Josi Hischier

Un changement dans l’état d’esprit et dans l’approche a insufflé énormément de confiance à la Suisse en vue des Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026.

« L’identité de l’adversaire ne change rien; saute sur la glace et sois prêt à attaquer », a lancé le défenseur des Predators de Nashville Roman Josi. « Notre objectif est de remporter une médaille, peu importe ceux que nous aurons à affronter. Nous savons à quel point les équipes présentes aux Olympiques seront bonnes, mais ça ne change rien à notre mentalité. Nous voulons être l’agresseur, car si tu joues avec un complexe d’infériorité contre ces grosses équipes, tu n’as aucune chance. »

Les joueurs sont déterminés à prouver, sur la plus grande scène, que leur équipe nationale de la Suisse en hockey masculin est possiblement la meilleure ayant représenté le pays.

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« Nous n’avons pas à nous cacher », a soutenu l’attaquant des Devils du New Jersey Timo Meier. « Je pense que nous avons montré que nous pouvons battre les meilleures nations. Nous savons que ce sera une autre paire de manches aux Olympiques, mais nous ne sommes plus intimidés.

« Nous savons que ça va être difficile. Mais nous savons ce que ça prend, et je pense que ça rend les choses encore plus excitantes de savoir que tous les meilleurs joueurs suisses seront réunis pour se frotter à ces pays et montrer de quel bois nous nous chauffons. »

Vingt joueurs choisis par la Suisse l’ont aidée à remporter la médaille d’argent au Championnat du monde de la FIHG en 2024 et 2025.

« C’est probablement la formation avec le plus de potentiel que la Suisse pouvait assembler, ce qui est génial », a estimé l’ailier des Jets de Winnipeg Nino Niederreiter.

« Je n’enlève rien à ce que nous avons fait dans les dernières années au Championnat du monde, mais il s’agit d’une compétition différente, car le Canada avait peut-être son équipe B ou C. C’est la même chose pour les autres pays, tandis que la Suisse a son équipe B+ ou même A la plupart du temps. Nous essayons tous d’y aller chaque année, car nous savons à quel point c’est important de tous être présents pour accomplir quelque chose. Nous en tirons beaucoup de fierté. »

La Suisse sera en quête d’une première médaille aux Olympiques depuis qu’elle a remporté le bronze en 1948 à Saint-Moritz, à la maison.

Patrick Fischer est l’entraîneur de l’équipe nationale masculine suisse depuis 2015. Il croit qu’une ambiance positive et une motivation intrinsèque ont aidé le pays à gagner la confiance nécessaire pour rivaliser constamment pour une médaille.

« Longtemps, notre instinct était de défendre plutôt que de créer de l’offensive, a noté Fischer. Mais au cours des 10 dernières années, notre principal objectif a été de jouer plus offensivement. Nous étions un pays qui avait des difficultés à marquer. Je pense que l’état d’esprit a changé et bien sûr, ça nous aide d’avoir une bonne ligue avec de bons joueurs. Nous avons gagné en confiance. Je pense qu’au cours des six ou sept derniers tournois, nous avons atteint la finale trois fois parce que nous avons appris à vaincre des équipes grâce à notre attaque. »

Fischer, un ancien attaquant ayant joué 27 matchs avec les Coyotes de Phoenix en 2006-07, a représenté son pays deux fois aux Olympiques (2002, 2006). Le match dont il se souvient le plus est une victoire de 2-0 contre le Canada en ronde préliminaire aux Jeux olympiques d’hiver de Turin, le 18 février 2006.

Ç’a représenté un moment tournant.

« Il y a sept ou huit ans, je devais parler aux joueurs de l’équipe et leur dire qu’ils étaient bons, et ils devaient me croire, a raconté Fischer. Maintenant, nous en avons la preuve. Nous avons gagné 29 de nos 36 derniers matchs au Championnat du monde. Il s’agit d’un ratio élevé contre les meilleures équipes. Nous avons gagné quatre de nos cinq derniers duels contre le Canada au Mondial, donc nous n’avons pas besoin de preuves supplémentaires.

« Nous devons faire la même chose et continuer à progresser. Je sais que les équipes seront talentueuses. Nous savons qui sont les favoris dans le tournoi avec le Canada, les États-Unis et probablement la Suède. Mais je pense que la Finlande, la Tchéquie et nous formons des équipes dangereuses qui peuvent causer la surprise. »

Josi a joué avec la Suisse dans neuf éditions du Championnat du monde, l’aidant à remporter trois des quatre médailles obtenues par le pays depuis 72 ans (l’argent en 2013, 2018 et 2024).

« Le hockey suisse a franchi plusieurs grands jalons dans les dernières années », a dit Josi, qui a participé à la dernière édition des Olympiques impliquant des joueurs de la LNH, à Sotchi en 2014. « Si nous pouvons rivaliser aux Olympiques et aller le plus loin possible, ce serait tout un progrès pour tout le monde, incluant moi, le hockey suisse et tout le pays. »

Les cinq meilleurs buteurs suisses dans l’histoire de la LNH font partie de la formation (Niederreiter, Meier, Kevin Fiala, Josi et Nico Hischier).

J.J. Moser, qui en est à sa cinquième saison dans la LNH et sa deuxième avec le Lightning de Tampa Bay, est devenu le quatrième défenseur né en Suisse à atteindre le plateau des 100 points dans la LNH contre les Kings de Los Angeles le 1er janvier. Le joueur de 25 ans cumule 105 points (23 buts, 82 passes) en 312 matchs dans la LNH. Il a joué avec la Suisse dans cinq Championnats du monde, aidant les siens à gagner l’argent en 2025.

« Le noyau de cette équipe possède déjà une chimie parce que ces joueurs ont joué ensemble plus que n’importe quel pays au cours des 10 dernières années, a souligné Moser. Nous avons tous joué ensemble dans un tournoi ou un autre. Ce sera un immense avantage pour nous, surtout dans un court tournoi comme celui-là, où tu dois démarrer en force. »

Fischer est impatient de relever le défi. La Suisse affrontera la France, le Canada et la Tchéquie en ronde préliminaire.

« J’aime notre esprit. Nous sommes engagés envers notre équipe, notre pays, et la chimie est bonne, a assuré Fischer. Les gars sont ici parce qu’ils veulent jouer pour leur pays. C’est un engagement immense, ce qui représente une force dans un sport collectif. Nous disons toujours que notre esprit de corps est le problème de l’adversaire, et c’est là-dessus que nous allons nous fier.

« Ensuite, nos atouts principaux sont notre intensité et notre vitesse. Notre équipe est rapide. Nous aimons pourchasser la rondelle, et en ce moment, nous sommes tous en santé et enthousiastes. »

*Avec la contribution du directeur principal de la rédaction NHL.com Shawn P. Roarke.