NEW YORK – Seth Jarvis était en pleine sieste d’avant-match, jeudi après-midi, quand son téléphone a sonné. Il a laissé l’appel atteindre la boîte vocale parce qu’il ne reconnaissait pas le numéro.
Le téléphone a sonné à nouveau. Cette fois, il a répondu. Disons que c’était la chose à faire.
À l’autre bout du fil se trouvait le directeur général d’Équipe Canada, Doug Armstrong, qui allait offrir à l’attaquant des Hurricanes de la Caroline la meilleure nouvelle qu’il ne pouvait recevoir.
Jarvis, qui mène les Hurricanes avec 25 buts cette saison, a appris qu’il avait été choisi pour remplacer Brayden Point au sein de la formation canadienne pour les Jeux olympiques de Milano Cortina 2026.
Point a été contraint de faire une croix sur l’aventure olympique en raison d’une blessure.
« C’est une excellente raison pour interrompre ma sieste », a dit Jarvis après la victoire de 2-0 des Hurricanes contre les Rangers de New York au Madison Square Garden, jeudi. « Je prends ces siestes très au sérieux, mais pour une raison comme celle-là, je suis plus qu’heureux qu'on me réveille. Il m’a appris la nouvelle. J’ai peut-être paru un peu amorphe, car je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Mais dès que j’ai entendu les mots, j’étais tellement excité. »
Jarvis a représenté le Canada à la Confrontation des 4 nations, l’an dernier, mais il a fait partie des derniers joueurs retranchés pour la formation de 25 joueurs qui a été dévoilée le 31 décembre.
Il faisait toutefois partie des joueurs à qui les dirigeants d’Équipe Canada avaient dit de rester prêts, car il pourrait recevoir un appel pour se rendre à Milan en cas de blessure.
Ça ne l’avait pas empêché de réserver un voyage à Cabo San Lucas pour la pause olympique.
« J’aime le temps chaud, mais c’est évidemment une assez bonne raison d’annuler ce voyage », a dit Jarvis en riant.
L’attaquant de 24 ans a plutôt revu tous ses plans.
Il devait retourner à Raleigh avec les Hurricanes après le match de jeudi, mais il devra revenir très vite à New York, car c’est de là que les vols nolisés des joueurs de la LNH vont partir vers Milan samedi.
« J’ai fait quelques appels, j’avais beaucoup de questions, a raconté Jarvis. J’ai contacté quelques gars pour leur demander ce que je dois apporter parce que je n’ai aucune idée de ce qui se passe. J’espère pouvoir organiser les vols et tout ça. J’imagine que je vais me rendre à la maison, mettre quelques items dans une valise et revenir ici dès que possible. »
Le natif de Winnipeg a avoué que les quelques heures avant le match de jeudi avaient été plutôt rocambolesques, mais il soutient que c’est rassurant de rejoindre un groupe de joueurs avec lesquels il a joué il y a un an.
Jarvis avait inscrit une mention d’aide en trois matchs à la Confrontation des 4 nations. Dix-neuf des 23 joueurs du Canada dans ce tournoi seront de retour pour les Olympiques. Le Canada comptera également sur le même personnel d’entraîneurs, mené par Jon Cooper.
« C’est bien de connaître les gars et d’être familier avec les systèmes de jeu, d’avoir une idée de ce qui se passe, a noté Jarvis. Ça rend les choses un peu plus faciles. J’ai déjà une bonne relation avec plusieurs des gars, alors ce n’est pas aussi intimidant que ce l’était aux 4 nations. J’ai hâte de retrouver les gars et d’aller là-bas. »
Jarvis a cependant mentionné qu’il se sentait mal pour Point et qu’il aurait souhaité faire partie de la formation d’une autre façon. Il dit avoir développé une belle relation avec lui à la Confrontation des 4 nations.
« C’est moche que ça doive se passer de cette façon, mais mon travail est maintenant de faire ce que je peux pour aider l’équipe, que ce soit en jouant les matchs ou en étant un bon coéquipier à l’extérieur de la glace, a dit Jarvis. Je ferai tout pour contribuer. »
Jarvis pourra fraterniser avec quatre de ses coéquipiers à Milan : Sebastian Aho (Finlande), Jaccob Slavin (États-Unis), Frederik Andersen (Danemark) et Nikolaj Ehlers (Denmark) seront également en Italie pour les Olympiques.
« Je suis content pour lui, a commenté l’entraîneur des Hurricanes Rod Brind'Amour. C’est l’équipe la plus difficile au monde à percer – celle-là et celle des États-Unis. Il y a beaucoup de bons joueurs qui ne sont pas choisis, alors ce n’est pas parce qu’il avait été boudé initialement. Il y a juste trop de bons joueurs. Je déteste le fait que d’autres vont devoir rater l’événement, mais je suis ravi qu’il obtienne cette occasion. »



















