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L’Allemagne déploiera la meilleure formation de son histoire pour les Jeux de Milano Cortina, selon Moritz Seider.

On peut difficilement être en désaccord avec le défenseur des Red Wings de Detroit, dans la mesure où il sera entouré de nombreux joueurs de la LNH au sein de cette équipe allemande, et non les moindres – Leon Draisaitl (Oilers d’Edmonton), JJ Peterka (Mammoth de l’Utah), Tim Stützle (Sénateurs d’Ottawa), Nico Sturm (Wild du Minnesota) et Philipp Grubauer (Kraken de Seattle) seront tous à Milan.

Réussiront-ils donc à rivaliser avec des puissances comme le Canada, les États-Unis, la Suède et la Finlande?

« Je crois qu’on s’approche de leur niveau, mais il faut être lucides, a tempéré Seider. Oui, on aura la meilleure formation de notre histoire, mais on affrontera des pays qui misent uniquement sur des joueurs vedettes de la LNH.

« Il faut voir cette participation aux JO comme un bonus et profiter du moment. Parfois, des miracles peuvent survenir à ces tournois, mais on va surtout s’imprégner de l’énergie et de l’ambiance, puis être reconnaissants d’avoir la chance de participer aux JO. »

L’Allemagne fait partie du groupe C avec la Lettonie, les États-Unis et le Danemark. Elle amorcera son tournoi contre le Danemark le 12 février (15 h 10 HE; R-C, Tou.TV, RDS).

Le meilleur résultat de l’Allemagne sur la scène internationale est une médaille d’argent obtenue aux Jeux de PyeongChang en 2018. Le pays avait obtenu deux fois le bronze auparavant – une fois à Innsbruck en 1976 (Allemagne de l’Ouest) et une autre fois à Lake Placid en 1932.

Ajoutons également à ce palmarès les médailles d’argent des championnats mondiaux de l’IIHF de 1930, 1953 (Allemagne de l’Ouest) et 2023.

Plusieurs joueurs vedettes

À Milan, Leon Draisaitl sera le chef de file de la formation allemande. L’attaquant de 30 ans est déjà le meilleur allemand de l’histoire de la LNH avec un total de 1036 points (428 buts, 608 aides) en 845 matchs jusqu’à maintenant. Cette saison, il pointe au cinquième rang du circuit avec 80 points (29 buts, 51 aides) en 55 rencontres.

« J’aime notre formation, je l’aime beaucoup, soutient Draisaitl. On comble plusieurs besoins qui sont fondamentaux dans la composition d’une équipe. Après, il faudra développer une chimie, se trouver des rôles et les accepter, mais pour l’instant, j’aime vraiment la composition de ce groupe. »

Seider est un ancien gagnant du trophée Calder (2022) et il a récolté 38 points (sept buts, 31 aides) en 58 matchs cette saison. Il est le quatrième joueur le plus sollicité de la LNH avec un temps de jeu moyen de 25:40 par rencontre avec les Red Wings.

Stützle, lui, est le meneur chez les Sénateurs avec 61 points (28 buts, 33 aides) en 57 matchs.

Peterka totalise pour sa part 38 points (20 buts, 18 aides) après 57 rencontres avec le Mammoth.

Devant le filet, Grubauer devrait assumer les responsabilités de no 1. Champion de la Coupe Stanley avec les Capitals de Washington en 2018 et finaliste au titre de gardien de l’année en 2021, Grubauer présente une fiche de 11-6-3 avec une moyenne de 2,43 buts alloués par match et un taux d’efficacité de ,916 cette saison avec le Kraken.

« Je crois vraiment que l’Allemagne a produit plus de talent de pointe ces dernières années », a soutenu l’ancien défenseur Dennis Seidenberg, un natif de Schwenningen qui a disputé 859 rencontres dans la LNH et qui a représenté son pays aux Jeux de Salt Lake City (2002), de Turin (2006) et de Vancouver (2010).

« On a toujours eu de 6 à 10 joueurs allemands dans la LNH, mais aujourd’hui, la majorité des Allemands du circuit sont des joueurs vedettes, a-t-il ajouté. C’est différent de l’époque où je jouais. »

On peut d’abord expliquer ce changement par le développement rapide de la DEL, meilleure ligue professionnelle du pays. Seider et Stützle y sont passés avant de faire le saut dans la LNH.

Mais le travail qu’a effectué Marco Sturm avec l’équipe nationale y est aussi pour quelque chose. L’actuel entraîneur-chef des Bruins a été DG de la sélection allemande de 2015 à 2018, un mandat qui s’est conclu avec la conquête de l’argent à PyeongChang.

« J’ai simplement essayé de bâtir la fondation, a-t-il expliqué. Je pense que, pour moi, c’était la chose la plus importante : commencer par arriver à l’aréna, instaurer une routine quotidienne et de bonnes habitudes d’entraînement. Il y a beaucoup d’éléments à considérer, sur la glace comme à l’extérieur. Je crois que le plus important, pour moi, a été de changer un peu la culture et de leur donner des lignes directrices, une façon d’être une équipe ou une fédération de hockey professionnelle. C’est quelque chose que j’ai amorcé et qui a très bien fonctionné.

« Je pense que c’est ce dont ils avaient besoin. Ils avaient besoin de quelqu’un pour leur donner un cadre et mettre les choses en marche dans la bonne direction, puis nous avons ajouté d’excellents éléments, pas seulement au sein du département hockey, mais aussi dans d’autres sphères. Et bien sûr, la médaille d’argent a aidé elle aussi. Les commandites, les médias. Ça a pris un peu de temps, mais ça a définitivement, définitivement pris beaucoup d’ampleur. »

Peu importe les changements, toutefois, une chose demeure constante dans le hockey allemand : l’éthique de travail.

« C’est quelque chose dont nous avons toujours été fiers, a souligné Draisaitl. C’est vraiment ce sur quoi on s’appuie toujours. C’est l’objectif à atteindre. On a beaucoup de talent et aussi une certaine puissance grâce à nos joueurs vedettes, ce qui va évidemment aider, mais au bout du compte, on va se rendre là-bas et travailler fort. »

L’Allemagne continue de bâtir son programme national. Selon la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), on compte 16 552 joueurs masculins au niveau mineur (du niveau moins de 8 ans jusqu’aux moins de 20 ans) en Allemagne, un pays qui compte environ 84 millions d’habitants. Les infrastructures doivent toutefois être améliorées : l’Allemagne possède 143 arénas intérieurs et 76 patinoires extérieures aux dimensions de l’IIHF.

À titre de comparaison, la Finlande, pays beaucoup plus petit, mais vraiment passionné de hockey, compte environ 5,6 millions d’habitants, mais on y dénombre 34 847 joueurs masculins au niveau mineur, ainsi que 300 arénas intérieurs et 280 patinoires extérieures aux dimensions de l’IIHF.

Malgré tout, avec les succès continus et de plus en plus de joueurs devenant des vedettes dans la LNH, il y a toujours l’espoir que l’intérêt grandisse pour la prochaine vague de joueurs allemands.

« Le hockey ne dépassera jamais le soccer chez nous. Ça n’arrivera jamais, a dit Draisaitl. Mais si on peut trouver une façon d’impliquer plus de gens, d’attirer plus de partisans, de donner envie à plus d’enfants de prendre un bâton de hockey plutôt qu’un ballon de soccer, alors on aura fait notre travail. On est donc emballés par tout ça et, espérons-le, il y aura encore plus à venir dans le futur. »

*Avec la contribution du directeur principal de la rédaction de NHL.com Shawn P. Roarke et de la journaliste principale de NHL.com Amalie Benjamin

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