En inscrivant son deuxième but du match, Ehlers a libéré les Hurricanes d’un immense poids en soutirant un gain de 3-2 lors de ce deuxième match de la finale de l’Est, samedi, au Lenovo Center. La série est maintenant de retour à la case départ avec une égalité de 1-1.
Dans le vestiaire de l’équipe adverse après le match, Dobes a fait comme il le fait souvent après un revers : il a placé une portion du blâme sur ses épaules.
« Quand tu rentres en prolongation, tu veux offrir une chance de gagner à ton équipe, a-t-il dit. Ils ont marqué sur leur première bonne chance. J’aurais voulu aider mes coéquipiers plus longtemps. C’est maintenant 1-1 dans la série. Nous rentrerons à la maison. Nous restons dans une bonne position. »
À quelques mètres du casier de Dobes, Alexandre Carrier n’avait pas la même lecture que son coéquipier.
« Ce n’est pas de sa faute. Sur ce jeu, il y a un revirement en zone neutre, a rappelé le défenseur. Ehlers s’est retrouvé avec de l’espace. Il est un excellent joueur et il a décoché un bon tir. “Doby” n’est vraiment pas à blâmer. »
Dans une conférence de presse à peine plus longue que les trois minutes de la prolongation, Martin St-Louis n’a pas aimé une question d’un collègue qui lui a demandé s’il s’attendait à une longue prolongation et si c’était pour cette raison qu’il n’avait pas coupé son banc.
« Pourquoi tu me demandes ça? », a répliqué St-Louis.
« Parce que le quatrième trio était là (sur la glace) et c’était le début de la prolongation », a répondu Guillaume Lefrançois, de La Presse.
« Oui, il était là », a mentionné St-Louis pour clore la discussion.
St-Louis avait visiblement décidé de miser sur ses quatre trios et ses six défenseurs dans ce deuxième match contre les Hurricanes. Il avait opté pour la même stratégie lors de la victoire de 6-2 dans le premier duel jeudi soir. Après deux marathons de sept matchs contre le Lightning de Tampa Bay et les Sabres de Buffalo, l’entraîneur en chef cherchera à maximiser l’énergie de ses joueurs et pour y arriver, il ne voudra pas trop surtaxer ses meilleurs éléments.
Cette philosophie se défend très bien. Mais il est possible de se questionner sur la présence de Kapanen pour le troisième match de cette finale de l’Est. Depuis son retour au jeu lors du septième affrontement du deuxième tour contre les Sabres, le numéro 91 n’a obtenu aucun point en trois matchs et il n’a pas trouvé ses repères au centre du quatrième trio avec Zachary Bolduc et Kirby Dach.
En trois matchs, Kapanen n’a joué que 4:45, 8:59 et 10:01. Joseph Veleno, qui a participé à six des sept matchs contre les Sabres, pourrait prendre le relais de Kapanen au prochain match.
Le véritable visage des Hurricanes
Josh Anderson a marqué les deux buts des visiteurs dans cette cause perdante. Anderson a forcé la prolongation en touchant la cible alors qu’il restait un peu plus de sept minutes à jouer en troisième période.
Après une victoire facile d’entrée de jeu dans cette finale de l’Est, le CH s’attendait à voir les Hurricanes rebondir. Et c’est exactement ce qui est arrivé.
La bande à Rod Brind’Amour a retrouvé sa propre identité, décochant plusieurs tirs en direction du filet adverse en plus d’étouffer l’équipe adverse avec une pression constante sur le porteur de la rondelle.
Au chapitre des tirs, les Canes ont dominé 26-12 dans ce match. Le déséquilibre était encore plus fort au niveau des tirs tentés à 68 contre 38. Dans la catégorie des mises en échec, les locaux ont également eu le dessus 46-16. Selon les statistiques avancées, les locaux ont obtenu 10 chances de marquer de grande qualité à cinq contre cinq contre 7 pour les visiteurs.
Beaucoup plus discret qu’au premier match, Nick Suzuki a expliqué l’incapacité de son équipe à générer des tirs d’une façon simple.
« Je trouve que c’était un peu de notre faute, a dit le capitaine. Nous manquions d’exécution et en supériorité numérique (0-en-2), nous n’avons rien généré. Il y avait des trous dans notre jeu. »
St-Louis a aussi pointé du doigt l’exécution de son équipe.
« Les Hurricanes ont de bons bâtons, mais notre exécution n’était pas aussi bonne, sans être terrible, a-t-il expliqué. Dans l’ensemble, je trouve que c’était une bataille. Nous restions combatifs. Il y a une ligne fine entre gagner et perdre.
« Les petites poches d’espace étaient là, mais nous manquions d’exécution. Nos défenseurs ne pouvaient pas rentrer dans les vagues à l’attaque. Sans une bonne exécution, nous ne pouvions pas attaquer. »
Sur le plan stratégique, Brind’Amour a aussi changé ses plans pour ralentir le premier trio du CH. Il a placé Jordan Staal, avec Ehlers et Jordan Martinook, dans les pattes de Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky. Au premier match, les Canes avaient confié cette mission à leur premier trio (Sebastian Aho, Andrei Svechnikov, Seth Jarvis).