LHEUREUX BADGE LANDRY

Parmi les scénarios envisagés par Zachary L’Heureux avant le début de la saison 2025-26, celui qu’il allait vivre ne lui avait jamais traversé l’esprit.

De son propre aveu, le couperet tombé au terme du camp d’entraînement des Predators de Nashville, en septembre, fut une très grosse surprise. Après une saison recrue de 62 matchs dans la capitale du country, la saison dernière, les ambitions du Québécois étaient grandes.

« J’avais eu un très bon été d’entraînement, et j’avais montré de la progression. À mon sens, je n’ai pas connu un mauvais camp, même si j’ai raté une semaine d’activités en raison d’une petite blessure », s’est remémoré L’Heureux dans une entrevue téléphonique avec LNH.com, vendredi. « On m’a dit que d’autres joueurs m’avaient surpassé. Je n’étais pas d’accord, mais ce n’est pas à moi que ça revient.

« Je suis un joueur de hockey, la seule chose que je pouvais faire, c’était d’aller leur prouver qu’ils avaient pris la mauvaise décision. »

L’attaquant de 22 ans a donc pris la direction de Milwaukee, dans la Ligue américaine, en voulant se servir de cette adversité pour en ressortir grandi. Puis, la vie lui a envoyé une autre balle courbe. Après seulement sept matchs, il s’est à nouveau blessé.

« Disons que ça n’a pas été un début d’année facile, a avoué L’Heureux. Quand je suis arrivé à Milwaukee, j’avais vraiment la bonne attitude. Puis, j’ai subi une fracture à un pied peu de temps après. J’en ai eu pour deux mois de réadaptation. »

Encore une fois, il ne s’est pas apitoyé sur son sort. Dès son retour au jeu, un peu avant Noël, L’Heureux a brillé avec 12 points en sept matchs.

La première récompense est finalement venue le 22 février : un premier rappel cette saison avec les Predators, quelques jours avant la reprise des activités dans la LNH au terme de la pause olympique.

« Avec le recul, c’est probablement un passage dont j’avais besoin à Milwaukee. J’en ai tiré avantage, mais là, j’en suis à un point où je ne veux plus jamais y retourner! », a lancé L’Heureux en riant. « Je jouais vraiment mon meilleur hockey. J’ai retrouvé ma confiance et le plaisir de jouer. »

La confiance, on la sent dans sa voix au bout du téléphone. Même s’il n’a inscrit qu’un but en 11 matchs depuis son rappel, le Montréalais a le sentiment de faire ce tout le nécessaire pour plaire à ses entraîneurs et consolider sa place au plus haut niveau.

« Je crois que j’applique beaucoup mieux les petits détails que l’an dernier. Je suis vraiment plus impliqué dans le jeu, je crée plus de chances de marquer, je gagne plus mes batailles à un contre un, mon côté physique est là », a énuméré L’Heureux, qui mène les Predators avec 23 mises en échec depuis le 26 février.

« Même si les points ne sont pas nécessairement là, je ne suis pas inquiet que ça va venir parce que je joue de la bonne façon. Je fais de bonnes choses sur la glace. Je joue du très bon hockey. Je le sens, et je le sais. Je suis en pleine confiance. »

Visiblement, il n’est pas le seul à l’avoir remarqué. Mercredi, les Predators ont consenti un nouveau contrat de deux ans – à un seul volet – d’une valeur annuelle moyenne de 875 000 $ au jeune ailier gauche. Cette deuxième récompense est arrivée plus tôt que ne l’anticipait le principal intéressé.

« Je savais que c’était une année de contrat et donc une grosse année pour moi. Avec tout ce qui s’est passé, je ne savais pas trop quelle direction ça prendrait, a-t-il admis. Dans ma tête, si je continuais à bien faire les choses, j’allais recevoir une offre cet été. Mais mon agent m’a appelé et m’a dit que l’équipe l’avait contacté pour voir à conclure une entente plus tôt. C’était difficile de dire non à l’offre qu’ils m’ont soumise. »

L’Heureux garde toute son attention sur la saison en cours, mais avec cette nouvelle entente en poche, il se fixe déjà des objectifs à plus long terme.

« D’ici la fin de la saison, je veux montrer que je suis un joueur qui appartient à temps plein à la Ligue nationale pour que lors des réunions de fin d’année, on me dise qu’on a confiance en moi, a-t-il expliqué. Je veux m’établir l’an prochain, gagner un poste dès le camp d’entraînement, ce que je n’ai pas encore réussi à faire dans ma carrière. C’est la prochaine étape pour moi. »

Tout près du but

L’Heureux est arrivé à Nashville dans un contexte un peu particulier en février. Entre son rappel et la date limite des transactions du 6 mars, les Predators ont échangé quatre joueurs, principalement en retour de choix au repêchage.

Malgré tout, l’équipe continue de se battre et est au plus fort de la course dans l’Ouest. Nashville a remporté un duel très important face au Kraken de Seattle jeudi et n’est plus qu’à un point d’une place en séries.

« On est là. On sait que l’opportunité est plus présente que jamais, qu’on a une chance de faire les séries. Pas seulement une minime chance, une vraie chance, a remarqué L’Heureux. Les échanges qui ont été faits ont ouvert des portes à moi et à beaucoup d’autres jeunes. Je pense que nous avons élevé notre jeu pour offrir notre meilleur rendement.

« C’est le meilleur temps de l’année. Je crois que c’est la première fois de ma carrière où je me retrouve à ce temps-ci de l’année dans une situation où chaque match est ultra important. C’est un nouveau feeling pour moi, mais c’en est un bon. Ça rend chaque match tellement emballant. Tu veux faire la différence chaque soir. Il y a de l’emballement dans le vestiaire. »

Le contraste est énorme par rapport à la saison dernière, alors que les Predators avaient terminé au 30e rang du classement général. Selon L’Heureux, le fait que tout le monde voyait Nashville connaître une autre saison difficile a donné beaucoup de motivation aux troupes.

« L’an dernier, avec la façon dont tout se déroulait, on avait beaucoup de pression sur les épaules. Et quand les choses vont mal, on dirait que tout s’amplifie, a-t-il noté. Là, on joue du hockey amusant, car on sait qu’on a une chance. C’est vraiment une question d’état d’esprit. »