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Gagné : Le CMJ, une expérience que tous les joueurs devraient vivre

Notre chroniqueur nous raconte comment sa participation au tournoi en 1999 l'a aidé pour le reste de sa carrière

par Simon Gagné / Chroniqueur LNH.com

Simon Gagné a disputé 14 saisons dans la LNH et il a réussi 291 buts et totalisé 601 points en 822 matchs, connaissant notamment deux saisons de 40 buts et plus. Il a remporté la Coupe Stanley dans l'uniforme des Kings de Los Angeles en 2012. Sur la scène internationale avec le Canada, il a savouré la conquête de la médaille d'or aux Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City et la conquête de la Coupe du monde en 2004. L'attaquant sélectionné au 22e rang du repêchage 1998 a successivement porté les couleurs des Flyers de Philadelphie, du Lightning de Tampa Bay, des Kings et des Bruins de Boston. Simon a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine afin de discuter de l'actualité de la LNH.

Ça y est! Les vacances sont commencées et les cadeaux sont déballés. Les classiques du temps des Fêtes roulent en boucle à la radio, et à la télévision, on a la chance de renouer avec nos souvenirs d'enfance en s'installant devant Ciné-Cadeau… et le Championnat mondial de hockey junior!

Comme tous les jeunes partisans de hockey, je regardais assidûment le Championnat mondial junior (CMJ) quand j'étais ti-cul. Ce tournoi est toujours idéalement situé pour les jeunes : pas d'école, et souvent en pause de hockey mineur… C'est une belle tradition du temps des Fêtes, et ça faisait partie des célébrations dans ma jeunesse, au même titre que Noël et le jour de l'An. 

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C'est d'ailleurs l'une des rares choses qui m'ont frustré quand j'ai atteint la LNH à Philadelphie, d'avoir beaucoup plus de difficulté à regarder ce tournoi. Comme la Ligue ne fait pas relâche à cette période de l'année et que l'engouement n'est pas aussi grand aux États-Unis, c'était beaucoup plus difficile pour moi de voir les matchs.

À mon avis, le hockey qui se joue au Championnat mondial junior est le plus beau et le plus spectaculaire, à l'exception des séries éliminatoires et des Jeux olympiques. 

Participer à ce tournoi a fait de moi un meilleur joueur, un joueur bien plus prêt à évoluer dans la LNH, un joueur qui avait beaucoup plus confiance en lui. En plus d'avoir compris que j'étais capable de rivaliser avec les meilleurs sur la glace, j'avais aussi pu améliorer mon anglais. Ça peut paraître anodin, mais de briser la barrière de la langue pendant un mois m'a énormément aidé.

Avant même de rêver à la Ligue nationale de hockey, je rêvais de participer au Championnat mondial junior parce que ce rêve me semblait plus proche, plus accessible. 

Claude Julien, un allié de taille

J'ai finalement pu réaliser ce rêve en 1999. Je me suis présenté au camp estival en compagnie d'une quarantaine de joueurs, dont plusieurs avaient été des choix de première ronde en 1997, ou alors des joueurs sélectionnés avant moi en 1998. J'avais été un choix de fin de première ronde (22e au total) et je savais que ce ne serait pas facile de faire ma place. C'était à moi de connaître un bon début de saison pour être invité au camp principal, et c'est ce qui s'est produit pour moi.

Je me suis présenté là au début du mois de décembre avec l'idée que je n'allais pas être de retour avec mon équipe junior avant un bon bout de temps. Tous les joueurs présents au camp, du moins à cette époque, car la manière de fonctionner a changé depuis, redoutent de recevoir un appel fatidique, très tôt le matin, qui leur annonce que leur aventure se termine. Le téléphone a déjà sonné dans ma chambre, mais c'était pour mon cochambreur… Je peux vous dire que ce sont des moments difficiles pour ceux qui se trouvent tout près de leur rêve, mais qui voient celui-ci partir en fumée.

Quand j'ai finalement su que je faisais partie de la formation, oui, il y a eu un petit pincement au cœur parce que je savais que je n'allais pas revenir voir ma famille pendant le temps des Fêtes, mais ce fut vite oublié quand j'ai réalisé quelle aventure j'allais vivre, probablement pour la seule fois de ma vie.

Quand le tournoi s'est amorcé, j'évoluais sur les deux derniers trios et je n'avais pas un grand rôle. En tant que Québécois, le seul de l'équipe de surcroît en compagnie du gardien Roberto Luongo, je n'étais pas vraiment connu par l'entraîneur-chef Tom Renney et je devais travailler plus fort pour gagner sa confiance. 

Heureusement pour moi, Claude Julien était entraîneur adjoint et il me connaissait bien. Il a poussé pour que j'obtienne plus de responsabilités. Renney a vu que j'étais capable d'en prendre, j'ai fait mes preuves à mesure que le tournoi progressait et j'ai obtenu la chance d'évoluer sur des trios plus offensifs.

J'ai marqué de gros buts, pour finalement terminer au premier rang des buteurs du tournoi, devant des joueurs comme Brian Gionta, Scott Gomez et les jumeaux Daniel et Henrik Sedin. C'est à partir de ce moment-là que je me suis mis à croire que j'allais être capable de jouer dans la LNH dès la saison suivante. Je venais de tenir mon bout dans un tournoi où je me mesurais à des joueurs repêchés avant moi. Je suis retourné avec les Remparts de Québec en pleine confiance.

Un groupe spécial

Lorsque je recroise les joueurs de l'édition 1999 d'Équipe Canada junior, autant ceux qui ont atteint la Ligue nationale de hockey que les autres, nous parlons de notre participation au tournoi comme si cet événement avait eu lieu hier.

L'édition 1999 du Championnat mondial junior avait lieu à Winnipeg, devant nos partisans. Nous avons vécu quelque chose de spécial, même si nous avons subi une défaite crève-cœur en finale, en prolongation contre la Russie.

Même si nous avons perdu, nous misions sur un groupe très uni, possiblement le plus spécial avec lequel j'ai joué. C'est certain que l'expérience des Jeux olympiques était particulière, mais là, nous étions un groupe de jeunes du même âge, qui vivaient un peu la même chose au même moment.

À titre de seuls Québécois de l'équipe, moi et Roberto avons passé beaucoup de temps ensemble. Parmi mes autres coéquipiers, j'avais tissé des liens particulièrement serrés avec Adam Mair et Brenden Morrow, qui ont été mes cochambreurs. Moi, Morrow et Brad Leeb avons aussi évolué sur le même trio, ce qui a contribué à resserrer nos liens.

Dans un monde idéal, tous les joueurs de hockey auraient la chance de vivre cette expérience au moins une fois dans leur carrière avant d'atteindre la LNH. Représenter son pays est toujours une expérience extraordinaire, et ce tournoi est peut-être un peu plus spécial que les autres.

Au-delà du fait de représenter son pays, participer à ce tournoi ne peut être que bénéfique pour tous les joueurs qui ont la chance d'y aller. Dans une carrière, chaque joueur accumule un bagage et garnit son coffre à outils. C'est ce qui va l'aider à mieux réagir dans différentes situations dans le futur, que ce soit dans les séries éliminatoires ou la Finale de la Coupe Stanley. Je peux vous dire que mon coffre à outils s'est rempli de façon incroyable grâce à ma participation au Championnat mondial junior.

Je souhaite à Équipe Canada la meilleure des chances en République tchèque cette année, ainsi qu'un bon tournoi 2020 et un joyeux Noël à tous les amateurs de hockey!

*Propos recueillis par Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

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