sénateurs l’ont sélectionné au 32e échelon en première ronde.
Joueur de roller-hockey, enfant, Cover a sauté sur la glace pour la première fois en 2021 lorsqu’il est arrivé au St. Andrew’s College d’Aurora, en Ontario. Ses parents ont décidé de l’inscrire dans cet établissement quand ils ont réalisé qu’il était possiblement trop bon au hockey pour continuer de vivre sur une île où il n’y a pas de patinoires (glacées).
Dimanche, Cover est arrivé à Ottawa pour prendre part au camp de développement estival des Sénateurs. Il a chaussé les patins pour la première fois dans la capitale nationale lundi après-midi, pour patiner avec les autres espoirs de l’organisation.
« C’était génial de me retrouver dans un environnement aussi compétitif. Le jeu est robuste, ici, et j’adore ça. C’était une vraie bonne séance d’entraînement », a dit Cover en quittant la glace.
« Quand j’ai donné mes premiers coups de patin, j’ai tout de suite réalisé que les gars sont bien plus gros que moi. Je suis prêt à mettre les efforts nécessaires cet été. Je vais devenir plus gros, plus fort. Je me suis quand même senti à ma place ici. Je me suis bien défendu. »
Cover estime que ses deux entrevues avec les dépisteurs d’Ottawa ont été positives. Il ne s’attendait quand même pas à entendre son nom aussi tôt, en première ronde. Il était heureux de se trouver à Buffalo, vendredi. Ça lui a permis de vivre un moment unique avec ses parents.
« J’ai été capable de prendre mes parents dans mes bras quand j’ai entendu mon nom. Il y avait de l’émotion dans l’air. C’était magique d’être là pour vivre tout ça », dit Cover, tout en précisant que son père a été son plus grand modèle, jusqu’ici.
Le père de Jaxon, Patrick, a grandi dans un environnement où le hockey sur glace était un sport important à Etobicocke, en Ontario. Il a rencontré la mère de Jackson, Nan, quand il fréquentait l’Université Andrews, dans le sud-ouest du Michigan.
Quand il a complété ses études en gestion et en comptabilité, Patrick a décidé de suivre Nan dans son pays natal. Sur les Îles Caïmans, le couple a élevé leurs deux fils, Jaxon et Jaeden. Patrick a commencé à jouer dans une ligue récréative de roller-hockey. Plus tard, il a lancé un programme pour les enfants. Ce programme a permis à ses deux fils de s’initier à leur tour au sport.
« Il a été ma plus grande source d’inspiration. Il était mon modèle. Je le regardais travailler très fort. Je l’accompagnais parfois au travail, le week-end. Je faisais mes devoirs à ses côtés. Je passais des heures supplémentaires à la patinoire, avec lui, pour faire des exercices de plus. Je ne serais pas ici, aujourd’hui, sans son aide », dit Cover.
Cover attribue son instinct offensif aux nombreuses heures passées au King’s Sports Centre, sur l’île de Grand Cayman. C’est là aussi qu’il a appris à prendre du plaisir et à aimer ce sport avant tout.
« Je dirais que j’ai développé mon amour pour le hockey dans un environnement où les entraîneurs ne me mettaient jamais de pression. Personne n’était sur mon dos quand je faisais des erreurs. Je suis très reconnaissant », dit Cover.
« Surtout, la patinoire était disponible 24 heures sur 24, sept jours par semaine. Je pouvais y aller quand je voulais. Je décochais des lancers. Je m’amusais. Le roller-hockey m’a permis de devenir le joueur que je suis aujourd’hui. Je suis un joueur calme. C’est en grande partie à cause du roller. »
C’est notamment ce parcours qui fait de Cover un espoir si unique et si prometteur. Son jeu se caractérise par une imprévisibilité qu’il a affinée au fil de longues heures passées sur la piste de roller. Lorsqu’il est sur la glace, du moins quand il a la rondelle sur son bâton, il perçoit la surface de la même manière qu’il percevait les dalles du King’s Sports Centre.
« Je dirais que dans la zone offensive, je vois la glace exactement de la même manière : j’essaie simplement de créer des occasions pour mes coéquipiers et de mettre la rondelle au fond du filet », a déclaré Cover.
« J’aime bien analyser les défenseurs, voir s’ils anticipent mes mouvements. J’essaie de lire leurs pieds et la position de leur corps ; je dirais que je dois en grande partie cette capacité à mon expérience du roller. »
Cover a été repêché par les Knights de London en quatrième ronde du repêchage de la Ligue de l’Ontario (OHL) en 2024. Il a pris part à ses trois premiers matchs avec les Knights vers la fin de la saison 2024-25. Il a vraiment fait sa place en 2025-26, quand il a marqué 20 buts et récolté 52 points. Il a pris le quatrième rang au classement des meilleurs marqueurs parmi les recrues de l’OHL.
« L’environnement de St. Andrew’s était différent pour moi. Je me suis quand même adapté assez rapidement. Quand je suis parti pour London, j’étais nerveux. C’est une équipe de pointe. Je ne voulais pas décevoir les dirigeants », dit Cover.
« Ils ont pris une chance quand ils m’ont repêché. Ils tenaient vraiment à ce que je joue avec eux. Je me suis mis au travail rapidement. J’ai baissé la tête et j’ai foncé. Je voulais être une éponge et absorber tout ce qu’on me disait. Dale et Mark Hunter sont deux des hommes de hockey les plus brillants sur la planète. Je suis chanceux de pouvoir apprendre en leur compagnie. »
Tout comme les frères Hunter, les Sénateurs sont curieux de voir à quel point Cover peut grandir. À six pieds et deux pouces, avec son gabarit, son talent naturel et sa vision du jeu, il pourrait devenir un atout pour l’organisation.
« Le fait qu’il jouait au roller-hockey il y a cinq ans, c’est une belle histoire, mais nous l’avons sélectionné parce que nous pensons qu’il a du potentiel, qu’il a du talent et qu’il a toutes les chances de devenir un joueur offensif », a déclaré vendredi soir Don Boyd, responsable du recrutement des Sénateurs.






















