TAMPA – Ce n’est pas parce qu’il s’envolera vers Milan avec le sentiment du devoir accompli que Julien BriseBois ne ressent plus la pression à l’approche du tournoi olympique. Bien au contraire.
Dans son rôle d’adjoint au directeur général Doug Armstrong, le dirigeant québécois a largement contribué à rassembler les « éléments qui nous donnent le plus de chances de remporter la médaille d’or ». Il ne peut maintenant qu’espérer que les plans élaborés sur papier se matérialisent d’ici quelques semaines.
« On sent le poids de la responsabilité, a-t-il confié en entrevue avec LNH.com, dimanche. On sait ce que cette équipe signifie pour les Canadiens. On a été hyper diligents dans notre préparation et dans nos décisions pour que les joueurs sachent qu’ils ont été choisis au terme d’un processus rigoureux.
« On le doit aussi aux joueurs qui n’ont pas été sélectionnés. Ils doivent savoir que ça n’a pas été fait sur une serviette sur le coin d’une table. Tous les efforts ont été investis dans la formation de cette équipe. »
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C’est entre autres ce qui permet à BriseBois et à l’état-major de l’équipe de dormir sur leurs deux oreilles, à moins de 10 jours du premier match du Canada contre la Tchéquie. Ils n’ont à peu près plus aucun pouvoir sur le résultat – à moins d’un blessé – mais ils savent que chaque pierre a été retournée.
Malgré ça, il reste qu’après avoir investi autant de temps et d’efforts, tout ce qui n’est pas une médaille d’or viendra ternir deux années de travail acharné.
« Ça va être une expérience mémorable, peu importe le scénario ultime, a relativisé le directeur général du Lightning de Tampa Bay. Mais notre appréciation de l’évènement va être teintée de façon majoritaire par le résultat. C’est juste la réalité. C’est ça, notre ‘business’. Tout goûte meilleur quand tu gagnes. »
Dès le début de ce processus, qui s’est entamé après l’annonce de la tenue de la Confrontation des 4 nations en février 2024, Armstrong et ses adjoints – BriseBois, Jim Nill et Don Sweeney – se sont mis au travail. Ils ont arpenté les 32 arénas de la Ligue et ont tenu d’innombrables rencontres, en personne et en virtuel.
D’abord, pour former l’équipe qui a remporté la Confrontation, il y a un an, puis pour bâtir celle qui défendra le drapeau unifolié aux Jeux olympiques. On parle donc de deux années très bien remplies.
« C’est exigeant, pas mal plus que ce que les gens de l’extérieur peuvent penser, a expliqué l’homme de hockey de 49 ans. Même moi, je ne pensais pas que ce le serait autant avant de le vivre de l’intérieur. C’est quasiment un deuxième emploi. Toutes les responsabilités sont doublées.
« Je suis allé voir des matchs dans le cadre de mes fonctions avec le Lightning, et d’autres pour Hockey Canada. C’est la même chose pour les vidéos à analyser, les rapports à lire, et les réunions. Ç’a été très demandant, et ce n’est pas tout à fait terminé, mais c’est aussi un très grand honneur. »
Décisions éclairées
Après avoir longuement disserté sur le nombre incalculable d’heures consacrées à assembler cet immense casse-tête, BriseBois a souri quand l’on a évoqué les quelques remises en question des observateurs et des amateurs après l’annonce de la formation, il y a un mois.
Si les dirigeants canadiens ne se retrouvent pas autant sous le feu des critiques que leurs homologues américains, leur décision d’ignorer Connor Bedard, Mark Scheifele et Sam Bennett ont tout de même fait jaser.
« C’est une réalité pour pas mal toutes les équipes, a relativisé BriseBois. C’est impossible qu’il y ait un consensus quand tu as pas mal plus de 25 joueurs qui auraient mérité une place sur cette équipe. Ça vient avec le rôle, et on ne s’en fait pas trop avec ça, pour être honnête.
« Ultimement, on a confiance d’avoir sélectionné les joueurs qui nous donnent les meilleures chances. On espère rester en santé, jouer au meilleur de nos capacités et être récompensés de la bonne façon à la fin. »
Ce sera bientôt à l’entraîneur Jon Cooper, son allié depuis plus de 15 ans dans l’organisation du Lightning, de faire prendre la sauce, et de lui donner raison – une fois de plus.


















