Sidney Crosby warmups

MILAN – Les caméras restaient braquées sur chacun des joueurs qui sortaient du vestiaire pour embarquer sur la glace secondaire du Santagiulia Arena. Ils attendaient de voir si le capitaine Sidney Crosby participerait à cet entraînement optionnel du Canada à la veille de la demi-finale contre la Finlande.

Crosby n’a jamais posé ses patins sur la petite patinoire d’entraînement. Le capitaine était l’un des cinq absents dans le camp canadien. Nathan MacKinnon, Brad Marchand, Cale Makar et Devon Toews ont également opté pour le repos au lendemain de cette victoire dramatique de 4-3 en prolongation face à la Tchéquie en quarts de finale.

Dans la minuscule zone mixte de l’aréna d’entraînement, Jon Cooper a répondu une dizaine de fois à la même question, soit celle sur le statut de son capitaine. Il répétait toujours la même ligne.

« Sid n’est en aucun cas exclu du tournoi, a dit le charismatique entraîneur. Je peux dire la même chose pour (Josh) Morrissey. Nous avons les meilleurs des meilleurs (médecins, thérapeutes) pour travailler avec eux. Ils se retrouvent dans le même bateau. Nous regarderons ça une journée à la fois. Nous ne placerons aucun de nos joueurs à risque. Mais si Crosby peut jouer, il sera là. Nous aurons une meilleure idée dans 24 heures. »

En deuxième période du match contre les Tchèques, Crosby a perdu l’équilibre en voulant éviter une mise en échec de Radko Gudas en zone neutre. En chutant, il s’est tordu la jambe droite dans une position peu recommandable, même pour un contorsionniste. Il s’est rapidement relevé pour poursuivre l’action, mais il s’est fait frapper une autre fois, entrant en collision avec Gudas et Martin Necas. Crosby a fait deux enjambées pour ensuite retraiter vers le banc des siens.

Assis à l’extrémité du banc, il a discuté avec l’un des soigneurs de l’équipe avant de finalement retraiter au vestiaire. Il n’est pas revenu au jeu. Et sa présence semble maintenant incertaine pour le tour des médailles.

« Il est Sidney Crosby. Il gardera une grande influence pour notre équipe, peu importe ce qui arrivera, a prédit Connor McDavid. Qu’il soit en uniforme ou non, il restera une voix et une présence importante. C’est toujours ce qu’il fait. »

« Nous aurons besoin de voir d’autres joueurs saisir le relais, a renchéri le défenseur Drew Doughty. Il est toujours dans notre entourage et nous ne connaissons toujours pas son statut pour le reste du tournoi. Il demeure un meneur pour nous. Nous misons sur de très bons leaders, mais c’est pratiquement impossible de remplacer un capitaine comme Sid. »

À Sotchi en 2014, Doughty a gagné l’or aux côtés de Crosby. Douze ans plus tard, les deux vieux rêvaient de grimper une autre fois sur la plus haute marche du podium. L’un pourrait le faire avec des patins, alors que l’autre pourrait y être seulement en survêtement de l’équipe canadienne.

« Je ne trouve même pas les bons mots pour décrire son influence, a noté le défenseur des Kings de Los Angeles. Depuis plusieurs années, Sid est celui qui montre aux plus jeunes la façon de se comporter quand tu portes le chandail du Canada. J’ai la chance de jouer avec lui. C’est un honneur. »

À l’image de McDavid et de Doughty, Colton Parayko a assuré que Crosby maintiendra une présence cruciale d’ici les prochains jours.

« Sid a une aura, a répliqué le géant défenseur. Chaque fois que tu te retrouves dans son entourage, tu n’as pas le choix de le suivre. Il a accompli de grandes choses dans sa carrière. Il porte le 'C' de capitaine du Canada, il a gagné trois fois la Coupe Stanley, deux médailles d’or aux Jeux olympiques, un but en or à Vancouver, etc. Il a une immense expérience. J’espère juste qu’il va bien. Mais sa simple présence aidera notre équipe. »

Un possible changement de lettre

Advenant la perte de Crosby, McDavid représentera une voix encore plus forte à l’intérieur du vestiaire de l’équipe canadienne. Adjoint capitaine depuis le début du tournoi, le numéro 97 pourrait hériter du « C » pour le prochain match contre la Finlande. Selon les règles du hockey international, une équipe doit toujours compter sur un capitaine.

« Je le vois grandir, a affirmé Cooper au sujet de McDavid. À la Confrontation des 4 nations, nos joueurs se tournaient en direction de vétérans comme Sid, Doughty et Marchand. Je remarque un changement ici à Milan. Je sens que Connor prend encore plus sa place. Il est fabuleux comme meneur. »

McDavid parle aussi avec son bâton. En quatre matchs depuis le début des JO, le capitaine des Oilers d’Edmonton trône au sommet des meilleurs pointeurs avec une récolte de 11 points (2 buts, 9 passes).

« Je n’ai que de bons mots à dire au sujet de Connor, a affirmé le défenseur Drew Doughty. Je n’avais jamais joué avec un joueur aussi unique. Il est un bon gars à l’extérieur de la patinoire. Mais quand il saute sur la glace, il est toujours prêt. Quand il endosse ce chandail, tu sais qu’il sera le meilleur joueur sur la patinoire. »

« Je l’ai vu jouer de très bons matchs contre mon équipe lors des dernières années en séries, a poursuivi Doughty. Je ne sais pas s’il joue mieux, mais il le fait sur une immense scène. Il gère bien la pression. »

Le danger de la Finlande

Après la Tchéquie, le Canada cherchera à battre la Finlande vendredi en fin d’après-midi en Italie.

« La Finlande a aussi eu peur lors de son match des quarts contre la Suisse, a rappelé McDavid. Ton tournoi peut s’envoler en un claquement de doigts. Nous sommes heureux de poursuivre notre aventure. Je suis persuadé qu’ils ont le même sentiment. Comme nous, ils ont gagné en momentum en signant une victoire émotive. »

« Les Finlandais ont une très bonne équipe, a ajouté Cooper. Ils sont dédiés, ils défendent bien, ils ont une bonne structure et des joueurs très talentueux, parmi les meilleurs au monde. Nous l’avons vu lors des 4 nations. Les Finlandais trouvent toujours des façons d’élever leur jeu dans la ronde des médailles, peu importe le tournoi. Si tu prends cette équipe à la légère, elle viendra te hanter. »

Sur une note différente, McDavid et Doughty ont chacun dit qu’ils n’avaient jamais remarqué la présence de six joueurs sur la glace pour le troisième but de la Tchéquie, celui d’Ondrej Palat.

« Nous ne le savions pas avant la fin du match, a expliqué Doughty. Pas un seul joueur ne l’a vu, pas un seul entraîneur. Les arbitres n’ont rien vu aussi. Des erreurs peuvent survenir. »